Le président Paul Biya a promulgué, le 14 avril 2026, une révision constitutionnelle majeure introduisant le poste de vice-président de la République dans l’architecture exécutive du Cameroun. L’introduction du poste de vice-président de la République au Cameroun constitue une inflexion institutionnelle majeure dont les implications dépassent le strict champ politique. Dans un environnement africain marqué par des transitions souvent sensibles, cette réforme pourrait influencer positivement la perception du risque pays et, par ricochet, l’attractivité économique. Elle constitue également un signal de prévisibilité pour les investisseurs.
Pour les investisseurs internationaux, la stabilité institutionnelle reste un déterminant central des décisions d’allocation de capitaux. « La clarté des mécanismes de succession réduit l’incertitude politique, qui est l’un des principaux facteurs de volatilité des flux d’investissements en Afrique », analyse Marc Ombe, un économiste camerounais spécialisé en risque souverain. « En institutionnalisant la vice-présidence, le Cameroun envoie un signal de continuité de l’État, susceptible d’abaisser la prime de risque perçue par les marchés », poursuit-il.
Au Fonds monétaire international (FMI), les analystes soutiennent que « les pays dotés d’institutions politiques prévisibles résistent mieux aux chocs macroéconomiques et attirent des investissements plus durables ».
Gouvernance exécutive et efficacité économique
L’impact réel de la vice-présidence dépendra toutefois de son rôle effectif. Une fonction dotée d’attributions claires (coordination des réformes économiques, supervision des politiques sectorielles, suivi des engagements internationaux) pourrait améliorer la cohérence de l’action publique.
« Ce n’est pas le poste qui crée la valeur, mais la capacité à accélérer la prise de décision et l’exécution des réformes », souligne un ancien conseiller auprès d’institutions multilatérales.
Dans un contexte où le climat des affaires demeure perfectible, une gouvernance exécutive renforcée pourrait rassurer les investisseurs sur la capacité de l’État à honorer ses engagements, notamment dans les partenariats public-privé et les projets structurants.
Pour sa part, la Banque mondiale rappelle que « la qualité des institutions est l’un des premiers déterminants de l’attractivité des investissements directs étrangers (IDE) en Afrique subsaharienne ». Toutefois, soutient l’institution financière mondiale, « les marchés resteront attentifs au profil du vice-président et à la réalité de son pouvoir ».
« Une vice-présidence purement symbolique n’aura aucun effet mesurable sur la confiance des investisseurs », prévient un analyste risque pays basé à Londres.
La vice-présidence offre au Cameroun un levier potentiel pour renforcer son attractivité économique en améliorant la stabilité et la lisibilité de l’exécutif. Mais sa crédibilité reposera sur la capacité du pays à transformer une réforme institutionnelle en résultats concrets sur la gouvernance et l’environnement des affaires.

