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[Tribune] Pour des États-Généraux de la Culture au Sénégal

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Par Réginald Groux*


Il serait sans doute bien difficile de déterminer à partir de quel moment le mot culture a pris le sens que nous lui donnons aujourd’hui. Si le mot varie d’une langue à l’autre, le concept est à peu de choses près le même dans toutes les civilisations. Voici la définition qu’en propose le dictionnaire en ligne CNRTL : « travail assidu et méthodique (collectif ou individuel) qui tend à élever un être humain au-dessus de l’état de nature, à développer ses qualités, à pallier ses manques, à favoriser l’éclosion harmonieuse de sa personnalité»,  Cette belle définition est aujourd’hui sans doute un peu réductrice. Pour ma part, je serais enclin à dire que la culture c’est avant tout un ensemble de valeurs dans lesquelles un groupe humain peut s’identifier. Autrefois, la culture était principalement régionale : la cuisine, le vêtement, les coutumes… En France on pouvait parler de culture bretonne comme de culture provençale ou alsacienne, cela avait un sens. Mais en retour, plus un pays était morcelé en entités culturelles distinctes, moins ses habitants avaient le sentiment d’appartenir à la même nation. Avec le temps, les cultures locales se sont transformées en folklore, les habitants sont devenus des citoyens et l’État est devenu Nation. Le jour n’est sans doute pas éloigné où ces nations perdront elles-mêmes leur identité culturelle, au profit d’entités culturelles élargies où chacun pourra encore s’identifier, la mondialisation nous en apporte chaque jour des exemples.

Partout en Occident, les musées jouent un rôle majeur et l’on n’hésite pas à traverser les océans et faire des heures de queue pour aller voir telle ou telle exposition. 

Nous sommes à l’heure où les pays d’Afrique Noire prennent conscience de la valeur culturelle de leur patrimoine sculpté, constitué de toutes les œuvres héritées des générations passées, dont certaines remontent au 10° siècle avant l’ère commune, précédant l’apparition de l’art classique grec, il n’est pas inutile de le préciser. Nous ne nous attarderons pas sur les motifs qui furent la cause d’un rejet de la statuaire traditionnelle : qu’il suffise de dire qu’à un certain moment de l’histoire ces objets ont été perçus dans toute l’Afrique comme les témoins d’une époque révolue et d’une histoire douloureuse  à laquelle chacun voulait échapper pour rentrer dans le monde moderne. La honte et la peur d’être traité d’idolâtre, la conversion au monothéisme, l’accès à l’instruction à travers l’école ou les modèles occidentaux proposés par la télévision furent à l’origine du rejet global de tout ce qui était relié aux anciennes pratiques magico-religieuses. Les objets traditionnels furent abandonnés dans le bois sacré pour certains, brûlés pour d’autres, vendus pour la plupart. Les appropriations forcées restent l’exception, malgré un tapage médiatique qui voudrait faire accroire le contraire.

Les anciens pays colonisateurs, que ce soit par souci d’équité ou par repentance, s’engagent peu à peu vers des restitutions du patrimoine détenu dans leurs musées. En Afrique, les capitales, Abidjan, Bamako, Cotonou, Dakar, Lomé, Kinshasa, se dotent de musées modernes prêts à recevoir les vieux bois de retour d’exil. Mais cela garantira-t-il le succès d’une véritable politique culturelle en matière de musées et d’arts anciens ? 

Ne nous voilons pas la face, la plupart des états africains confondent encore culture et folklore. Les ministères subventionnent abondamment des danses folkloriques, des groupes de musiciens, tout ce qui réjouit les foules : le peuple a besoin de se divertir. D’innombrables chaînes de télévisions font la promotion à longueur de journéed’hommes et de femmes qui se trémoussent au son du tam-tam ou de la musique électronique. Mais quel impact culturel à long terme ? Quel lien culturel entre la danse des Kankourang à Mbour et une cérémonie chez les Bédik de Casamance ou chez les Dogon du Mali ? Insignifiant à l’échelon national et nul à l’échelon panafricain. Nous sommes résolument dans un folklore local qui s’adapte de plus en plus à la demande touristique, sans aucun effet sur la culture telle qu’il faut l’envisager dans sa définition moderne car le mot culture ne saurait en aucun cas s’apparenter à des phénomènes identitaires.

À travers le monde entier, le meilleur véhicule de la culture est le musée. Ce qui importe aujourd’hui, en matière de politique muséale, c’est d’échapper à l’ethnocentrisme culturel. On ne doit pas parler pays, tribu, ethnie, on doit parler Afrique et replacer l’Afrique sur la carte de l’Histoire mondiale. Si nous prenons l’exemple du Bénin qui recevra prochainement les statues que s’était accaparées le général Dodds en vertu de l’antique coutume des dépouilles opimes, quelle sera sa communication ? Sera-t-il question de l’insatiable appétit de conquête des Fon qui ont porté la guerre chez tous leurs voisins, au sud pour l’accès à la mer et le contrôle du négoce négrier et au nord pour la capture d’hommes destinés à être sacrifiés par centaines ou vendus comme esclaves ? Permettez-moi d’en douter, l’histoire détournera pudiquement le regard car ce sont des pages que tous les béninois voudraient oublier, et c’est bien naturel : on ne peut responsabiliser les Blancs pour la traite négrière et avouer que l’on était amplement partie prenante dans cet épouvantable commerce. Quand bien même la vérité serait dite, qu’en retiendrait le visiteur ? Un gros plan sur l’image d’un lieu, d’une époque, d’évènements qui se sont produits il y a un siècle ou deux. Certains pourront même penser que si les Blancs ont mis fin à ces pratiques, leur arrivée aura été somme toute bénéfique. Cela ne mène à rien. Peut-être faudra-t-il avouer l’inavouable, et, pourquoi pas, mettre en parallèle la «barbarie» des africains et celle des européens dans les derniers conflits mondiaux (l’offensive du Chemin des Dames en 1917 a envoyé à la boucherie 350 000 soldats, sacrifiés sur l’autel de la guerre…). Le musée doit donner à réfléchir, ouvrir les esprits, inciter au respect et à la tolérance.

Cheick Anta Diop prônait le panafricanisme. Ses théories sur l’appartenance à un tronc commun qui aurait engendré l’Égypte pharaonique n’avait d’autre but que de rapprocher les hommes avant que de rapprocher les nations, noble et digne projet. Si cet objectif politique ne semble pas près d’être atteint, la chance est donnée aujourd’hui à toute l’Afrique Noire de créer un lien culturel fort entre les ethnies de toutes les nations au moyen d’une politique muséale commune, novatrice pour le continent. 

État des lieux

À l’heure où nombre de pays africains s’apprêtent à recevoir un  patrimoine indispensable à l’éveil culturel des populations, il convient de se demander de quelle manière ce patrimoine va être exploité pour profiter au plus grand nombre. 

En matière de politique muséale, l’Afrique est un enfant pauvre. Il est vrai que le colonisateur qui n’hésitait pas à enseigner «nos ancêtres les Gaulois» aux petits africains n’a fait aucun geste pour donner à voir l’art universel que l’on peut admirer un peu partout dans les musées européens.

En Afrique, l’art se devait d’être enfermé dans son africanité. Ces musées d’art africain s’adressaient prioritairement aux européens, non sans arrières pensées politiques, puisque la présentation des œuvres ethnie par ethnie rendait compte de la mosaïque de peuples que le colonisateur se devait de fédérer : c’était la métaphore absolue de l’anti culture, puisque la culture c’est avant tout un ensemble de valeurs dans lesquelles un groupe humain peut s’identifier au sens le plus large. Plutôt que de compartimenter le pays en groupes ethniques il eut mieux valu défendre les valeurs historiques et culturelles partagées qui s’étendaient bien au-delà des frontières administratives issues de ce souk géopolitique que fut la conférence de Berlin en 1885. Le président Omar Bongo a prononcé un jour ces mots pleins de sagesse : « c’est en brisant l‘histoire, les traditions et l’unité des peuples africains que le pouvoir colonial s’est imposé. C’est donc l’histoire, les traditions et l’unité des peuples qu’il faut rétablir pour redevenir nous-mêmes.  Recherchons ce qui nous rapproche, et nous réduirons alors progressivement les facteurs qui nous divisent ». Tout est dit.

Les indépendances portèrent un coup fatal à la plupart des musées africains. Les œuvres autrefois protégées par des conservateurs passionnés autant qu’érudits tombèrent en déshérence et devinrent des objets de commerce en même temps que l’Afrique se vidait de son patrimoine sous la pression des conflits ethniques et d’une demande occidentale sans cesse croissante. Le phénomène, amorcé au début du 19° siècle est devenu universel jusqu’au milieu du 20°. Il est bon de rappeler ici que l’Afrique ne jouit pas d’un statut particulier en la matière : de très nombreux pays de par le monde ont subi le même sort… Navrant constat, soixante ans après les indépendances, la situation en Afrique n’a guère évolué, et si les musées ont essaimé un peu partout, la qualité des collections, la présentation et les explications sont généralement très en dessous du niveau acceptable pour un musée digne du nom.

Vers une nouvelle politique muséale 

Un musée ne doit pas être un lieu où les œuvres sont vouées à être des objets de contemplation. Si le plaisir ou l’émotion esthétique sont indispensables pour capter l’intérêt du visiteur, l’objectif final doit être l’éducation, la connaissance, le partage, en bref, des valeurs universelles qui rapprochent et fédèrent des individus venus d’horizons culturels différents. Le musée, c’est le plat dans lequel chacun vient manger, le feu vers lequel chacun vient se réchauffer, la musique qui donne à chacun l’envie de danser. Pour parvenir à ses fins le musée doit s’adresser à l’esprit aussi bien qu’au regard.

Une politique muséale cohérente doit donc tenir compte du fait qu’il n’y a pas de culture s’il n’y a pas de partage. Contrairement aux idées reçues, un grand musée national dans la capitale – comme il est de règle – ne sert que très peu la cause de la culture. Ces musées agissent comme une vitrine promotionnelle à l’adresse des étrangers qui visitent le pays, mais quel impact sur les populations de l’intérieur ? Insignifiant, pour des raisons d’éloignement, de moyens et souvent d’ignorance.

La place du musée national

S’agissant du musée national, il doit se démarquer en montrant, en plus de l’art africain, de l’art classique provenant du monde entier : une statue grecque, un bouddha japonais, une peinture lamaïque du Tibet, un masque des Eskimos, une peinture renaissance ou cubiste… Il ne faut pas tomber dans le piège colonial d’enfermer le public africain dans l’art africain mais il faut au contraire l’ouvrir à l’art universel. Le président Wade allait résolument plus loin puisqu’il déclarait dans un livre paru en 2005 :« Ces objets d’art, masques, sculptures, parures diverses, sont nos ambassadeurs dans les autres civilisations. Ils sont les témoins de notre civilisation, de notre culture. Leur rapatriement relèverait du nombrilisme. À quoi cela sert-il de nous autocontempler ? De tous les arts non européens, seul l’art africain, ce qui est la preuve de son universalité, a autant pénétré l’Occident. Au demeurant, les moyens d’entretien de nos musées faisant défaut, ces objets seraient vite détériorés. Laissons-les donc dans les musées d’Europe ou d’Amérique, qui ont d’importants moyens financiers et disposent de moyens techniques de conservation. Ils y seront encore dans mille ans…en échange, l’Europe pourrait nous offrir des peintures, des Goya, Delacroix ou Vlaminck, que nos populations n’auront jamais la possibilité de connaître. C’est pour cette raison que, réagissant contre la thèse du retour, je m’adressais aux Européens à Saint-Louis au Sénégal, en 1976, en ces termes : « gardez nos masques, mais donnez-nous des Delacroix !)… »

Pour la création de musées régionaux

Dans les pays sans tradition de musée, on ne doit pas demander aux individus de fréquenter spontanément des lieux culturels. Ce sont les lieux culturels qui doivent aller à la rencontre de la population, jusqu’au jour où ils sont intégrés dans le quotidien et où leur visite devient un plaisir pour la majorité.

Des enquêtes ont révélé que les gens qui visitent les musées sont ceux qui y sont allés accompagnés par leurs parents lorsqu’ils étaient enfants. Si l’implantation de musées dans les provinces est une nécessité, leur fréquentation prendra du temps, et c’est pour cela qu’il faut se dépêcher d’agir. Rappelons-le, car c’est important, il faudra éviter la tentation de l’ethnocentrisme culturel local. Le musée doit, d’abord et avant tout, rendre hommage à l’histoire collective et aux valeurs partagées des peuples d’Afrique. L’approche doit être thématique avant d’être ethnique. Si le musée provincial peut servir les populations locales, que l’on habite Saint Louis, Yamoussoukro, Franceville ou Foumban on doit retrouver dans la visite un fond de valeurs communes. Idéalement, on peut envisager le musée comme une suite de cercles concentriques, le cercle le plus large symbolisant la culture au niveau du continent, puis chaque cercle successif figurant les cultures sous régionales, régionales et au centre la culture vernaculaire du lieu où il se situe. Ce n’est qu’en assumant la cohérence d’une politique culturelle à l’échelon des régions que l’on obtiendra un résultat bénéfique pour l’ensemble de la population. 

Un musée national dans la capitale ne résoudra rien, nous nous en sommes expliqué. Dix petits musées bien gérés dans les provinces apporteront un bien meilleur résultat que le somptueux musée à Dakar ou à Bamako. Dans cette perspective, chaque musée provincial doit être envisagé comme un tentacule relié au musée national : il doit en être le prolongement en même temps qu’il se doit d’être autonome. 

Une réalisation de référence

On pourrait penser que la mise en œuvre d’une telle politique nécessiterait de mobiliser des fonds considérables. C’est faux. Nous prendrons l’exemple du Mahicao, Musée d’Art et d’Histoire des Cultures d’Afrique de l’Ouest implanté à Djilor Djidiack au Sénégal à 150 km au sud de Dakar. Issu d’une initiative privée, ce musée a mobilisé un capital d’environ cinq cent millions de francs cfa, bâtiment et collections compris. Ouvert depuis 2018, il ne cesse de voir augmenter le nombre de ses visiteurs, même pendant la crise sanitaire de la Covid 19. Ses résultats d’exploitation sont positifs et permettent de payer le personnel, de subvenir au fonctionnement et à l’entretien, bref, il rapporte davantage qu’il ne coûte. Il est devenu un moteur économique pour le village et la région : les gens n’hésitent pas à faire le déplacement depuis Dakar pour le visiter. C’est la raison pour laquelle l’Académie Diplomatique Africaine (ADA)basée à Dakar a établi un partenariat avec le Mahicao, qui est envisagé comme le musée référent dans le cadre de son projet de création de musées dans les provinces, au Sénégal pour commencer. Grâce aux excellents résultats du Mahicao en terme de fréquentation, de satisfaction et de trésorerie, il est démontré que nous ne sommes pas dans un énième projet utopique mais dans la réalité concrète et positive. Dès sa conception en 2009, le musée Mahicao a été envisagé pour pouvoir être dupliqué à moindre coût. L’intention présente n’est pas d’expliquer comment faire, nous y reviendrons peut-être une autre fois, mais de convaincre que ce type de réalisation est tout à fait réalisable et économiquement viable. 

La mise en œuvre de mesures incitatives

On ne peut envisager de politique culturelle et muséale sans de fortes mesures incitatives, comme c’est la règle aujourd’hui dans tous les états modernes : c’est une façon intelligente de dynamiser la croissance du secteur culturel et par ricochet du secteur touristique. Contrôler la sortie du patrimoine ne suffit pas : c’est une mesure bancale si l’on n’encourage pas l’entrée d’un nouveau patrimoine. C’est maintenir le patient en vie sans le guérir pour autant. Il faut commencer – et c’est une aberration que cela ne soit pas déjà fait – par supprimer tous les droits et taxes pour les œuvres d’art de toutes sortes qui rentrent sur le territoire national : chaque œuvre qui entre au pays, moderne ou ancienne, quelle qu’en soit l’origine, enrichit le patrimoine artistique et culturel du pays. Elles agissent comme autant de graines qui fécondent les esprits. Aujourd’hui encore, les œuvres d’art africain qui retournent en Afrique sont taxées d’importants droits douaniers, cela n’est pas admissible. Il faut ensuite mettre en place des mesures incitatives au niveau fiscal par le biais de déductions d’impôts, du mécénat d’entreprise, d’exonérations pour les associations reconnues d’intérêt général. Il est temps de s’engager dans une politique culturelle hardie : Il faut encourager la défiscalisation pour les aides à la construction de musées ou à l’acquisition d’objets de collection. Les lutteurs, les footballeurs, les musiciens devraient pouvoir s’honorer de subventionner des projets muséaux : ils réaliseraient des économies d’impôt et se feraient les champions de la culture ! Si un Sadio Mané ou un Yekini sponsorisait un musée dans leur région natale au Sénégal, il ne faut pas douter que les jeunes sénégalais seraient plus enclins à aller voir de quoi il retourne ! Les grandes sociétés sénégalaises devraient pouvoir être fières de parrainer des vitrines ou des œuvres. Ce sont là des mesures à prendre d’urgence, pour donner un signal fort aux états européens qui se sont engagés dans la voie des restitutions, pour montrer que l’Afrique ne va pas se contenter de recevoir les œuvres de façon passive, mais qu’elle s’est engagée sur le chemin d’une véritable politique culturelle innovante, dynamique, envisagée à la fois sous l’aspect du développement culturel mais aussi sous celui d’un facteur de croissance économique local et sous celui d’un formidable outil de communication et de cohésion sociale.

Conclusion

En somme, puisqu’il faut conclure, ce n’est pas le retour des œuvres au pays natal qui résoudra la situation de déficit en matière de politique culturelle muséale. Il faut voir beaucoup plus haut et viser beaucoup plus loin. À n’en pas douter, la création de musées provinciaux jouera le rôle de catalyseur touristique, donc d’accélérateur de croissance. Étant rappelé que le secteur de la culture est le troisième employeur européen après la construction et la restauration et que le seul secteur des beaux-arts engendre à lui seul 127,6 milliards d’euros annuellement, l’Afrique ne peut pas se priver d’une ressource dont il est prouvé que les effets dépassent largement le secteur de la culture : tourisme, restauration, artisanat, transports, hôtellerie… Il est patent qu’on ne saurait prétendre être un pays à vocation touristique si l’on ne développe pas une politique efficace de musées régionaux. Le duo de la culture et du tourisme est un moteur économique extrêmement puissant. Selon l’Organisation Mondiale du Tourisme, le patrimoine culturel représente plus de 40 % de l’activité touristique internationale…

Il est grand temps de convoquer au Sénégal des états-généraux de la culture qui ne se limiteront pas aux habitués du sérail mais qui réuniront des conservateurs, experts, collectionneurs et autres spécialistes des questions culturelles pour poser les jalons d’une politique culturelle à l’échelle nationale et internationale en Afrique.

Le poète français Alphonse de Lamartine qualifiait les musées de «cimetières des arts». S’il faut applaudir ces formidables projets de retour des masques et statues ancestraux  il faut souhaiter que ce nouveau destin ne soit pas, faute d’une politique culturelle dynamique, qu’un prélude à leur extrême onction. 


*A propos de Réginald Groux

Réginald Groux est Conseiller spécial du président de l’ADA. Ancien marchand d’art, expert, auteur de livres et d’articles, professeur de l’ICART, il se consacre depuis le début des années 2000 à la reconnaissance du patrimoine sculpté traditionnel africain, tant par les peuples qui en sont à l’origine que par les populations issues de l’immigration. Il est Fondateur du Musèe Mahicao à Djilor Djidiack.

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