Alpha Condé, président de la Guinée

L’Assemblée nationale guinéenne était en « session parlementaire extraordinaire » les 25 et 26 août 2021 sur convocation du président Alpha Condé. À l’ordre du jour figuraient deux projets de loi dont l’examen de plusieurs lignes budgétaires relatives au projet de la loi des finances rectificative pour l’année en cours.

Le projet de loi des finances rectificative soumis à l’appréciation des députés par le ministre du budget soulève beaucoup d’interrogations au sein de l’opinion. En effet, les lignes budgétaires allouées aux dépenses (de fonctionnement) des députés et de la présidence de la République progressent du tiers. Le Palais Sekhoutoureya se « taille la part du lion », passant de plus de quatre cent quatre-vingt douze milliards (492 511 921 000 FG) dans la loi des finances initiale (LFI) à plus de six cent soixante-sept milliards (667 355 982 000 FG) dans la loi des finances rectificative (LFR), soit une augmentation de 174 844 061 000 FG qui équivaut à une hausse de 35,5% par rapport à la loi des finances initiale.

Avec un budget de dépenses de 273 345 730 000 FG dans la LFI, le budget des députés, pour sa part, passe à 357 819 955 000 FG dans la LFR, soit une augmentation de 84 474 225 000 FG, qui équivaut à une hausse de 31%. Seulement pour le personnel de l’Assemblée, les dépenses sont passées de 105 825 545 000 FG à 186 299 770 000, en augmentation de 80 474 225 000 FG. Cet exercice parlementaire « extraordinaire » se tient dans un contexte de déficit budgétaire (6.000 milliards) avec des dépenses en hausse estimées à 1,17% du PIB.

Ces hausses apportées aux dépenses de fonctionnement de la Présidence, de l’Assemblée nationale et des députés interviennent à un moment où le gouvernement invite les Guinéens à faire preuve de courage et de résilience. D’ailleurs, le prix du carburant vient d’augmenter de 22,22 %, ce qui, par ricochet, a des incidences sur le coût du transport et des denrées de première nécessité. De même, le coût des services de téléphonie ont connu une hausse avec le réaménagement par certains opérateurs des bonus voix et des services internet qui, à leur tour, accusent en substance l’État guinéen de « harcèlement fiscal », dénonçant une pression fiscale jugée insoutenable.

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