Davantage d’encouragements pour la Mauritanie avec la publication de l’indice Doing Business

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Adrian Fielding est un consultant indépendant en stratégie axé sur le risque d’investissement et les affaires publiques en Afrique subsaharienne. Il conseille les investisseurs sur les risques politiques, réglementaires et de contrepartie sur le continent.

Par Adrian Fielding*

La Banque mondiale a publié le 24 octobre son indice annuel de la facilité de faire des affaires, connu sous le titre Doing Business, attribuant à la Mauritanie un score de 51.1/100, soit une amélioration de 1,7% sur l’année précédente. Cette annonce fait suite à une série de nouvelles positives, notamment le rapport du FMI en début octobre selon lequel le PIB devrait atteindre 6,9% cette année. Une fois que l’opération de refonte du système de comptabilité nationale en cours sera terminée, la Mauritanie pourrait même, d’après des sources à Nouakchott, sortir de la catégorie des Pays pauvres très endettés (PPTE), ce qui lui permettrait d’emprunter à des taux d’intérêts commerciaux plus bas à l’avenir.

Avec la visite d’une délégation d’affaires britannique en septembre, la place de premier plan du président Mohamed Ghazouani au sommet Russie-Afrique et l’excellent démarrage de la saison touristique, il semble bien que la Mauritanie fait la une de la presse pour toutes les bonnes raisons. Cela ne signifie pas que des améliorations ne doivent pas encore être apportées, évidemment. Alors que le score de Doing Business dépasse maintenant 50%, le pays n’occupe que la 152ème place sur 190, alors que ses voisins, le Sénégal et le Mali se placent respectivement à la 122ème et à la 148ème. Malgré toutes les difficultés qu’il a connues au cours des dernières années, le Burkina Faso, tout proche, est 151ème, devançant la Mauritanie d’une place.

Même si la majorité des hommes d’affaires considèrent que le rapport de la Banque mondiale ne reflète qu’imparfaitement la situation sur le terrain, ces scores donnent quand même un aperçu de la compétitivité de la Mauritanie par rapport à ses voisins et principaux concurrents. Le Burkina Faso et le Mali sont de grands producteurs d’or et apportent une offre très compétitive pour les investisseurs d’uranium, de manganèse et de phosphate aussi. La Mauritanie a du mal à faire face à la concurrence. De plus, des décès trop fréquents et regrettables dus à un manque de surveillance étatique de l’activité minière artisanale continuent de nuire à la réputation de l’industrie minière, en dépit des efforts de la société civile mauritanienne et ses partenaires internationaux, notamment l’agence de développement allemande GIZ, pour agir rapidement.

Du chemin à faire pour rattraper le voisin du sud

Sur le front du gaz naturel, la Mauritanie a du chemin à faire pour rattraper son voisin du sud. Bien que l’un des gisements les plus prometteurs au monde s’étende de la Mauritanie aux eaux sénégalaises, il semble pourtant que c’est le pays de la Téranga qui va tirer la part du lion de ses bénéfices en tant qu’infrastructures, formations, emplois et industries auxiliaires. La Mauritanie n’est qu’à 29 places derrière le Sénégal dans le classement de la Banque mondiale, et pourtant les compagnies pétrolières et gazières étrangères et les sociétés d’ingénierie multinationales choisissent sans hésitation Dakar quand elles doivent choisir une base d’opérations. Ceci s’explique d’une part par le contexte règlementaire favorable au Sénégal pendant la période décisive de 2014 à 2018.

Pendant cette période, l’offensive de charme du président Macky Sall et du COS-Petrogaz, l’organisme sénégalais créé en 2016 chargé de développer le secteur pétrolier et gazier, ont garanti les retombées des investissements étrangers ; leurs homologues à la présidence et au ministère du pétrole mauritanien ont été dépassés sur ce plan. D’autre part, les investisseurs étrangers évoquent généralement l’infrastructure (transport et électricité), la qualité de vie des expatriés (y compris des critères tels que l’éducation) et les relations gouvernementales (en particulier la corruption gouvernementale). La bonne nouvelle est que les deux premiers critères sont aujourd’hui en voie de résolution, avec l’annonce de nouveaux ports, ponts ou routes presque tous les mois, et un choix d’hôtels et de restaurants de première classe en Mauritanie qui croit rapidement.

Sur le troisième point, la corruption, on place de grands espoirs dans le président Ghazouani, qui semble peu à peu vouloir mettre en marche des réformes pertinentes – même si des éléments de l’ère Aziz demeurent en place. La Mauritanie dispose de tous les atouts nécessaires pour attirer les investisseurs étrangers et le changement politique récent est l’occasion pour elle de tourner une page et de se repositionner. Ce qui doit montrer au monde que la Mauritanie est ouverte aux affaires et veut éradiquer la corruption. Les investisseurs étrangers ont tendance à être facilement influençables et à nager avec le courant : une fois que la Mauritanie aura prouvé la solidité de ses réformes et aura ancré sa réputation en tant que pays accueillant aux investisseurs, la voie sera libre pour de nouveaux entrants.

A propos de l’auteur

Adrian Fielding est un consultant indépendant en stratégie axé sur le risque d’investissement et les affaires publiques en Afrique subsaharienne. Il conseille les investisseurs sur les risques politiques, réglementaires et de contrepartie sur le continent.

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