Le marché de la sécurité en Afrique: focus sur un eldorado en expansion

0
Arouna Nikiema, le patron de Burval se pose en alternative sur un marché ivoirien désormais ouvert à la concurrence.

L’augmentation ces dernières années de la valeur assurée des installations physiques, pétrochimiques et aéroportuaires, témoigne des enjeux du marché de la sécurité en Afrique. La tendance générale est à la diversification des acteurs qui couvrent à la fois la surveillance, le gardiennage, le transfert des fonds, des activités industrielles et la cyber-sécurité.

Au Maroc, Brink’s Maroc, filiale de Brink’s France, elle-même filiale du groupe américain Brink Inc, traduit le schéma de la sécurité privée au Maghreb. Les acteurs relèvent de grandes enseignes internatinales. Brinks Maroc partage le marché avec la société de gardiennage et de transport de fonds Group 4 Securicor (G4S), leader mondial en matière de sécurité.

En Afrique subsaharienne, les entreprises locales tiennent la dragée haute à la concurrence internationale. C’est le cas par exemple de Sagam International (Sénégal) de l’homme d’affaires Abderrahmane Ndiaye, qui a élargi ses activités en 30 ans du gardiennage vers l’assemblage des bus et les produits pétroliers. Cet homme d’affaires proche du banquier mauritanien Mohamed Ould Bouamatou a racheté à la mi-février 2019, en toute confidentialité, Senbus Industries et Elton Oil Company sans se départir de sa devise: la discrétion à toute épreuve. Aucun montant n’a été dévoilé lors de cette transaction majeure trés suivie dans la sous région.

Sagam a évolué à coup d’acquisitions, notamment en Côte d’Ivoire (Brinks West Africa devenu Codival), mais doit faire face à l’émergence de nouveaux acteurs. Ainsi, ce marché ivoirien connaît depuis 2016 la montée en force de Burval Corporate SA. La société fondée par l’homme d’affaires burkinabé Arouna Nikiema est devenue le plus grand réseau de transport de fonds dans la zone CEDEAO. Le leader de la sécurité fiduciaire met à la disposition de ses clients divers services dont des aéronefs équipés, des véhicules blindés, aux côtés de pilotage de flux financiers, de contrôle d’authenticité et de traitement de valeur. Aux côtés de ces métiers complexes de “l’économie réelle”, il y a ceux portant sur la cyber-sécurité et la surveillance informatique en général.

Anticipant sur l’expansion de ce segment, le japonais NEC XON et le Sénégalais La Colombe Groupe de Djiby Chimère GUEYE ont lancé fin 2018 l’un des tout premiers centres de cyber-securité au Sud du Sahara.

Loin de l’accompagnement des entreprises et des organisations, certaines entités font de la sécurité militaire (ou plutôt paramilitaire) qui va de la protection rapprochée au renseignement privé en passant par des actions anti-terroristes. Ces groupes quadrillent le Sahel, du Burkina Faso au Mali, en passant par le Niger et le Tchad et ont pour nom la Société nigérienne de Sécurité (SNS) du promoteur Yacine Diallo, mais aussi West Africa Security, G4S et Black Hawk.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here