Kako Nubukpo

Commissaire du Togo à l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa), l’économiste Kako Nubukpo, ancien ministre de la Prospective de son pays, s’est exprimé ce mercredi 12 janvier sur l’actualité politique sous-régionale liée au Mali.

« Au peuple souverain malien, je souhaite apporter tout mon soutien et ma solidarité », a-t-il indiqué sur le réseau social Twitter. « L’ouvrage publié en 2016 : ‘Sortir l’Afrique de la servitude monétaire : à qui profite le franc CFA ?’, a planté le décor du chantage inhérent au système CFA que subit le peuple souverain du Mali aujourd’hui », a ajouté l’économiste togolais connu pour sa position contre la monnaie régionale à laquelle il reproche de priver les pays qui l’ont pour devise des retombées de leur activité économique.

« Cette crise sans précédent doit permettre l’initiation d’un dialogue entre toutes les parties prenantes au-delà d’une lecture partielle et partiale des concepts de légalité et de légitimité. Comme rappelé aux États Généraux de Lomé (tenus du 26 au 28 mai 2021, Ndlr), l’émancipation monétaire de l’Afrique de l’ouest est une urgence africaine », a conclu le Togolais en charge du Département de l’Agriculture, des Ressources en eau et de l’Environnement à la Commission de l’Uemoa basée à Ouagadougou (Burkina Faso).

Ce n’est pas la première fois que l’ancien ministre de Faure Gnassingbé prend officiellement des positions en conflit avec ses fonctions. Déjà en 2015, lorsqu’il était encore au gouvernement, Kako Nubukpo n’avait pas hésité à critiquer ouvertement la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO) et sa monnaie, ni même « une façon arrogante, pour ne pas dire plus, de la part de M. Macron, d’exprimer le déni de l’histoire monétaire françafricaine, renvoyant les dirigeants africains à leur servitude monétaire volontaire, les mettant à nu de la pire des façons, à travers des réponses d’une violence symbolique inouïe ». Ce, dans une tribune signée au lendemain de la sortie du président français le 28 novembre 2017 à Ouagadougou, quand il était encore lui-même le directeur de la Francophonie économique et numérique à l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

Questionné d’ailleurs sur Twitter s’il n’allait pas « encore se faire virer de l’Uemoa pour sa position dans cette affaire (le cas Malien, Ndlr)», l’économiste togolais répond : « on est assis par terre, on peut plus tomber…On est déjà né ».

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