LeadersChroniquesCentrafrique : quelle chance pour le dialogue républicain ?

Centrafrique : quelle chance pour le dialogue républicain ?

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Le processus de réconciliation nationale est enclenché en Centrafrique avec l’installation le 2 septembre dernier de la trentaine de membres du comité d’organisation du dialogue républicain. Une cérémonie solennelle conduite par le chef de l’Etat Faustin Archange Touadéra confirmant l’engagement pris par le président de la République en mars 2021 au lendemain de sa réélection à la tête du pays.

Le dialogue républicain qui se veut pourtant inclusif fait déjà face à ses premières divisions, avec la non-participation des mouvements rebelles, notamment ceux formant la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) rassemblés autour de l’ex président François Bozizé qui multiplient des attaques à travers le pays, indépendamment du déploiement de la MINUSCA (La mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique) et de la présence des soldats russes commis par les autorités centrafricaines pour participer à la sécurisation du pays.

Une dialogue républicain sous les canons dont on peut imaginer la suite, ce qui pour certains Centrafricains  devraient amener le gouvernement à sursoir le processus en cours, le temps de trouver un compromis avec toutes les parties. L’une des raisons avancées étant que « ces groupes armés qui sont actuellement dans la CPC étaient hier les alliés du pouvoir. Il est indispensable que ces groupes armés soient au dialogue inclusif pour dire que cela ne va plus se répéter. Une fois qu’on aura compris leurs problèmes, si l’on peut trouver des solutions, qu’on les trouve, et qu’on ne peut plus parler de groupes armés en Centrafrique. Nous avons pensé que ce dialogue pouvait être inscrit sous le signe de l’inclusivité, c’est-à-dire au niveau du comité préparatoire, au niveau des acteurs, des participants, mais il faudrait aussi que ce dialogue soit placé sous une médiation neutre. Nous avons souhaité que ce dialogue puisse être organisé sous l’égide de la médiation des instances sous-régionales. C’est cela notre démarche » précise-t-on au sein de la plateforme d’opposition COD-2020.

Cette position de la coalition des partis de l’opposition démontre les difficultés qui entourent ce dialogue républicain, et dont tout laisse indiquer qu’il est voué à l’échec au cas où les uns et les autres restaient campés sur leur position. Pour le pouvoir, ceux qui ont pris les armes s’auto-excluent du processus de réconciliation nationale d’autant que  « Lors de la concertation qui a eu lieu avant la préparation proprement dite pour le dialogue, tous ont reconnu que pour l’instant, nous ne pouvons pas faire participer ces organes membres de la CPC à ces différentes rencontres ». Les prochains jours permettront d’avoir une idée nette, alors que sur le terrain, la population fait au quotidien les frais d’attaques armées aux lourdes conséquences humaines et matérielles.

Achille Mbog Pibasso
Achille Mbog Pibasso, Directeur de rédaction de Financial Afrik, est diplômé en journalisme et en communication d’entreprise. Particulièrement intéressé par l’économie et la finance, c’est également un féru des sujets  politiques. Son expérience d’agencier lui permet de traiter de tous les sujets d’actualité.

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