La capitale ivoirienne accueille depuis ce lundi la première étape des Rencontres Africa 2017, une plateforme d’échanges entre secteurs privés français et africain. Considéré comme le prochain territoire de la croissance, l’Afrique est aujourd’hui un point d’attraction pour les entreprises françaises qui ont vu leur part de marché fondre de moitié, de 7% en 2005 à 4% entre 2015, soit en dix ans. Tandis qu’à contrario, la Chine a vu ses parts exploser sur la période passant de 8 à 22%.

La France veut donc reprendre la main sur un continent qui n’en attend pas moins pour son développement, et elle est venue l’affirmer à Abidjan. « La construction d’une croissance durable et forte en Afrique est une chance pour la France » a martelé le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean Yves Le Drian, à la cérémonie d’ouverture.

Cette dynamique qui est en marche doit encore relever, selon le ministre français, un ensemble de défis allant de la sécurité aux infrastructures en passant par la problématique du changement climatique notamment. Mais, ajoute-t-il, au-delà des grands projets emblématiques de la présence française en Afrique comme le TER de Dakar ou le Métro d’Abidjan, les entreprises françaises ne doivent pas être en reste et travailler à des « approches innovantes de partenariat public privé » et « des voies de partenariat et  financement originaux » pour reconquérir le continent.

Pour le vice-président ivoirien Daniel Kablan Duncan, le défis restent certes « complexes et urgents », mais la mise en œuvre des plans d’émergence et les réformes profondes qu’ils impliquent ouvrent de bonnes perspectives aux investisseurs. Et la Côte d’Ivoire, dont 27% des exportations va en direction de la sous région ouest africaine et 34% vers l’ensemble du continent, peut se positionner comme une porte d’entrée pour les opérateurs économiques français, a-t-il invité.

« Les entreprises françaises ont une expertise fort appréciée et une connaissance historique du marché africain (…) mais elles devront se montrer plus agressives, voire plus audacieuses y compris sur des niches fort peu développées voire désertées par elles comme la transformation plus poussée et plus diversifiée sur place de nos matières premières ». Des opportunités qu’il faut saisir « pour ne pas avoir des regrets demain » a conseillé Kablan Duncan.

L’Afrique ne représente qu’à peine 3% du commerce mondial et 2% des IDE, mais les transformations en cours sur le continent incitent à l’optimisme. En 2000, moins de 2% des Africains avaient accès au téléphone et ils étaient 60% en 2015, de sorte que le continent a réalisé en 15 ans ce qui a nécessité plusieurs décennies ailleurs en Europe.

Durant ces deux jours de rencontres Abidjan, opérateurs économiques français et africains essaieront d’ouvrir de nouvelles passerelles de collaboration en vue d’un retour massif des investissements français. Environ 2 000 participants ont été enregistrés pour la session des Rencontres Africa  à Abidjan.