RDC : rentré dans ses fonds, l’israélien LR Group pour revitaliser le paradis perdu de Mobutu

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Le vieux paradis perdu de Mobutu de nouveau une réalité.

Le gouvernement de la RD Congo va apurer sa dette de 12 millions USD due à la firme israélienne LR Group en vue de relancer le Domaine agro-industriel et présidentiel de la N’Sele (DAIPN) situé au bord du fleuve Congo, à plus d’une quarantaine de kilomètres à l’Est de Kinshasa et qui faisait partie des éléphants blancs de Mobutu Sese Seko. Lancé en 1966, ce projet agro-industriel a évolué au gré de la vie politique du pays. Du temps de sa splendeur, une bonne douzaine de cadres européens —dont de nombreux belges— et chinois furent appelés pour développer des activités modèles d’élevage et d’agriculture. Le parc comptait un vaste élevage de poulets en batterie, du bétail, ou encore une importante culture d’ananas et autres produits agricoles.

Le domaine compta un vaste parc animalier, “le Parc Président Mobutu”, recouvrant plusieurs centaines d’hectares ainsi que des enclos abritant des lions, des guépards, des okapis, des chimpanzés, des zèbres, etc., une piscine olympique publique accueillant le public dont de nombreux habitants de Kinshasa —principalement le week-end, viendra s’ajouter au décors..

En 2013, le parc faisait l’objet d’une nouvelle relance au gré d’une signature avec la firme israélienne LR Group, fondée par Ami Lustin, et qui dispose d’une expertise internationale dans le domaine de l’eau, de l’assainissement et du développement des projets agribusiness. Quinze mois après la signature des contrats avec le gouvernement, LR Group offre à la population kinoise les produits provenant de ses 42 poulaillers déjà opérationnels sur le site.

Sept ans plus tard pourtant, le “Paradis de Mobutu” en dépit des promesses de ses promoteurs n’a pas encore totalement échappé à son sort d’éléphant blanc, s’illustrant plutôt du côté du passif et des retards de paiements.

Un destin d’éléphant blanc à exorciser

La décision de l’apurement des dettes prise par le gouvernement peut être interprétée comme une volonté d’exorciser les démons du passé. «Le Conseil des ministres a décidé de payer cette créance de 12 millions de dollars américains tout en demandant à la firme de donner l’état d’exécution des 3 millions de dollars américains qui lui ont été payés antérieurement», a annoncé le ministre de la Communication et des Médias, faisant le compte-rendu du Conseil des ministres tenu vendredi 22 mai 2020 à Kinshasa.

Pratiquement à l’arrêt depuis plusieurs mois, le DAIPN/N’Sele, une ferme usine de 3 000 hectares, devrait garantir l’autosuffisance alimentaire de la RDC. “Tout l’enjeu consiste à asseoir une ferme réorganisée et revitalisée, utilisant l’éducation et le soutien du gouvernement pour créer le développement durable d’une grande variété de produits agricoles”, susurre-t-on. Amen.

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