Assurance: le CRCA se réunit à Dakar sous fond d’interrogations du marché

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Le président de la CRCA, Bédi Gnagne, aux côtés de Issofa Nchare, secrétaire général de la CIMA.

La Commission régionale de contrôle des Assurances (CRCA) démarre sa 96ème session ordinaire, lundi 28 octobre à Dakar, capitale du Sénégal. Basé à Libreville, l’organe de contrôle de la zone de la Conférence interafricaine du marché des assurances (CIMA) va faire l’évaluation du passage du capital minimum de 1 à 3 milliards de Franc CFA. Un processus qui a fait couler beaucoup d’encre et poussé les compagnies d’assurance à procéder à des ajustements technico-financiers ainsi qu’à de coûteuses augmentations de capital discutables sur le fond.

A l’arrivée, ces augmentations de capital décidées au forceps ont plutôt profité aux banques puisque l’argent injecté est pour l’essentiel placé en DAT. Plutôt que de pousser les acteurs à des augmentations de capital qui viendront proportionnellement dégrader les ratios de performance du capital investi (le fameux ROE qui constitue la boussole de l’actionnaire) à croissance constante, le régulateur n’aurait-il pas dû procéder au cas par cas en sanctionnant les compagnies qui ne paieraient pas de sinistres? Le débat fait rage et devrait certainement dominer l’ordre du jour lors du Forum des Marchés prévus le 8 novembre prochain à Douala (Cameroun) ou encore lors des assemblées générales de la FANAF prévues en février 2020 à Libreville (Gabon).

En effet, au delà des bonnes intentions du régulateur, qui a à coeur de protéger l’assuré et de consolider un marché qui compte près de 185 acteurs (pour moins de 2 milliards de dollars de primes), la mesure semble plutôt réduire l’attractivité de la région en poussant les multinationales (cas d’Allianz) à réduire la voilure ou encore (cas de Sanlam) à s’interroger sur la qualité de leurs actifs rapportés à un capital en cours d’augmentation.

Retarder le passage à 5 milliards de Franc CFA?

Va-t-on passer comme prévu à 5 milliards de Franc CFA dès 2021 ou privilégier la prudence et la consolidation en repoussant ce délai de deux ou trois ans? La balle est entre Dakar, Douala et Libreville.

La Commission régionale de contrôle des Assurances (CRCA), présidée par l’ivoirien Bédi Gnagne, est l’organe de régulation et de supervision de la CIMA chargée de la surveillance des marchés, de l’examen des dossiers relatifs aux agréments et extensions d’agréments des sociétés d’assurances , de la réévaluations d’actifs immobiliers, des plans de financement ou de redressement des sociétés d’assurances, du suivi des injonctions des sociétés d’assurances et de réassurances , du suivi des sociétés sous administration provisoire, des sociétés en liquidation, des transferts de portefeuille, des rapports de contrôle sur place et des agréments des dirigeants des sociétés d’assurances.

La Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurances (CIMA), Organisation intégrée de l’industrie des assurances, regroupe les quatorze (14) pays francophones de l’Afrique Centrale et de l’Ouest suivants : Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Centrafrique, Congo, Côte d’Ivoire, Gabon, Guinée Bissau, Guinée Equatoriale, Mali, Niger, Sénégal, Tchad et Togo.

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