imageLes chefs d’Etats, ministres,  hommes d’affaires et agitateurs d’idées réunis les 20 et 21 février à Sharm El Sheikh, cette destination balnéaire construite dans les années 90 pour anticiper l’essoufflement du tourisme culturel autour des pyramides, ont appelé à regarder l’Afrique autrement.
Le plus grand forum régional des affaires (1 500 participants), tenu sous la présidence d’Abdel Fattah Al-Sisi, s’est longuement appesanti sur le potentiel du continent appelé communément la «dernière frontière» de l’investissement.
Tous les secteurs étaient représentés, de l’énergie aux télécoms, en passant par les services financiers, l’industrie pharmaceutique, l’Agriculture… «Il ne s’agit pas, dans ce forum, de seulement présenter les potentialités africaines aux investisseurs mais surtout d’agir pour plus de coopération et de communication entre nos pays», a déclaré le président égyptien à l’ouverture du forum. «Atteindre le développement, a-t-il poursuivi, reste notre principal objectif», plantant ainsi les décors d’une rencontre qui rappelle l’ancrage de l’Egypte dans sa profondeur africaine et sa volonté de jouer un rôle de premier plan dans le grand marché de libre échange de la COMESA qui va ainsi du Caire au Cap.

Dans cette voie vers le développement, l’accent est mis sur les grands projets. Le propos du président Al Sisi est conforté par son homologue de l’Ethiopie qui rappelle qu’aucun pays, dans ce monde globalisé, ne peut se développer dans l’isolement.

Présent à cette conférence, le président de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwimi Adesina, estime que «faire tomber les barrières est la clé du développement à long terme». Le continent qui évoluera à une croissance de 4% en 2016 et 5% en 2017 reste «la meilleure place où investir» aux yeux de M. Adesina. A condition toutefois, opine l’ancien membre de l’Alliance africaine pour la révolution verte (AGRA),v de veiller à atteindre les 5 grands objectifs que sont « éclairer, nourrir, industrialiser et intégrer l’Afrique. S’y ajoute la nécessité d’augmenter la qualité de vie des africains.

A la suite de M. Adesina, le directeur régional de l’Agence d’Investissement de la COMESA, partenaire officiel du forum Africa 2016, a  lancé à l’assistance: «Nous nous sommes réveillés, nous n’allons plus dormir» paraphrasant Kwamé Nkrumah.

Hazem Fahmy, secrétaire général de l’Agence égyptienne pour le partenariat et le développement (une émanation du ministère égyptien des Affaires Étrangères), n’en dit pas moins: «Une seule main ne peut pas d’applaudir». Et d’appeler à une institutionnalisation de l’Africa 2016.

Le clou de la première journée inaugurale (le 21 février) de l’événement aura été sans conteste le panel des chefs d’Etat tenu en présence de Teodoro Obiang Nguèma de la Guinée Equatoriale, de Hailemariam Desalgn d’Ethiopie, du président Ali Bongo Ondimba du Gabon, de Muhammadu Buhari du Nigeria et du President Omar al-Bachir du Soudan. Il y a été question des cours du pétrole, du ralentissement de l’économie mondiale, du fléau du terrorisme, des infrastructures et, bien entendu, de l’intégration.

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