L’Algérie s’achemine vers un élargissement significatif de son dispositif d’assurances agricoles afin d’y intégrer les catastrophes naturelles liées aux changements climatiques. Le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche a annoncé que des travaux sont en cours pour adapter et moderniser les produits d’assurance existants, dans le but d’offrir une couverture plus complète face aux risques climatiques croissants.
Cette annonce a été faite lors d’une séance plénière à l’Assemblée populaire nationale (APN), le 15 janvier 2026. Elle s’inscrit dans une démarche visant à renforcer la résilience du secteur agricole face à des phénomènes de plus en plus fréquents et destructeurs.
Un nouveau système d’assurance dédié aux catastrophes climatiques, notamment la sécheresse et les vents violents, a ainsi été proposé et se trouve actuellement en cours d’examen. Ce dispositif viendra compléter les formules d’assurance classiques déjà proposées par la Caisse nationale de mutualité agricole (CNMA) à travers son réseau local, lesquelles couvrent des risques tels que le gel, les incendies, les inondations et les baisses de rendement.
Dans cette dynamique, la CNMA prévoit de lancer de nouvelles offres d’assurance tenant compte des différentes contraintes et catastrophes naturelles auxquelles les agriculteurs algériens sont de plus en plus exposés ces dernières années, a précisé le ministère de tutelle.
Par ailleurs, présentant le bilan des activités de la CNMA dans le domaine de l’assurance contre les catastrophes agricoles, le ministre de l’Agriculture, Yacine El-Mahdi Oualid, a indiqué qu’en 2024, 4 233 agriculteurs assurés répartis dans 40 wilayas ont été indemnisés pour un montant dépassant 387 millions de dinars, soit environ 2,9 millions de dollars, contre 133 millions de dinars (environ 1 million de dollars) en 2023, concernant 33 wilayas.
Le ministre a également rappelé que les agriculteurs touchés par la sécheresse en 2023 – qui a affecté 892 communes dans 34 wilayas – ont pu bénéficier d’indemnisations leur permettant de poursuivre leurs activités et de préserver leurs revenus. Ces compensations ont toutefois été prises en charge par le Trésor public, la sécheresse n’étant pas encore couverte par le système d’assurance en vigueur.
La nouvelle orientation envisagée par les autorités vise ainsi à assurer une transition progressive d’un mécanisme d’indemnisation conjoncturelle vers un système d’assurance agricole structuré, durable et adapté aux défis climatiques, au bénéfice de la sécurité alimentaire et de la stabilité des revenus agricoles.
Algérie : vers l’extension des assurances agricoles aux risques climatiques majeurs

Farmer or agronomist examining corn plant in field after drought, harvest time. DR
Dominique Mabika
Journaliste congolaise, passionnée d’économie, de finance et de culture. Le domaine de prédilection de Dominique Mabika est l'audiovisuel . A ce titre, elle présente Le Grand Débat de Financial Afrik TV et conduit la coordination des reportages sur le terrain et la réalisation des documentaires et des interviews.
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