La BCEAO face aux enjeux du numérique

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Tiémoko Meyliet Koné, gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest, et président de la Commission bancaire de l’UMOA

Le Centre ouest-africain de formation et d’études bancaires (COFEB) de la BCEAO, en partenariat  avec  l’Ecole des hautes études commerciales de Paris (HEC Paris), a ouvert mardi 25 mai, un webinaire de renforcement des capacités managériales des dirigeants du secteur bancaire et financier. Ce séminaire de haut niveau s’est déroulé autour du thème : « enjeux de la stratégie digitale pour les banques africaines ».

L’objectif principal  a été d’échanger avec les parties prenantes des opportunités et des risques inhérents à la digitalisation et aux innovations financières pour les banques africaines. Ainsi, experts, banquiers, financiers,  spécialistes, professionnels… ont  échangé  sur les enjeux et perspectives de la digitalisation bancaire au sein de l’union.

Dans son allocution, le gouverneur de  la Banque centrale des États de l’Afrique de l’ouest (BCEAO), Tiémoko Meyliet Koné, a indiqué que pour cette édition 2021, l’institut d’émission régional a décidé  de mettre l’accent sur les nouveaux enjeux stratégiques liés aux mutations du système bancaire et financier. Au rang de ces défis, souligne-t-il, figure la transformation digitale et l’accès à des services financiers mieux adaptés à leurs besoins et surtout moins coûteux. La BCEAO étant consciente de l’avancée irréversible du processus de la digitalisation et de son impact sur le développement financier.

Selon ses statistiques, le taux d’inclusion financière est passé de 22% en 2010  à près de 63% en 2020. Une forte progression qui est imputable à la digitalisation des services financiers notamment par le biais de la téléphonie mobile.

Une revue récente montre que 5 pays de l’union rejoignent aujourd’hui le peloton de tête des pays africains affichant les plus forts taux de l’inclusion financière. Il s’agit de la Côte d’ivoire (82,5%), du Togo  (80,9%), du Bénin (78,8%), du Sénégal (73,9%) et du Burkina Faso (70,9%). Ce taux, révèle le gouverneur, se situerait à 83% pour le Kenya, 65% pour la Tanzanie  et à 60% pour le Nigéria.

Evoquant le cadre réglementaire, le patron de la BCEAO a fait savoir que son institution va renforcer les textes pour une meilleure gestion des risques résultant de la digitalisation.

Pour sa part, le gouverneur de la Banque centrale de Mauritanie, Mohamed Cheikh El Kebir, qui prenait part au webinaire, a souligné que les banques ont deux défis majeurs à relever. Il s’agit de l’accès à l’internet haut débit, incontournable pour l’inclusion financière  et  la numérisation des services financiers.

Concernant la numérisation bancaire, Anne valerie Corboz , directrice de l’executive éducation de HEC Paris a laissé entendre que son institution fera de son mieux pour accompagner l’ensemble des acteurs bancaires africains.

Pour rappel, ce webinaire intervient en prélude au lancement conjoint COFEB/HEC Paris d’accompagnement de la transformation digitale du secteur bancaire de l’union.

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