Côte d’Ivoire: objectif émergence…

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Sidi coulibalyIl  n’y a pas si longtemps, ce pays qui jouissait d’un miracle économique, avait presque sombré dans le mirage, suite  à une série de passions mal maîtrisées de ses fils, qui  avaient connu un long moment d’égarement. Cette parenthèse rythmée d’élections calamiteuses, de rebellions et de guerres civiles, a failli hypothéquer le bel  héritage de Nana Houphouët, père de l’indépendance. Faire une genèse sur la Côte d’Ivoire serait une perte de temps, c’est pourquoi, je vous propose, chers lecteurs, que nous nous focalisions sur l’état des lieux post-crise en ce  53ème anniversaire de son indépendance. Tout d’abord, sur le plan socio-économique.

Par Coulibaly Sidy

Nous tenterons de savoir si la Cote D’Ivoire a retrouvé sa place dans le concert des Nations ?

Si les diagnostiques posés ont permis d’apporter  des remèdes efficaces à l’état de santé du patient ?

Enfin, nous essaierons d’évaluer le positionnement de ce beau pays dans le cadre de son  processus de réconciliation,  dans l’expectative des résultats qui doivent être rendus très prochainement.

Voila les interrogations  que vous et moi sommes sensés  nous poser afin de savoir  si le capitaine du bateau C.I. a mis le cap sur la bonne trajectoire.

A la lumière de tout ce qui se passe sur le terrain et  contrairement  à une certaine résilience latente qui diffuse un climat de sinistrose quant à la réussite du processus de réconciliation,  la situation post crise affiche tout de même, un bilan globalement reluisant qui promet un avenir plein d’espoir. En effet, affirmer  que le pays est parti de loin est  un euphémisme.

En 2011, j’ai ébauché un article faisant l’apologie du Dr Alassane Ouattara sans éluder naturellement mon devoir de suggestions et de remarques pertinentes. Jai choisi le canal d’un journal de la place, pour publier mon article avant l’investiture du président,  mais en vain. Ce que j’ignorais, c’est que ce journal était de tendance anti majorité.  En revanche, ce même  journal n’a pas hésité quand l’opportunité s’est présentée de  publier un nouvel article intitulé : “Lettre ouverte au 1er Ministre Guillaume Soro”.

Curieusement cet article fit la UNE du même quotidien.  Faut-il dire que l’opposition y trouvait son compte ?  Sait-on jamais. Ainsi va l’Afrique avec ses tendances partisanes. Hormis cette anecdote, je tente d’être objectif  et me soumets aux critiques d’où qu’elles émanent. La notoriété du Président Alassane se passe de commentaire sur le plan international. L’homme est un initié des  ARCANES DE LA finance et en maîtrise les mécanismes.

IL  est caractérisé par sa rigueur et  pour tout dire,  c’est un orthodoxe. C’est en cela, qu’il inspire confiance et rassure les partenaires financiers publics ET privés y compris les institutions financières internationales.

D’ailleurs, du vivant du « Vieux » dans les Années 90, on n’a pas hésité à le solliciter pour le parer du costume de 1er Ministre avec,  pour mission, de réduire la voilure de l’entreprise C.I., le but étant de redresser les finances.

Chacun se souvient que le médecin, à coup de remèdes de cheval, avait remis le pays à flot. Par ailleurs,  c’était presque le même   scénario sauf que dans le nouveau contexte a prévalu une situation de guerre dans le pays  que ce Monsieur a hérité suite aux élections  comme premier magistrat  et commandant en chef des armées. IL se savait être investi d’un sacerdoce pour accomplir un devoir sacrificiel. Pour être concret, afin de corroborer mon entame sur son bilan relativement positif, j’estime nécessaire d’énumérer ce qui a été réalisé sur une durée approximative d’un an et demie :

En prenant ses fonctions, le Dr Alassane Ouattara  a revu et corrigé la politique macro économique,  de façon à l’adapter aux nouveaux défis nés de la crise mondiale. Pour ce faire, le taux de croissance qui était en dessous  de la moyenne de la sous région, passait rapidement à 5% puis à 8%.

A ce  jour, la croissance du P.I.B ivoirien est en passe d’atteindre un taux à 2 chiffres. De plus,  l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE qui a accru les capacités financières de l’Etat et l’indice de sécurité qui a connu un net progrès,  ont conforté la crédibilité du pays sur la scène internationale. Tout ceci est le résultat  d’une politique qui est une marque de fabrique empreinte d’une vision stratégique à long terme.

Pour asseoir cette  politique de développement durable et l’implémenter d’un outil de projection, permettant  de propulser le pays vers l’émergence en 2025, le Président va se donner les moyens de ses ambitions politiques.

Pour cela, un véritable programme de développement  Nationale a été mis sur pied : LE PND. La quête de financement via la mobilisation à Paris d’un groupe consultatif avec les partenaires financiers  internationaux aura permis de disposer de plus de la moitié de 12 000  milliards DE NOS FRANCS  pour financer les grands projets.

Parti d’une croissance négative en 2011, le dynamisme des investissements aura une répercussion, DOPANT la croissance à 9.8% du PIB grâce aux nombreux chantiers initiés par le renouvellement  ou la rénovation des infrastructures : ponts, routes, écoles universités, réseaux d’électrification,  rénovation du secteur de santé et leur dotation en plateaux techniques y compris la gratuité des soins.

L’Intensification  de la formation intégrée aux réalités du marché de l’emploi, la construction  des  logements sociaux et économiques, la reforme du secteur café cacao avec valorisation  du revenu des planteurs, la modernisation de l’administration, la reforme du code de l’investissement le rendant attractif  et enfin, une avancée notable de l’indice de sécurité qui était au départ presque nulle.

 

Toutefois, l’industrialisation du pays demeure un impératif capital dans le projet de développement d’envergure du chef de l’Etat. La transformation de nos produits agro pastoraux et de nos ressources  minières sur place  aura une retombée en termes de plus value.  D’où la volonté  présidentielle  de recourir au transfert de technologie pour gagner le pari de l’émergence objectif visé.

Voila le bilan d’étape esquissé en moins de 2 ans de la mandature du Président Ouattara. De nombreux  projets ont vu jour. Ceux qui sont achevés ou en  voie de l’être, ceux qui démarrent et ceux qui sont à l’étude.  Un seul chiffre pour illustrer l’effort  consenti au secteur de l’enseignement : Plus de 140 milliards de nos francs  ont été affectés à la rénovation des lycées et universités. IL y’a lieu de se réjouir modestement, mais  il n’échappe à personne  que beaucoup reste à faire et La Sécurité demeure le « talon d’Achille » du chef de l’Etat. NUL ne doute que c’est un sujet de  préoccupation majeure.

Malgré la réorganisation de l’armée et des forces de sécurité, le volet  démobilisation-insertion  avance avec  lenteur, tout comme le processus de réconciliation qui  tarde à engranger les résultats escomptés.

 

Cela tient  de l’attitude  radicale de l’opposition  qui n’entend pas rentrer dans les rangs sans obtenir de satisfactions  aux préalables qu’il pose, malgré l’effort que le pouvoir, de bonne foi, consent en libérant certains de ses leaders.Peut-être faudrait-il que le chef de l’État se dédiqz  afin que l’on aboutisse  à une réconciliation susceptible de semer le trouble dans l’inconscient collectif du peuple ivoirien ?

Force est de constater  que le président a du grain à moudre tant  l’épicentre social est instable.

Pour ma part, la nouvelle structure  sensée  se substituer à la commission réconciliation  pilotée par Charles Konan  Banny, qui arrive à son terme très bientôt, ne fera pas mieux sans l’implication totale du Président de la République, seul recours incontournable. Tout comme l’économie, Le Président doit transcender sans transiger. Le dernier volet qui parait anodin et qui est d’une importance capitale à souligner, est la question récurrente de la vie chère. La Côte d’Ivoire comme tout pays Africain n’échappe pas à notre réalité socioculturelle.

Ce ressort socioculturel traditionnel de solidarité et de générosité, fait parti de nos réflexes  psychologiques et mentaux. La famille Africaine s’entend dans le sens le plus large du terme. Un seul actif porte sur les épaules  les charges de près d’une vingtaine d’individus dans une famille. Par conséquent, il est difficilement compréhensible de constater de visu, que la richesse du pays croit, alors qu’elle n’à pas d’incidence sur  le pouvoir d’achat de ceux qui contribuent.

En effet, encourager la consommation me semble être un des moyens  de relancer  l’économie. Le marché s’en portera mieux. La croissance de la demande va permettre aux entreprises d’accélérer leur cadence de production et de renouveler leurs stocks. Ce qui naturellement favorisera des  embauches et allégera  le poids du chômage qui de toute évidence est  un drame social. Au regard de la démultiplication potentielle  du nombre d’actifs  dans les familles avec des revenus supplémentaires, cela va induire  logiquement un effet d’aubaine.

C’est dire que l’augmentation du pouvoir d’achat, entraînera une hausse de la consommation et  consolidera une croissance au même titre que l’investissement y contribue, à condition qu’on fasse usage à bon escient des deux leviers.  Une telle synergie d’action suscitera un engouement  et pourra in fine, conduire vers une décrispation sociale qui pourrait, toute chose égale par ailleurs, faciliter  à  résoudre les contentieux politiques.

Les changements d’ordre social, cristallisent les forces résiduelles qui s’organisent en  noyaux d’irréductibles  qui pensent à tort,  que  le nouveau pouvoir, dans un esprit confiscatoire et revanchard,lesprivent des  privilèges dont ils  jouissaient. Cela est de bonne guerre.

 

Autrement dit, pour formuler ma pensée, la sémantique langagière  diplomatique sied sans nommer qui que ce soit, que l’œil de Moscou exerce une  vigilance accrue à distance sur ceux qui servent de relai.  J’entends par là, (les irréductibles) qui ont vocation à troubler le climat social. Ce sabordage qui brouille la visibilité que le gouvernement veut donner à son action, pourtant positive, rencontre des échos  dans une partie de la population vulnérabilisée confrontée aux problèmes du quotidien.

Dans ce cas, la symbolique de la redistribution raisonnable des richesses me parait être le seul moyen d’amener les ivoiriens à communier autour d’un même destin, afin de parvenir à la réconciliation tant souhaitée par tous. Quitus au  panier de la ménagère qui passe inaperçu et qui  pourrait être contributif à la cohésion sociale s’il est bien garni.

 

Coulibaly Sidy

 

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