« Toutes nos filiales sont rentables»

 

Patrick Mestrallet, administrateur directeur général d’Oragroup, est de ceux qui pensent qu’en Afrique comme ailleurs, «le métier de  banquier consiste à financer des entreprises performantes». C’est une vérité valable hier comme aujourd’hui, déclare-t-il  en insistant sur la culture de la clientèle et le goût du risque, deux traits qui font le banquier. Nous l’avons interviewé sur  la philosophie d’Oragroup. Interview parue dans Financial Afrik numéro 9. 

 

Comment se présente  aujourd’hui Oragroup ?
Oragroup est un groupe bancaire qui  a repris le réseau de l’ancien Financial   Bank en 2009 et opéré des acquisitions  importantes avec, notamment, un bloc  de contrôle dans l’ex Bacim Bank en  Mauritanie, la reprise de la Banque Togolaise de Développement (BTD)  en 2012 à travers un processus de  privatisation et, en septembre 2013,  la reprise du réseau de la Banque
Régionale de solidarité (BRS) sur la  base d’un appel à concurrence. Nos  douze filiales pays évoluent sous la  même marque (Orabank) avec les  mêmes ambitions d’être au plus près
de nos clients. Nous sommes présent  dans 4 zones monétaires différentes (UEMOA, CEMAC, Mauritanie  et Guinée). Notre ambition c’est  d’accompagner la clientèle des
particuliers avec un accent pour les  professionnels et les solutions dédiées  aux PME.

 

Quid du tour de table ?
Nous sommes un groupe bancaire  fort d’un capital de 69 milliards FCFA  détenus à 65% par le fonds ECP. Le  reste se repartit entre différents DFI  dont le français Proparco (10%), le
belge Bio et l’allemand DEG.  Nous comptons aussi parmi nos  actionnaires la Banque ouest africaine  de Développement (BOAD) et, depuis  fin 2013, le Fonds souverain gabonais
d’investissements stratégiques. Des  entreprises privées nous font aussi  confiance à l’instar des filiales AXA en  Afrique qui détiennent 10 à 15% de  notre capital dans une perspective de
placement.

Comment la reprise des BRS a-t-elle  été structurée?

Nous avons repris 51% du réseau de la BRS suite à un appel d’offres  international lancé par la BOAD  laquelle avait mandat de la Banque  centrale des États de l‘ Afrique de l’Ouest (BCEAO) et du conseil des  ministres de l’Union économique et  monétaire ouest-africaine. Depuis septembre 2013, après l’accord final de  la Commission Bancaire, Oragroup  détient effectivement 51% du capital  du groupe BRS présent dans les 8 pays  de l’UEMOA. Notre offre qui stipule  la restructuration du réseau et sa  transformation en un outil performant de financement de l’économie a  été acceptée à la fois par les anciens  actionnaires et par les organes de  tutelle. Nous avons posé un certain  nombre de conditions dont la reprise   effective en main, l’agrément unique  avec une structuration en holding et  succursales,l’identité visuelle commune etc.

 

Combien avez-vous investi finalement dans cette reprise ? 

Juste après la reprise de 51% du  capital des BRS, nous avons injecté  15 milliards de FCFA à la fin 2013. Nous allons encore injecter le même  montant au courant de cette année. En définitive, cette opération nous aura coûté 30 à 35 milliards de FCFA.

Compte tenu des exigences minimales de capital en termes de réglementation dans vos zones d’implémentation respectives,  quelles sont les prévisions d’injection  de fonds dans vos différentes filiales ?
Je dirai qu’en dehors des BRS qui  feront comme je l’ai dit l’objet d’une  injection de fonds de l’ordre de 15 à  20 milliards, toutes nos autres filiales  remplissent les conditions requises en
fonds propres et en capital. C’est le cas du Togo (plus de 10 milliards FCFA  de capital), du Bénin (17 milliards )   mais aussi de la Mauritanie. Certes, la Guinée présente un capital de 7,5
milliards de FCFA. Bien que cette filiale   soit située en dehors de la zone CFA, nous avons prévu de porter son capital à 10 milliards de FCFA dans les deux années.
Quels sont les points saillants de  votre bilan 2013?
Nous avons dégagé globalement un  résultat net de 17 milliards de FCFA  avec des variations d’un pays à l’autre. Toutes nos filiales sont rentables.

 

Propos recueillis à Abidjan par Adama Wade

 

 

1 COMMENTAIRE

  1. merci votre article nous à édifié sur la reprise de la BRS
    est -il possible de nous faire l’historique de la reprise de bacim banque?
    article intéressant et édifiant Merci

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