BRVM: quand les filiales de BMCE Bank Of Africa font monter la mousse

11

BOA Côte d’Ivoire, BOA Sénégal ,  BOA Burkina Faso , BOA Bénin et BOA Niger  ont ou sont  en train d’ augmenter leurs  capitaux sociaux  par incorporation de primes d’ émissions, report à nouveau et émission d’actions gratuites.  A l’arrivée, le capital social de chacune des entités considérées aura augmenté voire  doublé dans certains cas. 

L’objectif  du groupe BOA est de conforter les capitaux sociaux de ses filiales pour  anticiper sur les  évolutions réglementaires. Seul hic, à l’arrivée, il n’y a pas eu d’injection de fonds. Pas 1 seul franc réel d’investi  dans ces différentes augmentations. 

Un exemple, le capital social de BOA Bénin va  bien passer de 10 milliards de FCFA  à 20 milliards par incorporation d’un montant de 10,072 milliards FCFA prélevé sur le poste «Primes d’émission » et la création d’environ 1,7 million actions nouvelles d’une valeur de 10 000 FCFA chacune, attribués gratuitement aux actionnaires à raison d’une action nouvelle pour une ancienne.  Mais, à l’arrivée, rien ne s’est créée, rien n’a disparu, tout s’est transformé selon la formule de Lavoisier.

En clair, il n y a pas eu création de richesses mais promesse -en l’air depuis quelques mois- puis  émission d’actions nouvelles. Le marché à l’affût d’opportunités a répondu massivement présent, l’oeil rivé sur les dates de fermeture des registres.

Mais plus qu’un simple jeu d’écritures consistant à gérer la frustration de l’ancien actionnaire privé de son dividende par la donation d’une action gratuite,  ces opérations sont  plutôt , observe un analyste, des moyens de  consolidation des acquis et de la valorisation des résultats constitués sur plusieurs exercices. Du reste, les observateurs  sont unanimes. Ce sont là de belles opportunités de placement dans un marché atone.   Dans de  telles opérations, il y  a un schéma classique : les bulles se constituent jusqu’à la date de fermeture des registre puis se dégonflent.

L’on remarquera d’ailleurs que BOA Bénin a vu son cours se déprécier de 50% entre le lundi  19 et le mardi  20 juin.  L’action  est passée  de 210 000 à 155 000 FCFA. De son côté, Bank Of Africa Côte d’Ivoire a perdu 50% le 21 juin pour se stabiliser à 88 OOO FCFA. Ce différentiel intègre la variation du cours suite à l’attribution du droit d’attribution. Bank Of Africa Niger a abandonné  16% à 66 150 FCFA.

Bank Of Africa Sénégal devra suivre.    Le  titre de la sénégalaise, en augmentation de 55% depuis le début de l’année, est porté par des résultats plutôt bons.   Avec un PNB  établi à 5,7 milliards à la fin du premier trimestre 2017, en hausse de 28%  par rapport à la même période de l’année dernière, la filiale sénégalaise de BOA est l’antithèse parfaite de sa consoeur malienne, BOA Mali, dont le titre est passé de la plage des 61 000 FCFA  à celle des 41 000 FCFA  le temps d’un automne,  sans explication rationnelle.

11 Commentaires

  1. Cet article de M. ADAMA WADE est de très bas niveau. Non seulement il ne maîtrise pas le mécanisme de la bourse et d’augmentation de capital mais aussi, il se perd dans ses assertions. D’abord, Il mentionne ici qu’il n’y a pas un seul franc investi. Bien au contraire, il y a investissement des fonds des réserves légales à hauteur du capital, fonds qui auraient pu être redistribués en dividendes. Aussi, l’augmentation de capital (par les réserves accumulées) n’a pas été mené sur le marché boursier ou par des obligations convertibles (comme le fait ECOBANK), pour ne pas diluer les gains des actionnaires, mais par les réserves accumulées des bénéfices précédents. De ce fait, chaque actionnaire s’est vu “récompensé” d’une action gratuite pour chacune de ses actions en sus du dividende perçu, ce qui maintient sa valorisation boursière. Enfin, l’article parle de la dépréciation de la valeur du cours de l’action (par exemple BOA BENIN qui a perdu 50%, NIGER 16%, etc…) sans vraiment comprendre. Je tiens à expliquer que lorsqu’il y a distribution d’actions gratuites, puisque la valorisation boursière de l’entreprise ne devrait pas changer, alors, le jour de la distribution, le cours de l’action est réduit AUTOMATIQUEMENT de façon proportionnelle aux actions distribuées par la BRVM (50% : 1 gratuite pour 1 avec BOA BENIN, ou 16% pour 3 actions gratuites pour 10 dans le cas du Niger). Le cours étant redevenu bas, les actionnaires pourront donc encore profiter de la remontée des cours. Rien à voir avec les dilutions d’actions menées par Ecobank qui est souvent “félicité” sur ce site (???), tant bien même que l’action soit passée de 260 F en octobre 2006 à 17 F aujourd’hui (23 Juin 2017) par de nombreuses dilutions. Bref, quand à l’action BOA MALI, l’AG d’augmentation de capital aura lieu cette fin de mois avec en bonus une distribution d’actions gratuites en sus des perçus précédemment, financés par les réserves accumulées grâce aux bénéfices des années antérieures. J’espère avoir été le plus simple et le plus clair possible pour les novices.
    Cordialement

    • Cher Georges Hermann
      Adama Wade maintient: dans ces différentes opérations, il n’y a pas eu d’injection de fonds propres mais conversion de réserves accumulées en capital social. Donc, augmentation de capital social mais pas augmentation de fonds propres. Pas 1 seul franc d’injecté. Est-ce que l’ancien actionnaire est vraiment récompensé? C”est votre opinion de partie liée sans doute à l’affaire. Le marché en sera juge. Nous vous invitons au décompte à la fin de l’année. L’article indique bien que la baisse de 50% correspond au détachement du droit d’attribution. Ne vous en déplaise, on se souvient pas d’avoir encensé Ecobank pour ses émissions d’obligations convertibles en actions. Pour en revenir à la BOA, il y a encore beaucoup à dire. Vos commentaires en mode pseudo ou à visage découvert sont les bienvenus.

      La rédaction

  2. @Hermann.
    J’aimerais savoir en quoi l’operation financiaire a laquelle les filiales de BMCE se sont adonnees est elle differente d’un fractionnement?
    Certes, le capital social de la compagnie s’est augmente par des reserves passees, mais l’investisseur n’a eu aucune retombee de cette augmentation de capital. L’action gratuite distribuee a ete annuillee par la scission de celle-ci en bourse. J’aimerais savoir ou est Reellement l’action dite GRATUITE!- (Si ce n’est que du PIPO !!!)
    Merci

  3. @Manno, je peux encore publier.
    Réponse à ta question :
    Certes la distribution d’actions gratuites (1 pour 1) a entraîné la réduction de 50% du prix en bourse (Benin, CI, BF, Senegal) dû au détachement du droit d’attribution (En effet, la valorisation boursière de l’entreprise change pas changer suite à l’opération).
    L’opération de distribution d’actions gratuites est différente du fractionnement dans la mesure où chaque actionnaire disposant de x actions aura maintenant 2 fois x actions. Exemple, s’il avait 100 actions de nominal 10 000 F, il aura 200 actions de nominal 10 000 F. De ce fait, son dividende sera doublé. S’il avait un dividende de 7 000F par action, étant donné que son volume (nombre) d’actions aura doublé, son revenu tiré des dividendes aura aussi doublé. Maintenant, reste à l’entreprise de maintenir un niveau de dividende par action intéressant. Dans le cas du fractionnement, la nominal est aussi divisé, et par conséquent la valeur du dividende aussi très généralement.
    Maintenant , pour celui qui spécule sur la variation des cours de l’action à court terme, alors là est un autre débat, c’est de la spéculation.
    En fonction des résultats, les cours pourront donc remonter ou varier.

  4. Cher Monsieur (La rédaction), (commentaire modifié légèrement)
    Très heureux de vous avoir lu. Je vais donc étendre mes assertions un peu plus profondément. Comme vous le mentionnez une seconde fois, selon vous, pas un seul franc injecté. Là est votre opinion. Mais je tiens à vous signaler que les réserves et bénéfices antérieurs accumulés (reports sur exercice, etc…) pouvaient être distribués en dividendes aux actionnaires et ensuite à la banque de faire un NOUVEL APPEL A FOND SUR LE MARCHE BOURSIER POUR UNE AUGMENTATION DE CAPITAL. Cela aurait été non seulement plus fastidieux mais aurait pu entrainer une dilution du capital des actionnaires. La distribution d’actions gratuites en sus des dividendes perçus, est donc une approche plus intéressante. De ce fait l’actionnaire est récompensé, et c’est ce qui a poussé le cours de la BOA BENIN passant de 140 000 F à 220 000 F soit 22 fois la valeur nominale. Quant à la baisse selon vous de 50% de BOA CI et BOA BENIN, il faut repréciser que cela est le mécanisme AUTOMATIQUE de la BRVM en cas de distribution d’actions gratuites. Je vous rappelle que c’est un fonctionnement un peu similaire au mécanisme de fractionnement. Une action d’une société XXX par exemple, fractionnée en bourse en 10 actions verra son cours divisé par 10. Exemple si l’action de XXX coute 40 000F en bourse (avec la nominale à 10 000 F), lors du fractionnement du nominal en 10 (passant de 10 000 F à 1 000F), alors le cours de l’action XXX passe aussi de 40 000 F à 4 000 F. CELA NE SIGNIFIE NULLEMENT QUE LE COURS DE L’ACTION XXX A PERDU 90 % DE SA VALEUR en une seule journée. Seulement L’OPERATION DE FRACTIONNEMENT A AJUSTE le cours selon le mécanisme. C’est bien pareil pour BOA BENIN, BOA CI, BOABF, etc… Donc dire que BOA CI s’est déprécié et a perdu 50% de sa valeur est une aberration. Direz-vous que L’ACTION XXX fractionnée en 10 passant de 40 000F à 4 000 F AURA PERDU 90% DE SA VALEUR en une journée? Eh ben NON. D’ailleurs, la BRVM n’autorise pas une variation de l’action de plus de 7.5% en une journée. Varier de 8% est donc impossible en une journée.
    Pour finir, vous dites que pour BOA, il y a encore beaucoup à dire. Certes oui, mais pour le moment on retient que BOA BENIN a un bénéfice après impôt 2016 de 16.5 milliards pour un capital de 10 milliards, BOA CI un bénéfice 2016 de 9 milliards, BOA MALI un bénéfice 2016 de 9 milliards, etc… et cela les actionnaires le voient à travers leurs dividendes.

    • Bonsoir monsieur Hermann,
      Merci pour vos commentaires légèrement modifiés.
      -Concernant l’assertion, “Pas 1 franc d’injecté”, je le maintiens plus que jamais. Au finish, la banque a augmenté son capital social par incorporation de réserves. Il y a eu émission de nouvelles actions et baisse du nominal. Je ne crois pas non plus que les actionnaires soient particulièrement heureux. L’évolution du BPA (bénéfice par action) d’ici la fin de l’année, comparée à l’exercice précédent, nous servira d’indicateur à notre débat qui peut se poursuivre dans les règles de l’art.

      -Tout à fait d’accord sur le mécanisme de baisse suite au droit d’attribution. Dans notre article, nous avions bien évidemment relevé l’effet du mécanisme du droit d’attribution. Revoici la partie: “L’on remarquera d’ailleurs que BOA Bénin a vu son cours se déprécier de 50% entre le lundi 19 et le mardi 20 juin. L’action est passée de 210 000 à 155 000 FCFA. De son côté, Bank Of Africa Côte d’Ivoire a perdu 50% le 21 juin pour se stabiliser à 88 OOO FCFA. Ce différentiel intègre la variation du cours suite à l’attribution du droit d’attribution”. Revoici le lien de l’article complet: https://www.financialafrik.com/2017/06/22/brvm-quand-les-filiales-de-bmce-bank-of-africa-font-monter-la-mousse/#.WVlUVCPhBsY.

  5. @Hermann.
    Merci pour vos explications.Je prends note. Cependant, J’aimerais savoir selon vos explications si la distribution des dividendes a la fin des exercices est fonction du benefice obtenu au cours de l’exercice ou du capital social de la compagnie.

  6. @La redaction et @Manno
    Vous (La Redaction) continuez d’affirmer ceci : « Il y a eu émission de nouvelles actions et baisse du nominal ». Eh bien, le nominal de ces banques (BOA BF, BOA BENIN, SENEGAL, etc…) est bel est resté à 10 000 F CFA. Il (le nominal) ne sera modifié que lors du prochain fractionnement au 2e semestre 2017.
    Aussi, L’évolution du BPA (bénéfice par action) d’ici la fin de l’année, comparée à l’exercice précédent, sera certes environ deux fois moindre vu le doublement du capital (Senegal, Mali, BF, CI) avec certainement une légère évolution du bénéfice Global (confère résultats trimestre 1). Cependant, la valeur du dividende distribué par action DPA pourra être presque stable dans certains cas (disons MALI, SENEGAL ), avec de légères baisses de dividende par action DPA je pense dans quelques cas (BENIN, CI) : je m’explique.
    D’abord, Je pense que dans le 1er cas du MALI, même malgré une augmentation de capital, le prochain dividende pour moi ne sera pas inférieur à celui de ce dernier exercice (2790F). Ceci car avec un bénéfice net de plus de 9.5 milliards de F CFA, seulement 3 milliards ont été alloués aux dividendes (en raison de l’allocation de ce report pour la distribution d’actions gratuites à affectuer). De ce fait même avec le même bénéfice l’an prochain, le montant total alloué aux dividendes pourra monter « peut-être » jusqu’à 6 ou 7 milliards d’où une conservation du dividende par action malgré l’augmentation de capital. Au niveau du Benin, avec un bénéfice net de plus de 16 milliards, seulement 8 à 9 milliards ont été attribués aux dividendes. Ici, le dividende par action DPA de 8900F pourrait baisser un peu certainement mais sans grande descente car le montant alloué aux dividendes sera plus grand au prochain exercice et pourra donc compenser un tant soit peu l’augmentation de capital. Pareil pour BOA CI (qui a distribué 6 milliards de dividende sur près de 10 milliards de bénéfice net) et BOA Sénégal dont le dividende par action DPA grimpera même malgré l’augmentation de capital (seulement 1.5 milliards ont été alloués aux dividendes lors du dernier exercice). En allouant seulement 2 fois ce montant au prochain exercice (3 milliards environ), BOA senegal conservera déjà le même dividende par action DPA.
    Or le dividende par action étant très apprécié des marchés boursier (en sus de plusieurs autres paramètres tel que les reports sur exercices, les actifs circulants, etc…), il pourra donc influencer le cours des actions. Bon je ne serai pas long aujourd’hui.
    @Manno, La distribution des dividendes à la fin des exercices est fonction du bénéfice obtenu au cours de l’exercice et non du capital social de la compagnie. Cependant, le capital influe sur le montant à distribuer par action (plus il y a de titres, plus le montant global à se « partager » se réduit).

  7. Georges Herman juste une petite erreur dans ton appréciation. Boa mali à distribué six milliards et nom tris milliards. En en effet boa mali à un nominal de 5000 par actions contrairement aux autres boa qui sont à 10 000 par action ( bien entendu avant les opérations de fractionnement en cours).
    Par ailleurs, je pense que les bénéfices de ces banques sera dilue par ces opérations de création d action. Sauf pour le senegal dont les bénéfices sont en forte augmentation.

  8. @Kone Habib,
    Merci pour la mise au point. Effectivement, j’ai fait une erreur. Désolé. BOA mali a distribué 6 milliards concernant l’exercice 2016 sur un bénéfice net de 9.5 milliards (nominal de 5 000 F). Le capital étant passé de 10 milliards à 15 milliards de F CFA (1 action gratuite pour 2 actions possédées), et les bénéfices de cette année 2017 étant constants, il y a une possibilité de maintenir le même niveau de dividende net malgré l’augmentation de capital (si BOA Mali réalise au moins le même bénéfice de 9.5 milliards comme l’an dernier). De ce fait les 2790 F distribués par action pourront être maintenus si le conseil d’administration le souhaite car le bénéfice étant largement capable de permettre de telles prouesses (à condition de distribuer 9 milliards aux dividendes). C’est pourquoi, j’ai dit précédemment que les deux BOA suivantes cad MALI et SENEGAL pourront maintenir si elles le veulent le même dividende malgré l’augmentation de capital, ce que ne seront pas capables de faire les autres BOA (benin, CI, BF, …) qui elles verront le dividende par action baisser.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here