paulfokam

 

 

Propos recueillis à Bruxelles par Dia El Hadji Ibrahima.

 

Primé à juste titre lors de la troisième édition du rebranding Africa (13-15 octobre 2016 à Bruxelles) comme étant un modèle exemplaire d’homme d’affaire africain qui a pu réussir dans le secteur bancaire et financier, Paul Fokam est une référence dans le monde bancaire. L’ancien maître de conférences à l’institut technique de banque du Conservatoire national des arts et métiers de Paris fait partie de ces self made man qui participent au renouveau de l’Afrique. Comme il a l’habitude de dire, « est pauvre, celui qui gagne 100 FCFA et dépense 101 FCFA et, est riche, celui qui gagne 100 CFCA et dépense 99 FCFA». Nous l’avons rencontré à Bruxelles pour un entretien exclusif.

 


Pouvez-vous revenir sur la genèse du groupe Afriland first Bank ?


C’est parce que l’idée qui dominait à cette époque était que l’africain est incapable de gérer une banque, incapable de faire des affaires financières, incapable de monter une bonne entreprise et incapable de gérer une compagnie aérienne ou une compagnie d’assurance. Notre projet a été spécialement conçu pour démontrer que l’Africain est capable de faire tout cela. Nous voulions montrer surtout qu’il n’y a aucune différence entre nous et les autres, quel que soit le continent d’où ils sont nés et que la pigmentation de la peau n’a rien à avoir avec la réussite dans n’importe quel business.

 


Aujourd’hui vous êtes en expansion en Afrique de l’Ouest. Que peut-on dire de votre présence dans cette région ?


 

Nous sommes une banque avant tout africaine, engagée au développement de notre continent. En tant que banque africaine, nous devons être présent partout. Nous avons commencé par l’Afrique centrale et aujourd’hui nous sommes présents en Afrique de l’Ouest.

 

 

 


L’on nous rapporte quelques problèmes entre le groupe Afriland First Bank et le régulateur d’Afrique Centrale. De quoi s’agit-il au juste?


C’est un problème de complexe. Pour moi, nous n’avons pas de problèmes car le régulateur demande quelque chose qui n’est pas faisable et qui n’a aucun sens. Il veut réguler notre actionnaire qui est une société de portefeuille basée à Genève. Nous lui disons que c’est une mission impossible. Pour être précis, aucune de nos banques n’a de problèmes avec le régulateur d’Afrique centrale.

 

 


En Afrique, il est souvent question de l’émergence. Quel rôle doivent jouer les banques dans cet élan?


Avant tout, on doit savoir le contenu donné au mot «émergence ». Ça me heurte très souvent. Mais si l’émergence est un processus d’accumulation de richesses pour un développement harmonieux alors, je dirai que c’est toujours les banques qui doivent accompagner ce processus de création de richesse et de l’émergence. Donc, elles ont un rôle important à jouer.