Mariage Sanlam-Saham: un Big Bang financier très politique

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Principal sujet du mensuel Financial Afrik du mois de mars, le rachat à 100% de Saham Finance par Sanlam pour un montant évalué à 1,05 milliard de dollars continue d’alimenter les chroniques.

 

Le mariage annoncé le 7 mars dernier s’est déroulé en trois phases pour donner naissance au premier conglomérat africain dans le domaine de l’assurance.

Sanlam avait d’abord acquis 30% du capital de Saham Finances en 2016, puis 16,6% en 2017, et 53,4% en 2018 pour atteindre 100% du capital de l’assureur marocain. En tout, il a décaissé près de 1,7 milliard de dollars.

Un montant à la portée d’un groupe qui affichait chiffre d’affaires estimé à 19,3 milliards de dollars, soit 20 fois celui de Saham.

Saham compte 35 compagnies dans 26 pays, grâce entre autres à l’acquisition du réseau Colina. « Non seulement c’est la plus grosse acquisition du groupe Sanlam depuis sa création, mais ce sera aussi la plus grosse transaction non-bancaire en Afrique. Cette transaction appuie la stratégie de Sanlam de se doter d’un positionnement unique sur le continent comme un véritable groupe panafricain de services financier non-bancaire.», a fait savoir Ian Kirk, le PDG de Sanlam dans un entretien à l’hebdomadaire marocain TelQuel.

Les négociations ont duré plusieurs mois, butant notamment sur la valorisation. Peu de personnes ont été mises au courant (voir Financial Afrik 47). Côte marocain, c’est le cabinet Naciri & associés Allen & Overy est qui a travaillé sur la cession.

Au delà de la transaction financière, cette alliance capitalistique soumise à l’approbation des régulateurs illustre le dégel politique entre l’Afrique du Sud et le Maroc. Sanlam a pour principal actionnaire Patrice Motsepe, beau frère du nouveau président sud-africain, Cyril Ramaphosa.

Quant à Saham, elle appartient à Moulay Hafid Elalamy, ministre marocain de l’Industrie, l’homme en charge de la candidature marocaine pour le mondial 2026. L’approbation attendue de la transaction sera une preuve d’ouverture de la part des autorités marocaines dans leur politique africaine.

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