L’Afrique met au point de nouveaux outils pour renforcer la résilience face aux futurs chocs de sécheresse

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Les sécheresses ont longtemps décimé les communautés et les moyens de subsistance en Afrique. Cette année seulement, plus de 45 millions de personnes en Afrique, principalement en Afrique orientale et australe, souffrent d’insécurité alimentaire en raison de sécheresses prolongées.

Mohamed Beavogui, sous-secrétaire général des Nations Unions et Directeur général de l’Institution de la Mutuelle panafricaine de gestion des risques et Ibrahim Thiam, Secrétaire général adjoint et secrétaire exécutif de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification, brandissant des copies du Protocole d’accord.

L’Institution de la Mutuelle panafricaine de gestion des risques (ARC) et la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD) ont annoncé leur collaboration pour soutenir le développement d’outils financiers permettant à l’Afrique de s’adapter et de résister aux futures sécheresses et autres événements météorologiques extrêmes.

Le partenariat aidera les pays africains à gérer l’impact des événements météorologiques extrêmes, y compris la sécheresse. Il cherchera également à mobiliser les ressources du secteur privé par la mise au point de nouveaux instruments financiers susceptibles de fournir une protection d’assurance et d’autres financements permettant d’atténuer ces risques.

Cette annonce a été marquée par la signature d’un protocole d’accord par le Secrétaire exécutif de l’UNCCD, Ibrahim Thiam, et le Directeur général de l’ARC, Mohamed Beavogui, au cours d’un atelier technique de deux jours organisé les 22 et 23 octobre à Bonn, en Allemagne.

L’atelier examine les principes proposés et les travaux du Dispositif de lutte contre les conditions climatiques extrêmes (XCF) qui est un nouveau véhicule financier visant à puiser dans les ressources du marché des capitaux pour apporter un soutien financier aux pays touchés par des événements météorologiques extrêmes.

Les experts techniques réunis à l’occasion de la tenue de l’atelier explorent la robustesse des éléments centraux du dispositif XCF. Ceux-ci incluent les produits financiers et leur indice sous-jacent, des solutions alternatives viables basées sur le marché et les partenariats indispensables à la réalisation du produit et des objectifs.

Le processus pour le dispositif XCF a commencé en mars 2014 lorsque la Conférence des ministres des Finances de l’Union africaine a demandé à l’ARC, en vertu de la décision no. 927 (XLVII), lors de la septième réunion annuelle conjointe UA-CEA qui s’est tenue à Abuja, au Nigéria, de mettre en place un mécanisme de financement visant à renforcer la réaction des États membres face aux effets de la volatilité croissante du climat.

Le premier Rapport spécial sur le changement climatique et les terres publié il y a trois mois à peine par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), qui fait autorité, avertit que les sécheresses pourraient augmenter en fréquence et en intensité dans une grande partie de l’Afrique.

«Le message est clair. Nous assisterons à un nombre croissant de sécheresses d’une gravité sans précédent, exacerbées par le changement climatique. Aucun pays ou région, riche ou pauvre, n’est à l’abri des aléas de la sécheresse. Le dispositif XCF dirigé par l’ARC deviendra un outil important pour aider les pays africains à faire face efficacement aux impacts de la sécheresse », a déclaré Ibrahim Thiaw au cours de la cérémonie.

 «Actuellement, dans le cadre de l’Initiative sur la sécheresse, la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification aide 35 des 57 pays africains à créer les mécanismes dont ils ont besoin pour prendre des mesures rapides pour éviter les catastrophes dues à la sécheresse. Aujourd’hui, l’Afrique intensifie ses actions préventives en tant que front unifié contre les futures catastrophes induites par la sécheresse et le climat dans la région », a ajouté M. Thiaw.

 «Réduire les effets de la sécheresse et d’autres catastrophes naturelles en aidant les États Membres à améliorer leur résilience au changement climatique grâce à des instruments novateurs d’atténuation et de financement des risques est au cœur de notre mandat », a déclaré le sous-secrétaire général des Nations Unions, M. Beavogui.

«L’accord signé aujourd’hui avec l’UNCCD créera une synergie fonctionnelle dans nos efforts pour aider les pays à mieux comprendre leurs profils de risque, à améliorer leurs connaissances et à renforcer leurs capacités en matière d’adaptation au changement climatique et de sécurité alimentaire », a conclu M. Beavogui.

Le XCF, tel que conçu actuellement, dispose d’un programme en trois points, à savoir : accéder au financement du secteur privé, encourager les meilleures pratiques en matière de politique publique et intégrer la climatologie à ses fonctions.

Déclarations supplémentaires à propos du XCF

Mohamed Beavogui, sous-secrétaire général des Nations Unions et Directeur général de l’Institution de l’ARC a annoncé que «Depuis le lancement du programme XCF en 2014, il s’agit du premier Forum d’examen technique dans lequel le cadre global est examiné et passé en revue dans son intégralité. Notre principe directeur depuis la création de l’ARC est de mettre en question nos concepts en soumettant nos modèles à l’examen des meilleurs experts disponibles dans ce domaine. Nous l’avons fait avec notre outil de gestion de la sécheresse, le logiciel Africa RiskView, qui reste le meilleur de sa catégorie à ce jour pour l’Afrique. Nous sommes reconnaissants à tous nos partenaires et aux experts du secteur qui nous ont rejoints dans ce processus. »

«La Banque mondiale aide les pays à prendre des mesures d’adaptation au climat et s’engage à travailler avec eux pour renforcer la résilience financière face aux chocs climatiques et aux catastrophes », a déclaré M. Miguel Navarro-Martin, responsable des produits bancaires au département de la Trésorerie de la Banque mondiale. «Notre objectif est d’aider les pays à protéger leurs comptes budgétaires contre les risques externes. Le concept du dispositif XCF développé par l’ARC offre aux pays africains la possibilité d’accéder à des solutions financières pour gérer les risques de catastrophe et de financer un portefeuille d’investissements résilients au changement climatique », a-t-il ajouté.

Dr Astrid Zwick, responsable du secrétariat du programme InsuResilience, a félicité l’ARC et l’UNCCD de cette initiative en ces termes : «Notre collaboration avec les pays a pour objectif essentiel d’assurer une réponse plus rapide et plus fiable après les catastrophes. La préparation et la disponibilité à travers l’utilisation de solutions d’assurance et de financement des risques de catastrophes climatiques en sont des éléments clés. Le dispositif XCF promet d’être un instrument susceptible de compléter les efforts en cours dans les pays pour prévenir, minimiser et gérer les risques de catastrophe climatique en renforçant la capacité d’adaptation et la résilience au niveau local. Nous sommes heureux de faire partie de ce processus. »

Déclarations concernant le Protocole d’accord

Le sous-secrétaire général des Nations Unions et Directeur général de l’ARC, Mohamed Beavogui, a fait remarquer que «Le mandat de la Convention sur la lutte contre la désertification fait écho à la mission de l’ARC. Réduire les effets de la sécheresse et d’autres catastrophes naturelles en aidant les États Membres à améliorer leur résilience au changement climatique grâce à des instruments novateurs d’atténuation et de financement des risques est au cœur de notre mandat. L’accord créera une synergie fonctionnelle dans nos efforts pour aider les pays à mieux comprendre leurs profils de risque, à améliorer leurs connaissances et à renforcer leurs capacités en matière d’adaptation au changement climatique et de sécurité alimentaire. »

Le Secrétaire exécutif, Ibrahim Thiaw, a déclaré : «Ce jour marque le début d’un front unifié contre la sécheresse et les catastrophes provoquées par le climat dans la région africaine. Nous gérons actuellement des programmes étroitement liés à l’adaptation au changement climatique et aux risques de catastrophes naturelles, y compris l’Initiative sur la sécheresse. Nos principaux objectifs consistent à soutenir l’établissement et la mise en œuvre de plans nationaux de lutte contre la sécheresse et à mobiliser des instruments financiers innovants pour mieux atténuer les risques de situations climatiques extrêmes. »

À propos de la Mutuelle panafricaine de gestion des risques :

L’Institution de l’ARC dirige le groupe ARC, une institution de financement du développement qui fournit des outils financiers et l’infrastructure nécessaire pour aider les pays à gérer les risques de catastrophes naturelles et à s’adapter au changement climatique. L’Institution compte actuellement 34 États membres de l’Union africaine (UA) et est supervisée par un Conseil d’administration au niveau ministériel élu par la Conférence des Parties. La Mutuelle panafricaine de gestion des risques est un modèle produit localement, innovant et rentable qui prouve qu’il est en mesure d’aider les États Membres à renforcer leurs capacités à mieux planifier, se préparer et faire face aux phénomènes météorologiques extrêmes et aux catastrophes naturelles, assurant ainsi la sécurité alimentaire de leurs populations. Depuis 2014, les États membres ont signé 32 contrats d’assurance représentant 73 millions USD de primes versées pour une couverture d’assurance cumulée de 553 millions USD en vue de la protection de 55 millions de personnes vulnérables dans les pays participants.

À propos de l’UNCCD :

La Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD) est un accord international sur la gestion saine des terres. Il aide les populations, les communautés et les pays à créer de la richesse, à faire croître les économies et à garantir suffisamment de nourriture, d’eau et d’énergie, en garantissant aux utilisateurs des terres un environnement propice à une gestion durable des terres. Dans le cadre de partenariats, les 197 Parties à la Convention ont mis en place des systèmes robustes pour une gestion rapide et efficace de la sécheresse. Une bonne gestion des terres fondée sur une politique et des données scientifiques solides aide à intégrer et à accélérer la réalisation des objectifs de développement durable, à renforcer la résilience au changement climatique et à prévenir la perte de biodiversité.

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