Congo : controverse sur l’attribution des contrats miniers

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L'exploitation de minerai de fer permettra au Congo de diversifier son économie

L’exploitation des gisements de fer attribuée à une firme chinoise précédemment concédée aux multinationales australiennes au centre d’un conflit. L’enjeu, le contrôle des minerais à haute teneur estimés à plus d’un milliard de tonnes.

La décision du gouvernement congolais publiée le 13 mars 2021 attribuant la gestion des minerais de fer au Chinois Sangha Mining Development fait des vagues. Ce sont des sites miniers repris en fin d’année dernière à deux sociétés minières de droits australiens représentés par leurs succursales, en l’occurrence, Congo Iron et Avima Fer, pour « insuffisance d’exploitation et non-paiement des redevances prescrites par la loi ». Une autre société, Equatorial Resources, s’est vu retirer son permis d’exploration, rétrocédé lui aussi au partenaire chinois pour avoir « cédé une partie du permis à un tiers ».

Des motifs battus en brèche par les mis en cause, notamment les multinationales australiennes Sundance Resources à travers sa filiale locale Congo Iron et Avima Iron Ore, propriété d’Avima Fer qui menacent de saisir le tribunal arbitral de Londres pour que le droit soit dit.  

« Si l’Etat congolais nous reproche une certaine lenteur dans la mise en route du gisement, il ne peut s’en prendre qu’à lui-même », précise Congo Iron, d’autant que « le gouvernement n’a pas validé notre étude d’impact environnementale et sociale, pourtant réalisée selon les normes internationales. Or, sans cette étude, il est impossible de lever des fonds auprès des investisseurs internationaux ».

Congo Iron, dont le permis d’exploitation concerne notamment le gisement de fer du mont Nabemba estimé à plus de 517 millions de tonnes revendique un investissement de 400 millions de dollars pour le développement de ce projet. Faute d’un accord,  « c’est l’arbitrage international qui tranchera », assure-t-on.

Même son de cloche pour Avima Fer qui envisage poursuivre l’Etat congolais pour « non-respect des clauses contractuelles » d’autant que « le retrait du permis semble avoir été effectué dans le seul intérêt personnel de certains dirigeants congolais et de tiers complices ». Pourtant, rassure-t-on, « l’exploitation du gisement allait débuter au premier trimestre de cette année ». Conséquence, l’entreprise réclame au passage le paiement de 27 milliards de dollars de dédommagement. En attendant le dénouement de cette affaire,  le Chinois Sangha Mining Development récupère un potentiel estimé à plus d’un milliard de tonnes de minerai de fer à haute teneur et promet d’investir 10 milliards de dollars dont la construction d’une voie ferrée entre Pointe-Indienne et Pointe-Noire qui abritera le port minéralier. Fort de cet investissement attendu, le Congo pourrait occuper « le troisième rang mondial des producteurs de fer de qualité », selon le ministère congolais des Finances et du Budget.

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