Covid-19: l’étude Discovery ou le nouveau Titanic

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Le président français Emmanuel Macron le promettait encore pour le 14 mai en début de semaine dernière. Mais à la longue, la si attendue “Etude Discovery»,sensée tester plusieurs remèdes contre le nouveau Coronavirus (Covid-19) dans les règles de l’art, avec le respect des protocoles et des méthodologies, semble prendre de l’eau. Pour preuve, aucun officiel ne se hasarderait plus à avancer une date de livraison. Des 3 200 patients européens prévus au départ, il n’en reste plus que 700 français et un luxembourgeois, l’Espagne, l’Italie et l’Allemagne, se cachant derrière les bonnes vieilles procédures aussi abruptes qu’un Iceberg de 1912 dans les parages de Terre Neuve. 

Bref, le commandant de l’expédition, à savoir l’Inserm (après que le consortium REACTing ait pris une embarcation de sauvetage) doit    rectifier ses plans de navigation, deux mois après l’annonce de cette étude insubmersible sensée lever le doute dans un Océan de querelles scientifiques et de controverses politico-médicales  au sujet d’un navire isolé qui est parvenu à sauver des vies humaines sans double coque et sans respect des normes. L’Organisation Maritime Internationale (OMI), invitée à se prononcer, insiste sur la réglementation, ligne de démarcation entre la science et le charlatanisme.

En clair, l’étude Discovery se dirige vers un  fiasco après avoir englouti 15 millions d’euros du contribuable français. La réalité qui dicte l’urgence et la prise du risque a eu raison à priori sur l’establishment attaché au respect des normes et des privilèges rattachés, dont la garantie de dividendes sur le dos du contribuable, bailleur aveugle des recherches, et du patient français, appelé gentiment à prendre son covid-19 en patience le temps de lui trouver une solution luxueuse comme le Titanic.

Pour rappel, en France, plus de 700 patients atteints de forme grave du Covid-19 ont été intégrés aux essais cliniques. Pas loin, donc, de l’objectif final de 800 patients. C’est à l’échelle européenne que les choses se compliquent. Car l’étude devait porter sur 3200 malades soignés dans différents pays partenaires. Hormis le Luxembourg, aucun pays n’a répondu présent.

Les essais Discovery doivent tester quatre traitements : l’hydroxychloroquine, donc, mais aussi le remdesivir, développé contre le virus Ebola, le Kaletra et enfin l’association du Kaletra et de l’interféron bêta-1a, une protéine qui agit notamment sur la sclérose en plaques.  Les malades intégrés à l’étude doivent donc être séparés en quatre groupes, auxquels il faut ajouter un groupe de contrôle, traité sans médicament, de manière classique avec de l’oxygène. « 740 patients vont être insuffisants, a priori, […] pour pouvoir montrer une différence significative entre ces différents bras de traitement », calculait vendredi Olivier Bouchaud, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Avicenne (Seine-Saint-Denis), sur BFM TV. 

1 COMMENTAIRE

  1. Excellent article! Ajoutons que, malheureusement et entretemps, la France continue à enregistrer l’un des taux de décès les plus élevés au Monde.

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