Les startups sont-elles réellement l’avenir de l’Afrique ?

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Par Samir Bouzidi, Ethnomarketer & expert international en mobilisation des diasporas africaines. Entrepreneur engagé – fondateur de la startup solidaire “Impact Diaspora”.


Le storytelling ambiant autour des startups qui vont sauver l’Afrique doit nous interpeller à plus d’un titre…

D’une, l’innovation vitale à l’économie et à la création d’emplois existait bien avant les startups et donc à mon sens, ces dernières ne devraient pas capter aujourd’hui tous les discours et programmes publics d’investissement et d’innovation.
Deux, comment notre continent qui a un besoin impérieux de créer massivement et durablement des emplois non qualifiés et qualifiés peut asseoir son développement sur des entreprises dont on sait que la très grande majorité aura une espérance de vie inférieure à trois ans pour x raisons : écosystème, financement, modèle… ?
Trois, à l’exception des pays d’Afrique anglophone plus peuplés et qui offrent donc une réelle profondeur de marché, partout ailleurs les mêmes tendances avec les meilleures startups et leurs talents qui s’expatrient ou sont exfiltrés par les investisseurs, incubateurs étrangers…laissant parfois des miettes de retombées à leur pays d’origine !

En substance, nos gouvernants africains seraient inspirés de revenir à plus de pragmatisme et moins de suivisme dans leurs arbitrages stratégiques et prises de paroles publiques. Nous comprenons que la «startupmania» est quelque part une réponse innovante et pertinente apportée aux jeunes faute de politiques publiques pour les jeunes plus inventives et impactantes. Mais est-ce le bon conseil d’orientation donné à un jeune que de se lancer dans une startup, entreprise ô combien aventureuse alors que ce dernier aurait certainement plus de chances et de pérennité dans un business traditionnel, innovant ou pas ? Car oui en réalité, si le poids moyen du secteur NTIC en Afrique est de 5% du PIB, la contribution du secteur, hors pays anglophones, est apportée à plus de 90% par les opérateurs télécoms, les SSII et le secteur du hardware…

Revenons donc aux fondamentaux !  Une SSII, une usine, une plantation, une entreprise sociale, innovantes ou non…c’est aussi et surtout elle que l’Afrique doit appeler de ses vœux ! Et tant mieux, si des startups émergent, créant de la valeur et de l’emploi !

Pardonnez mon cynisme mais je suis moi-même à la tête d’une startup africaine et je vois autour de moi beaucoup de jeunes entrepreneurs en échec prévisible et pour les rares meilleurs, en exfiltration programmée… L’Afrique mérite mieux !

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