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Jeffrey Sachs appelle à dépasser le consensus de Washington. L’économiste américain, l’un des rares universitaires à figurer dans le classement des 100 personnalités les plus influentes du monde de Time Magazine, fait partie aussi de l’élite de la nation la plus puissante  à militer pour la décarbonisation heureuse.

Dans sa toute dernière tribune parue dans Boston Globe ( que vous pouvez lire sur la version anglaise de Financial Afrik), le professeur de Columbia estime que “l’actuelle mondialisation basée sur le consensus de Washington a produit de la croissance économique mais à un coût élevé”: augmentation des inégalités de revenus, destruction de l’environnement et augmentation des zones de non droit”. D’où la nécessité d’une nouvelle approche fondée sur le développement durable, capable de générer de la croissance dans un environnement social juste et de préserver l’environnement. C’est en quelque sorte le contenu de l’agenda 2030 des Objectifs de développement durable (ODD) dont l’objectif n’est pas de former une gouvernance mais une décence mondiale.

L’économiste s’inquiète du retard de son pays, les USA, par rapport à cette grande mutation mondiale. Le débat est plutôt relégué dans les campus universitaires et au sein de certains groupes et villes. “Depuis 1980, l’Amérique est devenue plus riche avec des revenus par tête d’habitant qui ont augmenté de 80% mais au prix de fortes disparités”, dénote l’économiste qui souligne la vulnérabilité de son pays face aux inondations et aux catastrophes naturelles.

Dans l’échelle des ODD, l’Amérique pointe à la 25ème place, loin derrière les pays développés et très loin du trio de tête constitué de la Suède, du Danemark et de la Norvège. Dans son article, Jeffrey Sachs établit un parallèle entre ces pays et le Bonheur des populations scandinaves. Avec un taux d’homicide 7 fois plus élevé aux USA qu’en Suède et un taux d’incarcération 10 fois plus important dans la plus grande puissance, il est difficile de soutenir le contraire. L’Amérique qui ne fait pas partie des 22 pays qui ont présenté leurs plans nationaux sur les ODD à l’ONU gagnerait à basculer dans l’ordre nouveau, clame le célèbre universitaire dans ce qui fera certainement partie des sujets de débat pour les élections de novembre 2016.

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