A l’ouverture de la 7e édition des Financial Afrik Awards ce vendredi 23 janvier à Banjul, le président gambien Adama Barrow a lancé un appel pressant aux institutions financières, en particulier aux banques, pour qu’elles deviennent les partenaires centraux du financement des infrastructures en Afrique. Dans un discours placé sous le signe de l’«urgence stratégique», il a souligné que le développement de partenariats résilients entre l’Afrique et le monde arabe passerait nécessairement par un engagement financier concret et massif du secteur bancaire.
Le chef de l’Etat a identifié les banques comme des acteurs incontournables pour concrétiser les projets dans les secteurs clés qu’il a énumérés. Il a ainsi invité ces institutions à orienter leurs capitaux vers le financement des infrastructures de transport, du logement, de l’agriculture, du tourisme et de l’énergie – domaine dans lequel la Gambie a déjà réalisé un bond significatif en passant de 30% à 80% de couverture électrique, selon M. Barrow. Et de décrire le secteur touristique comme la « pierre angulaire de l’économie » qui nécessite, dira-t-il, des investissements structurants qui ne pourront aboutir sans un soutien bancaire proactif.
Pour Adama Barrow, cet appel va de pair avec la promotion des Partenariats Public-Privé (PPP) et la mise en place de réformes favorables. Il a insisté sur la nécessité de créer un environnement réglementaire et financier « enclin au développement », sécurisant pour les investisseurs et facilitant le transfert de connaissances. Cet écosystème réformé doit, selon sa vision, inciter et permettre aux banques de jouer pleinement leur rôle de levier pour des infrastructures durables.
L’intervention du chef de l’État gambien aux Financial Afrik Awards a dépassé le simple constat pour se muer en une invitation directe au monde de la finance. Le message est clair : sans la mobilisation des banques et leur capacité à financer l’avenir, les projets d’infrastructures, pourtant vitaux pour la croissance et l’intégration régionale, resteront à l’état de déclarations d’intention. C’est un partenariat tripartite associant États, secteur privé et institutions financières que le président gambien appelle de ses vœux pour bâtir une prospérité partagée.
Une dizaine de banques opèrent à ce jour dans le pays. Parmi elles, l’on cite Access Bank, Ecobank et Vista Bank.

