Arabie Saoudite: le monde des affaires boycotte le Davos du Désert

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La directrice du FMI, Christine Lagarde (à gauche), et le prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salman (au centre) .
Suite au scandale planétaire de l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi dans les locaux du consulat saoudien d’Istanbul, le monde des affaires exprime son indignation et gèle sa participation au »Future Investment Initiative » (FII), surnommé le Davos du Désert,  prévu du 23 au 25 octobre à Riyad.

Après le  président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, qui a annoncé dès  vendredi dernier qu’il n’irait pas à Ryad, la  directrice générale du FMI, Christine Lagarde,  qui annonce le gel de sa participation au «Davos du Désert », c’est au tour de Tidiane Thiam, patron du Crédit Suisse,  de tourner le dos à ce show.
La liste des annulations est longue et va de James Dimon, directeur général de JP Morgan, à  Dara Khosrowshahi, qui dirige Uber, en passant par Richard Branson, le fondateur de Virgin. Ce dernier a d’ailleurs également décidé de geler certains projets en Arabie saoudite.
Autres personnalités qui ont renoncé au Davos du Désert,  les patrons de BlackRock, Blackstone, la fondatrice du Huffington Post, Arianna Huffington, et le président de Ford. Les  représentants de Google (groupe Alphabet), Ford et de la banque HSBC ont rejoint la cohorte des annulations.
Des médias de premier plan, le Financial Times, le New York Times, The Economist, Bloomberg et CNN, se sont aussi retirés.
En France, Jean Lemierre, président de BNP Paribas  et  Frédéric Oudéa, le DG de Société Générale, ont également annulé leur déplacement en Arabie Saoudite.
De simple fait divers au départ, l’affaire du journaliste Jamal Kashoggi est devenu un dossier clé dans les relations internationales. Le journaliste et dissident saoudien  n’avait été plus revu depuis qu’il a franchit le consulat de l’Arabie Saoudie à Istambul, le 2 octobre 2018.  La presse turc qui posséderait des enregistrements audios rapporte que le journaliste a été torturé et démembré vivant par un commando comprenant notamment un médecin légiste.   Les réactions de l’Occident vont de l’indignation à la prudence.
Le président américain, Donald Trump, qui s’était montré très menaçant dimanche dernier, a mis de l’eau dans son vin, déclarant à plusieurs reprises que le roi et le prince héritier ne sont au courant de rien.  La France reste dans la même nuance même si son ministre des Finances, Bruno Le Maire, a annoncé qu’il n’irait pas à Riyad.  « Il y a des faits qui sont graves, toute la lumière doit être faite et donc je ne me rendrai pas à Ryad la semaine prochaine », a-t-il dit en précisant que cette décision « ne remet pas en cause (le) partenariat stratégique entre la France et l’Arabie saoudite ».

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