Centrafrique : vents contraires autour du dialogue républicain

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Le président sortant Faustin Archange Touadéra brigue un second mandat.
L'opposition demande au président Faustin Archange Touadéra de revoir sa copie sur l'organisation du dialogue national.

Le « grand » dialogue républicain annoncé en mars dernier par le chef de l’Etat Faustin Archange Touadéra après sa réélection dans un contexte sociopolitique tendu se tiendra-t-il dans les conditions inclusives ? Difficile pour l’instant de se montrer optimiste, tant les prémices de cette grand’messe devant ramener la paix et la sécurité en Centrafrique font l’objet de moult contestations notamment au sein de la classe politique.

Suite au décret présidentiel du 30 juin 2021 définissant les profils des participants ainsi que les conditions de participation, plusieurs mouvements d’opposition ont vivement réagi pour contester le comité d’organisation tel que défini par le président de la République le jugeant « totalement déséquilibré » pour permettre un « dialogue franc, transparent et équitable ».

L’opposition trouve que le comité d’organisation contient de « graves manquements » qui ne garantissent pas un « rendez-vous dans la sérénité vers des résultats consensuels » si tant que « ce comité fait la part belle à la majorité présidentielle et ses différentes déclinaisons ». En d’autres termes, « l’organisation du dialogue attendu doit être exemptée de suspicion », insiste l’opposition qui justifie sa méfiance parce que la démarche de la majorité ne garantit « ni l’impartialité, ni l’équité », conditions sine qua non permettant un dialogue inclusif.

Pour ne pas bâtir la maison sur du « sable mouvant », des leaders de l’opposition, entre autres, Georges Anicet Doléguélé de l’Union pour le renouveau centrafricain (URCA), Martin Ziguélé du Mouvement pour la libération du peuple centrafricain (MLPC) et Crépin Mboli Goumba du Parti africain pour la transformation radicale et l’intégration des Etats (PATRIE) subordonnent leur participation au futur dialogue à « la révision du décret » présidentiel afin de dégager « un consensus sur le comité d’organisation ».

Les griefs formulés par l’opposition n’ont pas lieu d’être ont précisé les autorités,  puisque « le travail a été minutieusement fait, on a voulu que tout le monde soit représenté, parmi les personnalités reçues lors des consultations » a indiqué la présidence.  Le comité préparatoire au dialogue constitué des partis politiques et de la société civile doit être composé de 24 membres, dont le président sera nommé par le président de la République.

Lors des pré-consultations des forces vives de la nation menées en avril dernier en vue de l’organisation dudit dialogue, le pouvoir avait clairement indiqué que les représentants des groupes armés ou tout parti politique ayant montré un quelconque soutient à la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) étaient exclus du dialogue. Une coalition constituée d’une demi-douzaine de formations politiques animée par l’ex chef d’Etat François Bozizé qui a multiplié des attaques armées avant, pendant et après le double scrutin présidentiel et législatif du 27 décembre 2020.

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