Entretien avec Simone Mensah, Vice-présidente de la Fondation Sylvia Bongo Ondimba

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“A ce jour, 6061 personnes ont bénéficié chacune d’un transfert de 25 000 FCFA dans le cadre de nos mesures anti Covid-19”

Présentez-nous votre Fondation et ses missions ?

La Fondation Sylvia Bongo Ondimba pour la famille est née en 2011. Comme l’indique son nom, elle a pour objectif d’agir favorablement auprès des familles, qui constituent le socle de notre société́. Aussi, notre champ d’action est-il l’ensemble de la population gabonaise, mais nous portons une attention particulière aux personnes les plus fragilisées, notamment les femmes, les jeunes, et les personnes vivant avec un handicap, afin que leurs causes soient entendues et leurs vies nettement améliorées. Nous intervenons au plus près des populations, en apportant des solutions durables aux besoins exprimés, par la mise en place de projets concrets.

Le tout, dans le respect de la dignité humaine. Comme mère Teresa, nous pensons que l’amour avec lequel on donne compte autant que ce que l’on donne. Au sein de la Fondation, nous veillons à promouvoir la solidarité, la créativité et l’innovation, de même qu’une culture commune tournée vers l’intérêt général.

Comment le Gabon vit la crise sanitaire actuelle ?

Comme tous les pays du monde, le Gabon subit les effets sanitaires, économiques et sociaux de la pandémie Covid-19. Toutefois, très tôt, dès l’annonce des premiers cas, des mesures gouvernementales ont été prises pour freiner la pandémie. Au niveau social, des actions fortes ont été posées au profit des entreprises touchées par la crise mais aussi des personnes en situation de précarité : prise en charge par l’État de leurs loyers, des frais d’électricité et d’eau, gratuité des transports urbains, mise en place d’une banque alimentaire pour 60 000 familles bénéficiaires.  

Pour aider le gouvernement, plusieurs organisations de la société civile ont mis la main à la pâte. Quelle a été vous votre contribution ?

Nous croyons en la force de la société civile, bien souvent plus proche des réalités du terrain et plus pragmatique dans la recherche de solutions.  Aussi, au fil des années, avons-nous développé et conçu des actions de manière complémentaire à celles des pouvoirs publics. Lorsque la pandémie s’est déclarée, notre Fondation a dû revoir sa programmation pour répondre au plus vite et au mieux aux besoins de nos cibles, encore plus fragilisées par cette crise qui accentue le clivage social. Dans un premier temps, nous avons apporté une aide alimentaire d’une valeur unitaire de 45 000 francs CFA à quelques 24 000 familles économiquement faibles. Nous étions auprès des commerçantes dans les marchés, des étudiants, des personnes vivant avec un handicap, des veuves et des femmes victimes de violences. Nous avons également sillonné les quartiers sous-intégrés à la rencontre des personnes nécessiteuses. Notre périmètre d’action a dépassé les limites de notre capitale, Libreville. Ce sont toutes les provinces du Gabon qui ont bénéficié de cette aide alimentaire.

Dans une deuxième phase, nous avons intégré à l’aide alimentaire des masques chirurgicaux et en tissus, ainsi que des gels hydro-alcooliques tout en sensibilisant les populations sur les gestes barrières.

La troisième phase de cette opération consiste en un transfert financier par mobile money.

Notre force réside dans notre expertise des dossiers et notre connaissance du Gabon mais aussi dans notre capacité à mobiliser et réunir des compétences nationales, voire internationales. Pour mener à bien notre projet, nous avons bénéficié de partenariats opérationnels, notamment la Croix Rouge Gabonaise, les leaders religieux et les associations, mais aussi de nombreux partenariats financiers : plusieurs entreprises et individus se sont montrés généreux et se sont engagés à nos côtés, nous accordant leur confiance.

Vous avez initié et mis en œuvre un programme de transfert d’aide alimentaire par paiement mobile grâce à un partenariat avec Airtel Gabon. Expliquez-nous le processus.

La distribution des bons d’achats ou de kits alimentaires demande des moyens logistiques et des ressources humaines conséquents. Elle réduit également le champ de nos actions, l’accès à certains sites étant difficile. Aussi, le transfert par Airtel money nous a paru une bonne solution pour toucher les bénéficiaires sur toute l’étendue du territoire et favoriser l’approvisionnement des familles en denrées alimentaires dans les commerces de proximité. A ce jour, 6061 personnes ont bénéficié chacune d’un transfert de 25 000 FCFA. L’opération va se poursuivre dans les prochains jours.

Comment, d’après-vous, cette crise constitue une aubaine à l’entrepreneuriat des jeunes gabonais ?

Vous savez, toute crise offre des opportunités. Il faut savoir les déceler, les saisir et faire preuve de créativité. Au Gabon, les jeunes se lancent de plus en plus dans l’entreprenariat et avec cette pandémie, nous avons vu naître de nouvelles initiatives, notamment des ateliers de confection de masques certifiés avec des pagnes africains, ce qui allie efficacité et esthétique. Notre Fondation encourage ces jeunes entrepreneurs en s’approvisionnant auprès d’eux. C’est là aussi une de nos missions…

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