La Côte d’Ivoire est décidée à faire front contre l’orpaillage clandestin en pleine recrudescence dans le pays. Une nouvelle stratégie est en cours d’élaboration afin de lutter durablement contre un phénomène qui « gangrène » l’économie et la société.

L’orpailleur clandestin à la peau dure. En 2014, avec la mise en place du Programme national de rationalisation de l’orpaillage, le ministère ivoirien en charge de l’Industrie et des Mines s’était convaincu d’avoir porté un coup décisif au phénomène : les 429 sites clandestins actifs sur le territoire national avaient été fermés, des centaines d’orpailleurs clandestins avaient été interpellés et des quantités importantes d’armes, de matériels d’exploitation, de produits chimiques et de stupéfiants saisies.

Mais il fallait bien compter avec la détermination des acteurs d’un secteur réputé fort lucratif : un gramme d’or vaut l’équivalent de 25 000 FCFA, soit environ 38 euros, selon certaines sources. En à peine un an, le phénomène a repris de plus bel. Fin 2016, 185 sites d’orpaillage clandestins ont été dénombrés dont 142 anciens sites recolonisés et 47 nouveaux sites.

La question a été au centre d’un séminaire organisé les 14 et 15 juin dernier par le ministère ivoirien de l’Industrie et des Mines. L’objectif était de faire le point des actions menées et « identifier les actions en vue d’éradiquer définitivement ce fléau qui gangrène notre économie et notre société » a indiqué le ministre Jean-Claude Brou, en charge de ce département ministériel.

Le fait est que l’orpaillage clandestin tend à coloniser toutes les régions du pays avec des conséquences désastreuses. Dans les zones impactées, il faut compter avec la déforestation incontrôlée, la dégradation des sols qui deviennent impropres à la consommation, la pollution des cours d’eau et des nappes phréatiques du fait de l’utilisation de produits chimiques interdits tels que  le mercure et le cyanure. Mais pour les communautés villageoises, la conséquence immédiate est la difficulté de cohabitation avec l’afflux massif d’individus qui s’installent aux abords des villages alors confrontés à l’insécurité, à la prostitution, à la drogue, etc.

Récemment encore, le pays s’est ému de la pollution de la rivière BIA, un plan d’eau qui sert de frontière avec le Ghana voisin, du fait des activités d’orpaillage clandestin.

Par ailleurs, au-delà de la répression contre l’orpaillage clandestin qui s’organise, la Côte d’Ivoire entend accorder des autorisations à de petites unités artisanales pour la reconversion des orpailleurs avec l’idée « d’arriver à un développement harmonieux de l’exploitation minière à petite échelle à côté du secteur minier industriel » a relevé Jean-Claude Brou. Il faut noter que « près de 45 autorisations d’exploitation artisanal et semi industriels » ont déjà été délivrées.

La Côte d’Ivoire qui avait durant les premières années de son indépendance, accordé peu d’intérêt à son sous-sol, a entrepris ces dernières années sa mise en valeur, convaincue de son potentiel. Sur les 200 permis de recherche en cours de validité, les trois quarts concernent l’or. Fin 2016, le pays a produit 25 tonnes d’or extraits par les 4 multinationales en activité. Et deux autres unités industrielles devraient ouvrir courant 2017.

 

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