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La conférence de Paris sur les financements des économies africaines pose les premières bases d’un «new deal»

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«Nous ne sommes pas préparés à ce genre de crise». En posant ce constat sur le contexte africain post-Covid le Congolais Félix Tshisekedi, qui préside actuellement l’Union africaine, a donné tout son sens à la conférence sur le financement des économies africaines. Organisée à Paris les 17 et 18 mai ce sommet a tenté de poser les bases de la relance économique du continent gravement impacté par la pandémie mondiale. Pour la première fois depuis vingt-cinq ans la croissance s’est retournée en devenant négative. Elle devrait se situer cette année à -2,1%. En quoi consiste ce new deal ? « Au-delà de l’urgence sanitaire, il s’agit de répondre à l’urgence économique par un apport massif de ressources », a expliqué Emmanuel Macron, le 18 mai, dans la conférence de presse ponctuant l’événement.

L’un des premiers leviers réside dans une réallocation des Droits de tirages spéciaux (DTS) émis par les institutions de Bretton Woods. Sur les 650 milliards de DTS délivrés par le Fonds monétaire international (FMI) la quote-part de l’Afrique ne représente que 33 milliards. Or, le financement des économies africaines nécessiterait près de 300 milliards. Représentés à la conférence, les institutions financières internationales se sont engagées à garantir à l’Afrique un montant supérieur aux DTS auxquels elle peut prétendre. Cette hausse devrait intervenir dans le cadre du Fonds fiduciaire pour la réduction de la pauvreté (FRPC). Elle sera renforcée à travers d’autres leviers comme une augmentation de l’Aide publique au développement (APD) ; une 20ème reconstitution des ressources de l’Association internationale de développement (AID-20) ou encore la reconstitution générale des ressources du Fonds africain de développement (FAD). L’objectif poursuivi est d’atteindre 100 milliards de DTS. « Nous demandons instamment aux pays d’utiliser ces nouvelles ressources de manière transparente et efficace », précisent les représentants des bailleurs de fonds présents du sommet. Concernant le niveau d’APD, les mêmes participants réitèrent le souhait de voir celle-ci atteindre 0,7% du Revenu national brut (RNB), ce qui n’est toujours pas le cas.

Le second levier vise à la restructuration de la dette pour soulager les économies nationales. « Les créanciers du G20 agissent tel que convenu dans les par les ministres des Finances et des gouverneurs de banques centrales du G20 d’avril et le Cadre commun pour les traitements de dette au-delà de l’Initiative de Suspension de la Dette (ISSD) adoptée en novembre 2020 », précise le communiqué final du sommet. Outre la bonne gouvernance, le troisième levier est le soutien au secteur privé dans le cadre d’une Alliance pour l’entreprenariat en Afrique (AEA). Cette initiative de portée panafricaine vise à accorder une plus grande place aux entrepreneurs et de mobiliser les ressources nécessaires à leur montée en puissance. « Nous attendons avec impatience que la Société financière internationale poursuive son effort pour lancer cette alliance », explique les membres du G20 dans leur communiqué. Ces différentes initiatives seront évaluées lors des prochaines assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale d’octobre 2021. Des efforts seront par ailleurs entrepris pour traiter le problème de l’informel par la redéfinition des cadres juridiques et fiscaux dans chaque Etat.

Alexandre Varel
Journaliste d’investigation, spécialiste de l’Afrique et des Affaires économiques entre l’Europe et l’Afrique. Réseaux d’affaires, jeux des acteurs, Paris, Abidjan et Afrique francophone.

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