Cameroun- Nexttel : mais que cherche Baba Ahmadou Danpullo ?

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Ahmadou Danpullo, ici en boubou, aux côtés de Paul et Chantal Biya.

La guerre froide fait rage entre les actionnaires de Viettel Cameroun S.A. La joint venture contrôlée par la vietnamienne Viettel Global Investment Company à hauteur de 70% et par BestCam du promoteur Baba Ahmadou Danpullo à 30% traverse une crise rampante.

 La cause du malaise, l’intention prêtée à l’influent milliardaire camerounais de vouloir prendre le contrôle de la compagnie exploitant la marque Nexttel par des manœuvres administratives et judiciaires. Ahmadou Danpullo réclame à ses partenaires 98 milliards de FCFA correspondants à ce qu’il aurait dépensé en procédures et divers pour l’attribution des licences 2G et 3G à Viettel. La requête a été envoyée aux vietnamiens via l’ambassade de Vietnam en Chine et au Nigeria.

La partie vietnamienne qui déplore des «réclamations fantaisistes» dit avoir réalisé le gros des investissements. « En effet, jusqu’au 31 Décembre 2017, Viettel Global Investment S.A., a investi avec succès FCFA 201 milliards (305 millions d’euros ) dans sa filiale camerounaise sous forme de capital d’investissement (capital-actions, prêts aux actionnaires) et d’autres types de supports commerciaux».

OPA rampante 

Déjà, la naissance de la joint venture en décembre 2012 avait donné lieu à un long bras de fer sur la répartition des parts et le management de la compagnie. Quelques mois, après le démarrage de la société, l’ancien directeur général de  Viettel, Vu Khanh Duy, se voyait une cible d’une campagne de presse féroce. En 2015,  des vietnamiens, employés de la compagnie, son expulsés ou privés de permis de travail. En septembre 2018, les partenaires vietnamiens avaient adressé une lettre au président camerounais Paul Biya. 

Dans cette correspondance dont Financial Afrik a copie,  Viettel Global dénonce les manœuvres de son «partenaire local utilisant les services de l’Etat qui s’y prêtent fort curieusement, pour contourner les règles normales de gestion d’entreprises dans le seul but de faire main basse sur notre investissement».

A noter qu’en août dernier, un tribunal camerounais (Bonanjo Douala) a accordé le pouvoir de signature, en entorse aux dispositions de l’OHADA, au PCA (c’est à dire à Ahmadou Danpullo) concurremment aux DG et DG-Adjoint.

Tout récemment, l’actuel directeur général de la compagnie et représentant légal de Viettel Global Investment S.A, DO Manh Hung, s’est fendu d’un long communiqué (le 1er octobre 2018) pour dénoncer «des informations mensongères actuellement diffusées sur le groupe et sa coentreprise basée au Cameroun.»

Et de poursuivre  : « Parmi les 1 000 employés travaillant chez Viettel Cameroun S.A., les Camerounais représentent 94% de l’effectif et l’équipe dirigeante est composée à 85% de Camerounais».

Ni Amadou Danpullo, PCA de Viettel Cameroun SA, encore moins Moïse Bayi, n’étaient joignables en dépit de plusieurs relances de notre rédaction.

Pour rappel, le parc d’abonnés de l’opérateur a atteint 4,5  millions de clients courant 2018, se rapprochant du duo Orange et MTN, leader du marché. Un succès commercial qui attise bien des appétits au risque de noircir le climat des affaires au Cameroun. 

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