Brahim BENJELLOUN TOUIMI, administrateur DG délégué du groupe BOA

Le groupe bancaire panafricain est l’un des plus actifs dans la finance climatique sur le continent. Les émissions obligataires qu’il a émises ont connu un tel engouement auprès des investisseurs que BOA souhaite étendre c-es green bonds aux obligations économiques et sociales, en conformité avec son nouveau virage stratégique. Décryptage de Brahim BENJELLOUN TOUIMI, administrateur-directeur général délégué du groupe.


Quels sont les grands axes de la stratégie du groupe en matière de finance verte ?

Au-delà d’une stratégie, la promotion d’un business model à impact, prenant en compte les trois piliers de la durabilité – environnemental, social et économique-, représente le moteur du groupe Bank of Africa depuis sa privatisation en 1995. En effet, son Président Othman Benjelloun a lancé, la même année, la Fondation BMCE Bank, dédiée à la promotion de l’éducation en milieu rural au profit des enfants démunis et la préservation de l’environnement. A partir des années 2000, et à travers des engagements internationaux, le groupe a formellement emprunté le chemin de la finance durable, en mettant en place un Système de gestion des risques environnementaux et sociaux -SGES – ainsi qu’un système de Management Intégré (environnemental, énergétique, santé sécurité au travail, entre autres). Ces fondamentaux et le principe de leading by example, ont donné de la crédibilité aux offres que nous avons élaborées, notamment en matière de finance verte visant à accompagner la transition énergétique et climatique de notre clientèle. Aujourd’hui, notre ambition est d’aller encore plus loin à travers la finance à impact. Désormais, nous analysons nos activités et projets par le prisme des impacts positifs durables -environnementaux, économiques et sociaux- sur les communautés, au travers de nos actions directes mais aussi, de l’accompagnement financier et extra-financier de notre clientèle.


Comment apprécier le risque d’un projet ou d’une entreprise en fonction de son exposition au changement climatique ?

Le Système de gestion des risques environnementaux et sociaux déployé par la Banque permet d’évaluer les risques potentiels et valoriser les impacts positifs des projets à financer. Dans le cadre de sa revue environnementale et sociale et de due diligences internes, Bank of Africa catégorise le projet en fonction de l’ampleur des risques et des impacts environnementaux et sociaux potentiels, notamment ceux liés au changement climatique. De ce fait, nos clients sont tenus d’inclure, au sein de leurs projets, l’évaluation des impacts négatifs potentiels sur les risques liés au changement climatique dans le cadre d’’études d’impact. Cette évaluation peut également examiner la compatibilité du projet avec les engagements nationaux en matière de climat.

Dans le même temps, il est essentiel d’étudier et comprendre le fonctionnement et la vulnérabilité interne de l’entreprise face aux phénomènes climatiques, pouvant varier en fonction de la nature de ses activités. En fonction des résultats du diagnostic et des données recueillies et disponibles, Le risque du projet est apprécié. En définitive, notre groupe adhère à un ensemble de Principes et de Chartes internationaux dont l’objectif est de nous servir de référence théorique pour apprécier le plus scientifiquement possible les risques liés à l’activité et de notre clientèle.


A combien s’élèvent les engagements sur les projets verts dans votre portefeuille et quels critères de sélectivité leur sont appliqués ?

Au travers de ses différents produits verts, Bank of Africa a un track record éprouvé en financement Environnement Maroc et Afrique, avec plus de 1,1 milliards de dirhams mobilisés et une reconnaissance internationale. A titre d’exemple, le succès en financement de l’efficacité énergétique fut tel que les lignes de financement MorSEFF (Morocco Sustainable Financing Energy Facility), GVC (Green Value Chain) ou GEFF (Green Energy Financing Facility), ont été renouvelées et près de 200 projets ont été rapidement placés auprès de nos clients. 

C’est d’ailleurs avec grande fierté que Bank of Africa a été distinguée « Top Performer RSE » pour la 8ème année consécutive, par l’agence de notation extra financière Vigeo Eiris / Moody’s ESG Solutions, la banque occupant la première place dans le secteur bancaire des marchés émergents sur 90 banques, au second rang au niveau régional et 37ème à l’échelle mondiale. Pour les prochaines années, l’élargissement de notre spectre à la Finance à Impact nous engage désormais à privilégier les secteurs permettant d’accélérer l’atteinte des Objectifs du Développement Durable en 2030.


Avez-vous émis des obligations vertes sur le marché international ? Si oui, quelles sont leurs caractéristiques ? 

Oui, Bank of Africa a été précurseur dans ce domaine en émettant en 2016, le 1er Green Bond sur le marché marocain, d’une valeur de 500 millions de dirhams et ayant servi à financer les projets d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique conformément à la vision stratégique du Royaume. Sursouscrit plus de 8 fois, cette émission obligataire a été largement suivie par une clientèle institutionnelle diversifiée – OPCVM, caisses de retraite, compagnies d’assurances et financières… – et a été entièrement allouée. Face à l’appétit des investisseurs et à la forte crédibilité de la signature du groupe, nous souhaitons aujourd’hui étendre ces bonds aux obligations économiques et sociales, à l’image de notre nouveau virage stratégique.

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