Après-Covid : L’Afrique doit repenser sa relation avec la diaspora

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Le Corona sévit encore en Afrique mais il n’est pas trop tôt pour amorcer les diagnostics et réfléchir à l’après sur le plan économique. Un avenir qui doit prioritairement  veiller à mieux protéger les populations et aller vers plus de néo-souveraineté nationale (alimentaire, médicale, technologique…) tant « le sauve-qui-peut mondial » des dernières semaines a montré le vrai visage des nations avec pour mise en garde essentielle qu’en cas de situation extrême, il fallait désormais apprendre à compter d’abord sur ses propres enfants.

Et, c’est ici le moment ou jamais pour l’Afrique d’initier son « diaspora round » avec ses enfants à l’étranger, visant à mobiliser toutes les forces vives nationales et continentales autour d’un pacte pour la relance et le développement inclusif. Pour une diaspora mieux considérée, plus intégrée économiquement et humainement, au-delà des transferts d’argent mais aux fruits plus variés et juteux : épargne, investissement, transferts de compétences (médecins…), export, softpower, tourisme, philanthropie…Une opportunité devenue une nécessité impérieuse à l’heure d’aujourd’hui, tant la crise a montré la vulnérabilité de ces mêmes transferts d’argent (baisse estimée de 20% en 2020 selon la Banque mondiale).

C’est tout le sens du programme « time to diaspora » que défend la startup solidaire Impact Diaspora, basée à Dakar et spécialisée dans la mobilisation des diasporas africaines. Pour ce faire, cette dernière a entrepris de sensibiliser les gouvernements et les opinions de  25 pays africains en dressant le profil compétences de leur diaspora respective.  Une étude « ethnodata » centrée sur Linkedin,  basée notamment sur les patronymes endémiques par ethnies et avec pour périmètre ces trois pays stratégiques pour les diasporas de compétences : France, USA et Canada. Sur le plan opérationnel, ce type de données est une brique essentielle qui doit permettre notamment aux pouvoirs publics de mettre en œuvre des stratégies d’engagement ciblées et des dispositifs plus impactants à l’attention de leur diaspora…

Dans le cas du premier pays étudié : le Sénégal ; un premier échantillon de 80 881 hautes compétences dont 2238 chefs d’entreprises, 7103 managers et 2877 ingénieurs ont été identifiées sur les trois pays cibles. Autre enseignement intéressant avec la nature donnée des cinq premiers secteurs d’activité qui « emploient » les compétences diasporiques sénégalaises : 1. IT & Télécommunication 2. Banque, Assurance & Finance 3. Santé, 4. Éducation 5. Industries (manufacturières, agroalimentaire…). A noter néanmoins des petites variantes par pays :  le secteur « IT & télécoms » arrivant en pole position en France alors qu’aux USA c’est la santé et  la « Banque, Assurance et Finance » au Canada . Par ailleurs, Il faut souligner le poids atypique (en comparaison avec d’autres diasporas africaines) du secteur de la  « vente » et la « construction/immobilier » se classant respectivement en 6ème et 7ème position…pour une diaspora sénégalaise aux compétences métiers très  diversifiée sur plus de 25 secteurs d’activité.

Samir BOUZIDI

2 Commentaires

  1. Sans une Bonne Organisation et communication ,la Situation restera ce qu’elle est.
    Quel est le role de ces deputes de la Diaspora et des ambassades du Senegal ?

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