Zone CEMAC : le régulateur traque le blanchiment d’argent dans le secteur immobilier

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L’Autorité monétaire de l’Afrique centrale recherche un consultant en vue de mener des investigations sur un probable un réseau de blanchiment d’argent à travers le secteur immobilier.

Par Achille Mbog Pibasso

Le secteur immobilier constitue-t-il un risque pour le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme dans les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) ? La réponse à cette question n’y paraît pas aussi simple, tout au moins pour la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) qui trouve de réelles motivations d’y mener une enquête.

Dans cette perspective qui rentre en droite ligne du Projet de renforcement des capacités des institutions financières régionales (PRCIFR) de la CEMAC, la Banque centrale est à la recherche d’un consultant devant assurer la présidence du Groupe de travail de l’étude de typologies du Groupe d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique centrale (GABAC) sur les risques de blanchiment des capitaux inhérents au secteur de l’immobilier en Afrique centrale.

A en croire cette Institution d’émission monétaire, « l’investissement massif dans le secteur immobilier est susceptible de représenter une technique de blanchiment dont la finalité serait d’intégrer des fonds d’origine criminelle dans le circuit légal ». La BEAC qui dispose certainement d’un certain nombre d’indices sur le phénomène, a jugé de l’opportunité d’une mission d’évaluation des tendances de blanchiment des capitaux et des risques de financement du terrorisme, d’accompagnement des Etats dans la mitigation des phénomènes de criminalité financière.

Il en résulte que pour la Banque centrale « le GABAC puisse mener une étude sur les vulnérabilités au blanchiment d’argent liés au secteur de l’immobilier afin d’évaluer l’ampleur du phénomène, d’en identifier les acteurs et les modes opératoires, apprécier l’efficience du dispositif règlementaire, pour proposer les moyens d’éradication ».

La feuille de route dispose que le consultant devra assurer la conduite du travail de recherche dans les pays de la CEMAC avec l’appui du GABAC et des membres du Groupe de travail dédié. A la fin de sa mission qui ne devra pas excéder neuf mois, le consultant est tenu de produire un rapport basé sur une approche participative déroulée suivant plusieurs étapes. Il s’agit notamment de l’élaboration des questionnaires, la réalisation d’une étude comparative, la compilation des textes de lois en matière de LCB/FT, l’identification des filières réseaux, acteurs, méthodes et moyens opératoires mis en œuvre pour le blanchiment des capitaux dans le secteur de l’immobilier.

In fine, le consultant devrait entre autres, faire un rapport s’articulant autour d’une visibilité étendue de la situation des risques de blanchiment et le financement du terrorisme en Afrique Centrale inhérent au secteur de l’immobilier, des principales défaillances systémiques du secteur de l’immobilier ainsi que des dispositifs de contrôle des activités visant à contenir les risques relevés.

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