Dans une correspondance adressée le 23 février 2026 au Secrétaire d’Etat à la Défense chargé de la Gendarmerie nationale, le secrétaire général de la présidence de la République (SGPR), Ferdinand Ngoh Ngoh, répercute « les Très Hautes Instructions du président de la République pour la mise en place urgente d’une commission d’enquête mixte sur le trafic illégal d’or au Cameroun ».
Le président de la République, Paul Biya a ordonné la création d’une commission d’enquête mixte chargée de faire la lumière sur le trafic illégal d’or au Cameroun. La décision, transmise par le ministre d’État, secrétaire général de la présidence, fait suite aux Très Hautes Instructions du chef de l’État. Selon les termes de référence de cette lettre, cette commission mixte sera « chargée d’établir les responsabilités des différents acteurs impliqués dans ce trafic ».
Pour le SGPR, les « Très Hautes instructions » du président de la République exigent que cette commission mène « des investigations approfondies afin d’identifier les réseaux et les personnes impliquées dans ces activités illicites liées à l’exploitation et à la commercialisation clandestine de l’or ».
Il est attendu de cette entité un rapport d’enquête qui devra être transmis à la présidence « pour la Très Haute Appréciation du chef de l’État », écrit le SGPR. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du renforcement de la lutte contre l’exploitation illégale des ressources minières et les circuits de contrebande au Cameroun.
Pour rappel, cette instruction de Paul Biya intervient après des révélations sur le décalage entre les quantités d’or officiellement déclarées et celles réellement exportées. En effet, le 10 décembre 2026, le rapport 2023 du Comité camerounais de l’Initiative de transparence sur les industries extractives (ITIE) avait révélé que le Cameroun a officiellement exporté 22,3 kilogrammes vers les Émirats arabes unis (EAU). Un chiffre très inférieur à celui annoncé par les EAU qui disent avoir acheté un total de 15,2 tonnes d’or d’origine camerounaise, soit près de 600 fois plus que les exportations officiellement déclarées.
En réaction à ces révélations, le ministre des Mines, Fuh Calistus, avait tenté en vain de justifier cette situation embarrassante. A l’analyse, ses dénégations font de lui l’une des cibles de l’enquête en cours dans un contexte marqué par un intérim qui dure depuis le décès, le 21 janvier 2023, de Gabriel Dodo Ndoke, en poste depuis le 4 janvier 2019.

