Bénin: importante modification de la loi relative au bureau d’information sur le crédit (BIC)

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Une vue partielle du marché central de Cotonou.

Suite à une modification de la loi relative au Bureau d’information sur le crédit (BIC) au Benin, intervenue le 23 avril 2020, l’historique de crédit et de paiement concernant des lignes de crédit octroyées avant le 23 janvier 2017, date d’entrée en vigueur de la loi uniforme sur les BIC au Bénin, pourra être intégré plus facilement au BIC. Ceci permettra un enrichissement considérable des données sur le crédit et donnera davantage de puissance prédictive à cette base de données si cruciale pour le développement économique national.

Le BIC, opérationnel dans l’UEMOA en février 2016 et au Benin en mars 2017, est une institution qui collecte, auprès des établissements de crédit et des grands facturiers (SBEE, SONEB et compagnies de téléphonie), des données disponibles sur les antécédents de crédit ou de paiement d’un emprunteur et les traite à l’aide de techniques appropriées. Au Benin, toutes les 15 banques et toutes les 11 institutions de micro-finance (IMF) de grande taille, visées par la loi, sont assujetties au BIC. Le changement intervenu dans l’article 53 stipule que les données de crédit de ces institutions financières, qui existaient antérieurement au lancement du BIC, seront partagées avec BIC, sans le consentement préalable des clients bénéficiaires de ces financements. Toutes ces institutions transmettent déjà, mensuellement, des données sur les nouveaux prêts.

«Le BIC», explique le Directeur Pays pour le Benin, Joseph Gbegnon, « est l’outil le plus important pour faire face à l’asymétrie dans l’information financière. L’idée de base est qu’avec un profil de risque plus complet et de l’information fiable et objective, les banques et les IMFs soient en mesure d’octroyer davantage de prêts à un nombre accru de personnes, surtout les jeunes, les femmes et les PME-PMI, qui sont les segments les plus pénalisés». Jusqu’à aujourd’hui, conformément à la loi qui le régule, le BIC n’enregistrait que peu de données «ante- janvier 2017», date d’entrée en vigueur de la loi au Bénin. «Quand on a commencé» ajoute-t-il, «notre base de données était vide. Les résultats d’aujourd’hui sont le fruit d’un travail d’enrôlement lent mais régulier, avec l’ajout mensuel des données provenant des institutions financières et des grands facturiers».

Au 31 mai 2020, le BIC a accumulé des données sur 0,8 million de clients correspondant à 1,2 million de contrats de prêts et d’abonnements au Benin, contre respectivement 8 et 17 millions environ dans l’UEMOA. Malgré ces chiffres impressionnants, le taux de couverture reste améliorable. Jusqu’à présent, la difficulté pour les institutions financières d’obtenir le consentement en vue de partager l’historique «pré-2017», était un point de blocage important. Avec l’intégration de la totalité de l’historique de crédit national, les profils de risque à la disposition des établissements de crédit, seront encore plus compréhensifs et plus crédibles. «C’est un pas important», analyse Joseph Gbegnon, «car notre base de donnés connaîtra une expansion significative avec beaucoup de travail technique derrière, et cette mutation rendra le BIC plus cohérent et donc plus utile à la prise de décision de l’écosystème de crédit béninois».

La filiale du groupe Creditinfo, qui dispose de bureaux et une présence locale dans chaque pays de l’UEMOA, s’est montrée proactive, à travers sa direction pays et sa Direction régionale, en vue de la mise en application diligente de cette nouvelle loi. Ainsi, à mi-juin 2020, une visioconférence a été organisée avec 40 participants, regroupant les représentants des banques et IMF béninoises sur les modalités de remontée des données impactées par la modification de la loi. «Il est important», affirme son Directeur Général, Adamou Sambaré, «d’accompagner, de motiver, et de former toutes les parties prenantes lors d’un changement si profond et si important. Nous devons nous assurer que les données remontées soient de qualité : vérifiables, complètes et transmises régulièrement». Il se félicite aussi du partenariat avec le gouvernement : «cet effort a montré qu’une coopération féconde entre les Autorités nationales et le BIC peut donner des résultats concrets pour l’économie».

Le Benin vient ainsi s’ajouter aux autres Etats de la sous-région qui ont déjà adopté cette modification de la loi uniforme, dans une logique d’expansion de la couverture et de renforcement de la capacité de la base de données du BIC. Pour les prêteurs, le vrai sens de la phrase «savoir, c’est pouvoir» se trouve dans le BIC. Plus on dispose de données de qualité, mieux c’est, et cette modification vient combler une longue attente. «Les bénéfices du BIC sont multiples, allant de la facilitation de l’accès au crédit à l’expansion de l’activité économique, du renforcement de l’efficacité de la supervision de l’activité de crédit à la réduction du risque systémique», conclut Adamou Sambaré. « Nous nous félicitons de ce changement, mais il ne représente qu’un élément d’une stratégie globale d’enrichissement continue de la base de données du BIC ». Pour lui, « après l’intégration des données des grand facturiers (eau, électricité, opérateurs de téléphonie) et la prise en compte des données du stock de crédits, le déploiement, à moyen terme, de services à valeur ajoutée, tels que les scores psychométriques, devrait constituer la prochaine étape sur la route des innovations impulsées par le BIC. »

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