Côte d’Ivoire: semaine à forts enjeux sur les bords de la lagune Ebrié

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Alassane Ouattara

Semaine de clarification, au plan politique mais aussi économique, que celle qu’entame la Côte d’Ivoire en ce lundi 27 juillet 2020. D’une part, les populations, la société politique nationale et les chancelleries étrangères attendent que fin soit mis “au flottement institutionnel et gouvernemental” -consécutif à la brusque disparition du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, la démission du Vice-Président Daniel Kablan Duncan et les tergiversations pour désigner de nouveaux occupants des fauteuils vacants- qui rend quelque peu délétère l’atmosphère générale dans le pays.

Dans ce contexte politique tendu, les milieux économiques, à la peine pour se projeter sur le dernier semestre de l’année faute de visibilité et de lisibilité claires de l’action gouvernementale en matière d’endiguement des effets de la pandémie du Covid-19, espèrent un message clair et précis sur « les suites du paquet de mesures de soutien aux entreprises décidé pour riposter contre les effets de la pandémie et dont la période de validité de trois mois, est échue pour la plupart » alors que les effets qui en étaient escomptés n’auront été atteints que très partiellement à l’analyse du secteur privé local.

Pilule phytosanitaire amère

Ce n’est pas qu’au seul niveau général que la semaine est à fort enjeu en Côte d’Ivoire. Elle l’est aussi à l’échelle sectorielle. Notamment à celle de la filière phytosanitaire du pays. Les industries opérant dans ce secteur sont vent debout contre le ministère de l’Agriculture et du Développement rural. Dans une note (voir ci-dessous) qu’elle leur a adressé, le 14 juillet 2020, en plein déroulement des obsèques officiels du défunt chef du gouvernement, cette administration leur a annoncé, tout de go, qu’elle procède, « à compter du 1er août 2020 » à « des modifications des frais d’établissement des actes administratifs relatifs aux agréments phytosanitaires ». Magnitude des augmentations desdits tarifs, en moyenne 300%. Quelques palmes : le tarif unitaire des homologations de pesticides précédemment fixés à 250 000 FCFA à 1 000 000 FCFA dans le nouveau barème ; celui des extensions d’homologation de pesticides de 150 000 F à 500 000 F ou encore des agréments distributeur ou formulateur fixé désormais à 2 000 000 F voire 2 500 000 F contre 500 000 FCFA avant.

Le procédé est en totale porte-à-faux avec la directive de l’Uemoa sur les lois de Finances. Mais cela n’est pas nouveau, sur les bords de la lagune Ebrié, la pratique est devenue monnaie courante. Les entreprises de la filière n’entendent cependant pas se laisser “tondre “. Ils attendent la désignation du nouveau Premier Ministre pour se pourvoir auprès de lui, le 1er août étant dans une poignée de jours.


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