Afrique du Sud : le président Ramaphosa accuse Big Pharma de politique vaccinale «égoïste et injuste»

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Le président sud-africain Cyril Ramaphosa

Le président Cyril Ramaphosa a déclaré lundi 21 juin, que le refus « égoïste et injuste » des sociétés pharmaceutiques et des gouvernements occidentaux alliés d’accorder des dérogations d’urgence aux brevets sur les vaccins Covid-19 mettait en danger le monde entier.

Dans des remarques passionnées, Cyril Ramaphosa a fustigé une résistance aux appels de l’Inde et de l’Afrique du Sud à des dérogations temporaires aux brevets pour augmenter la production.

« C’est égoïste, c’est injuste, c’est totalement injuste », a déclaré Ramaphosa, partisan de la dérogation, lors de la session virtuelle d’ouverture du Forum économique du Qatar, un jour après que l’Afrique du Sud a enregistré 13 000 nouveaux cas dans une troisième vague de COVID-19.

« Nous sommes confrontés à une urgence qui affecte le monde entier (…) et certains pays refusent de déroger à cette disposition », a-t-il déclaré.

La dérogation proposée à l’accord de l’OMC sur les aspects des droits de propriété intellectuelle liés au commerce (ADPIC) a le soutien de principe du président américain Joe Biden et du président français Emmanuel Macron.

Mais l’industrie pharmaceutique est contre la dérogation, tout comme l’Allemagne, la Suisse et la Banque mondiale. Elles soutiennent que cela étoufferait l’innovation et que les approvisionnements en vaccins sont limités par un manque de capacité de fabrication. L’Inde et l’Afrique du Sud disent avoir une capacité suffisante.

« Tout ce que nous demandons, c’est (…) une période de trois ans pour permettre aux pays qui ont la capacité de produire les vaccins », a déclaré Ramaphosa, ajoutant que : « Parce que personne n’est en sécurité nulle part dans le monde sans que tout le monde ne soit en sécurité ».

L’Afrique du Sud n’a vacciné qu’environ deux millions de personnes, soit 1,8% de sa population, l’un des taux les plus bas au monde. Le pays a subi un revers lorsque Aspen Pharmacare (APNJ.J), producteur local du vaccin Johnson & Johnson, a dû détruire deux millions de doses en raison d’une contamination dans une usine de Baltimore, dans le Maryland, aux États-Unis.

Malgré ce revers, le président Ramaphosa a déclaré que son gouvernement s’en tiendrait à J&J (qui envoie deux millions de doses de remplacement) car il s’agit d’un vaccin à injection unique, logistiquement beaucoup plus facile à gérer dans les zones rurales reculées.

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