Présentation et interview de Massaer Cissé, Lekela Power

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Le Sénégal privilégie le développement des énergies renouvelables conformément à son objectif d’accès universel à l’électricité d’ici 2025. Portée par le Président Macky Sall, l’augmentation de la production d’énergie renouvelable est désormais au cœur de la stratégie énergétique du pays.

Le Sénégal jouit d’un grand potentiel en matière d’énergie solaire et éolienne avec l’introduction de l’énergie photovoltaïque, parallèlement à des projets d’énergie éolienne déjà en place pour faciliter l’électrification rurale.

Le Sénégal s’est toujours appuyé sur l’importation de carburants liquides pour ses raffineries et ses centrales électriques alimentées au diesel, mais compte tenu des récentes découvertes de pétrole et de gaz, ce pays pourrait devenir un exportateur de pétrole dans un avenir proche.

Mis à l’honneur de l’édition 2019 d’Africa Oil & Power (AOP 2019) qui se tiendra au Cap, du 9 au 11 octobre, le Sénégal y lancera l’octroi de ses licences pour la production de pétrole et de gaz.
Massaer Cissé, Directeur général pour le Sénégal de Lekela Power, entreprise de production d’énergie renouvelable, pense que le pays est sur la bonne voie pour atteindre l’objectif de 25% d’énergies renouvelables dans son bouquet énergétique d’ici 2030. Il fait part de son point de vue sur les futurs besoins de l’Afrique en matière d’énergie.


L’Afrique doit construire des infrastructures énergétiques pour répondre à ses besoins actuels et futurs. Les débats sont concentrés sur les énergies traditionnelles – à savoir le charbon et le gaz – mais les énergies alternatives ont toute leur place dans le bouquet énergétique. La participation des producteurs d’énergies alternatives aux discussions lors d’événements comme AOP 2019 est-elle primordiale?


Il est très important que les débats consacrés aux besoins énergétiques de l’Afrique examinent les sources d’énergies renouvelables et celles des énergies traditionnelles, et c’est une bonne chose qu’AOP ait adopté cette démarche. Cependant, les connaissances et une compréhension accrues des énergies renouvelables dans l’ensemble du secteur énergétique lui permettront de réaliser son potentiel. Nous nous concentrons sur les énergies renouvelables car nous pensons qu’elles peuvent contribuer à rapidement offrir des énergies propres dans le réseau, tout en limitant la dépendance à l’égard des combustibles fossiles qui sont importés et plus onéreux.


Si l’on fait un bilan à l’échelle du continent, les énergies alternatives sont-elles la meilleure option? Et pourquoi?

La qualité des sources d’énergies renouvelables observée en Afrique montre que les perspectives de développement des énergies alternatives sont multiples à travers le continent. Notre portefeuille comprend des projets de plus de 1 300MW en Afrique du Sud, en Égypte, au Ghana et au Sénégal, et nous avons exploité ces débouchés dans ces pays en raison de l’abondance de ressources éoliennes de calibre mondial. En tant qu’entreprise, nous sommes toujours en quête de perspectives en matière d’énergies renouvelables.
 


Les énergies alternatives offrent des solutions plus rapides, moins chères et plus adaptables face aux défis énergétiques de l’Afrique. Comment facilitez-vous leur utilisation en Afrique? Quels sont les obstacles auxquels elles sont confrontées?


Tout marché présente ses difficultés, néanmoins, pour garantir son effacité, nous pensons qu’il est important d’être un opérateur sur le long terme et notre vision en est le reflet. Pour notre parc éolien du Sénégal, le Parc Eolien Taiba N’Diaye (PETN) dont la construction sera achevée en moins de deux ans, un accord a été signé afin que les turbines produisent de l’électricité pour le pays, pendant les 20 prochaines années. En outre, pour chacun des projets que nous mettons en place, notre action va au-delà des questions énergétiques, nous misons sur les communautés locales pour avoir un impact durable – il s’agit là d’un aspect essentiel de notre stratégie. Nous sommes fiers de dire que le PETN créera près de 400 emplois pendant la période de pointe de la construction. Et ce, parallèlement à un programme d’activités visant à améliorer l’éducation, développer les entreprises et l’environnement dans les communautés locales, y compris la création de marchés et de centres de TI pour les écoliers.
 


Lekela a plusieurs projets en Afrique. Au vu des enjeux de la conduite et du financement des projets en Afrique, pourquoi poursuivez-vous votre action sur le continent?


Nous sommes en train de créer une organisation qui produit des énergies propres de première qualité dans les pays africains. Notre vocation est de savoir relever les défis du financement, de l’élaboration et de la mise en œuvre de ces projets, car c’est la raison d’être de Lekela. Nous disposons d’une équipe dotée des compétences, de l’expérience recherchées, et des connaissances internationales et nationales pour mener à bien des projets d’énergies renouvelables en Afrique. En outre, nos projets ont suscité un grand enthousiasme de la part des autorités gouvernementales – au Sénégal, par exemple, l’objectif de 25% d’énergies renouvelables dans le bouquet énergétique a été fixé pour 2025, et il devrait semble-t-il, y parvenir plus tôt que prévu.

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