Afrique : faut-il craindre une catastrophe des « nouveaux » variants de Covid-19 ?

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La résistance de l'Afrique face à la crise sanitaire liée au coronavirus a déjoué tous les pronostics. La catastrophe annoncée n'a pas eu lieu. Toutefois, la vigilance reste de mise.

Un an et demi après le déclenchement de la pandémie, l’Afrique fait mieux que résister au Coronavirus. Jusque-là, l’hécatombe prévue, ou tout au moins annoncée par les Occidentaux n’a pas encore eu lieu, à la grande surprise de ceux qui lisent dans les boules de cristal et se donnent désormais à toutes les conjectures. Faut-il pour autant dire que les Africains sont naturellement immunisés pour ne pas craindre un désastre humain ? Ce serait faire preuve d’irresponsabilités, si tant que non seulement la maladie fait de nombreuses victimes au quotidien, mais les statistiques officielles sont certainement sous-estimées au regard des difficultés rencontrées pour accéder aux données réelles.  

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les derniers variants de la maladie apparus dans le continent inquiètes, puisque ces dernières semaines le nombre de décès lié au Covid-19 a enregistré une progression de 43%. Par ailleurs, le nombre d’hospitalisation est également en hausse, alors que l’on fait état de l’insuffisance de l’oxygène pour assurer une bonne prise en charge des malades sous soins intensifs. Dans semaine du 11 juillet 2021, 6273 décès avaient été enregistrés en une semaine, contre 4384 décès la semaine précédente, soit moins de 1 % du record de 6294 décès en une semaine, atteint au mois de janvier.

De manière globale, les chiffres actualisés de l’OMS au 18 juillet 2021 affichent  que l’Afrique a franchi la barre de 6,2 millions de malades, dont 5,3 millions guéris, 668 000 malades encore sous soins, pour 157 000 décès. Au cours du mois écoulé, un million de cas supplémentaires ont été signalés en Afrique, enregistrant ainsi la plus forte progression de la pandémie. Un regain de la maladie qui s’explique entre autres, à la lassitude du public vis-à-vis du respect des mesures barrières, mais  également la mutation des variants à l’instar du variant Delta signalés dans 21 pays du continent qui détient le plus grand nombre de transmissibilité par rapport aux variants Alpha et Bêta respectivement signalés dans 35 et 30 pays.

Selon le Dr Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l’Afrique, « le nombre de décès est monté en flèche ces cinq dernières semaines. Il s’agit là d’un signal d’alarme qui nous indique clairement que les hôpitaux des pays les plus touchés sont sur le point d’atteindre un point critique ». Par ailleurs, a-t-elle indiqué, « les systèmes de santé nationaux, souffrant d’un manque de fonds, sont confrontés à une grave pénurie d’agents de santé, de fournitures, de matériel et d’infrastructures nécessaires à la prise en charge des patients touchés par une forme grave de la COVID-19 ».

Au moment où l’on parle de plus en plus de vaccination et que moins de 2% d’Africains sont actuellement vaccinés contre une moyenne planétaire de 50%, une enquête de l’OMS révèle que 18 pays seulement avaient inclus les corticostéroïdes le protocole de traitement, tandis que 9 pays utilisent des produits non recommandés tels que l’hydroxychloroquine et le lopinavir dans le traitement de Covid-19. Plusieurs études montrent que de nombreux Africains recourent à la pharmacopée traditionnelle avec des résultats plus que satisfaisants, d’où la décision des autorités gouvernementales dans plusieurs pays à procéder à l’homologation de certains produits naturels révélés efficaces pour le traitement du Covid-19. En tout état de cause, même si la catastrophe annoncée n’a pas eu lieu, les Africains ont intérêt à rester vigilants.

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