Cameroun : le Covidgate au centre de moult pressions et de questions embarrassantes

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Le rapport du Covidgate transmis au président Paul Biya . Des ministres sur la sellette.

Les premières auditions des membres du gouvernement au Tribunal criminel spécial (TCS) dans l’affaire dite de détournement des fonds Covid constitués d’une enveloppe globale de 180 milliards de FCFA (334 millions de dollars) provenant respectivement des 135 milliards (226 millions de dollars) d’un financement du FMI et des 45 milliards débloqués par le trésor public se sont achevées avec la déposition du Premier ministre Joseph Dion Ngute.

Malgré le retard de quelques jours accusé dans le bouclage de l’enquête qui aurait pu s’achever en fin mai apprend-on des sources proches du dossier, le rapport a été finalement transmis cette semaine au président de la République Paul Biya dont la réaction est très attendue par ses concitoyens. L’intérêt des Camerounais à connaître l’épilogue de cette affaire est compréhensible, d’autant que le Cameroun sollicite un autre concours financier de 375 milliards de FCFA, (696 millions de dollars) auprès du FMI dans le cadre d’un second accord sur la Facilité élargie du crédit (FEC).

Sauf changement, le 23 juin prochain, le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) devrait statuer sur ce dossier au terme d’une mission de revue en mai dernier et dont les conclusions seraient favorables pour un second décaissement les deux parties ayant annoncé avoir conclu un accord au niveau des services pour ce prêt « afin d’atténuer les conséquences de la pandémie ».

Toutefois, avant d’attribuer le deuxième prêt, le FMI a demandé au gouvernement de rendre publiques certaines informations relatives aux marchés attribués ainsi que les noms des propriétaires réels des entreprises concernées. C’est ici que réside le principal enjeu, au regard des informations contradictoires qui circulent impliquant des membres du gouvernement et d’autres hauts responsables dans le détournement présumé des fonds dédiés à atténuer l’impact négatif du Covid-19.

Pendant que le FMI met la pression sur les autorités camerounaises en vue de faire « toute la lumière » sur les fonds décaissés l’année dernière après l’irruption de la pandémie, des organisations de la société civile à leur tour mettent la pression sur le FMI pour que les conclusions de l’audit soient publiées avant tout autre déblocage de fonds et que les coupables en rendent gorge.

« Nous voulons de la transparence. Nous voulons accéder aux comptes complets liés au Covid-19. De plus, l’audit n’est que partiel. Il ne concerne que deux ministères sur les dix qui ont reçu des fonds Covid. Or nous, nous souhaitons un audit complet et indépendant sur toutes les dépenses liées au Covid. Nous voulons aussi que toutes les personnes impliquées dans ces faits de corruption rendent des comptes », insiste-t-on.

Que dit le rapport ? Le gouvernement ne dit rien s’appuyant sur le sacro-saint principe de la séparation des pouvoirs. Combien de ministres sont-ils coupables de détournements de deniers publics ? Qui sont ces ministres et hauts responsables qui ont gagné des marchés à travers des prête-noms et des sociétés écrans ? Le FMI pourra-t-il débloquer l’argent sans que des responsables reconnus coupables de détournement soient sanctionnés ? Le cas échéant Paul Biya procédera-t-il à un remaniement ministériel afin de laisser les mis en cause faire face librement à la justice ? Autant de questions auxquelles les Camerounais attendent des réponses concrètes.

A en croire des analystes, au regard des contours de cette affaire avec pour principal enjeu le développement du pays, « tout peut arriver » des rebondissements n’étant pas à exclure.

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