Une vue de Brazzaville, la capitale du Congo.

Par Mokoko Theophane, Founder & Managing Partner of Iinfinite Capital.


Les Etats Africains font face à un grand défi qui est celui de la formalisation de l’activité économique. La progression ou non du taux de conversion des entreprises informelles vers le secteur formel est un challenge que les gouvernements tentent de relever tantôt en multipliant l’adoption de mesures incitatives, tantôt par des mécanismes coercitifs imposant aux commerçants/entrepreneurs de se conformer aux dispositions légales d’exercice d’une activité économique.

Ce « cocktail » de mécanismes porte dans certains cas quelques fruits, car en termes de chiffres, une progression est souvent observée. Au Congo par exemple, en 2020 le nombre d’entreprises déclarées se situait à 2303 contre 1843 en 2017, soit une progression de +460 entreprises nouvellement déclarées (SOURCE : DGPME).  Pour une population de 5 millions d’habitants, ce chiffre reste très encourageant, mais par conséquent relève un état de fait important : quelle réelle valeur ajoutée sur l’économie nationale ? 

La loi des finances pour l’année 2021 porte les recettes fiscales à 636.331.000.000 FCFA. Cette tendance connait une croissance remarquée a la suite de la crise des commodities survenue à partir de 2013, car l’Etat a entrepris d’accentuer les mécanismes de collecte de l’impôt afin d’assainir les comptes publics et de faire face aux charges incompressibles. Seulement, si cette tendance s’est montrée positive, il faut cependant noter qu’une étude intitulée « Paying Taxes 2017 » menée par le cabinet d’audit PricewaterhouseCoopers (PwC) ainsi que la Banque mondiale, a permis d’établir un classement des pays Africains selon la pression fiscale sur les entreprises de taille moyenne ; il ressort que la République du Congo occupe la 41eme place sur 53 pays, avec un taux de pression de 54.3%. La croissance recherchée, qui devrait être conduite par des PME fortes, se retrouve mise en veille par l’objectif « d’embellir » notre pays sur les marchés financiers. 

Dans les faits, il vaille mieux 1000 PME fortes, créatrices de milliers d’emplois avec un impact réel sur l’économie locale plutôt qu’une pléthore de PME dont la majorité sont des coquilles vides.

QUELLE ALTERNATIVE.. ?

LES CLUSTERS ! la création par cluster pourrait être une noble alternative a la prolifération de micro entreprises. Cela suppose, inciter davantage les projets de groupes sur les différents secteurs afin de syndiquer les ressources (intellectuelles, matérielles et financières). La création par cluster suppose deux porteurs de projets appartenant à la même industrie, incités à se mettre ensemble pour bénéficier davantage d’une aide publique monitorée. Cela permettrait d’avoir une croissance plus rapide et un impact plus incisif sur la richesse nationale (PIB). Par exemple deux créatrices de modes, dont l’une dans la bijouterie et l’autre dans la maroquinerie seront incités à s’associer, pareil pour des agriculteurs, des ingénieurs dans les technologies… Ces jonctions d’expériences et spécialisations diverses permettront assurément de créer un écosystème entrepreneurial plus résilient et fort. 

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