Marchés financiers africains: un an après la plus grande catastrophe des temps modernes

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 Le scénario est hollywoodien. Et à la fin c’est l’homme qui gagne. Il y a un an, un asiatique , au terme d’une journée bien remplie, s’attabla quelque part à Wuhan et prit une soupe de chauve souris ou de Pangolin. Le reste est connu. En dépit de la muraille de Chine, la pandémie a gagné le monde entier. Les confinements sont décrétés dans la panique. Le 19 mars 2020, l’indice de la peur VIX atteignit son point le plus bas. Les Bourses mondiales perdurent en quelques heures plus que ce qu’elles n’avaient lâché lors de la chute de Lehman Brother, le 15 septembre 2008, beaucoup plus que lors du jeudi noir de 1929. 

Le réflexe reptilien de la course aux abris se traduisit par des ventes massives des actifs réputés risqués (actions) au profit des valeurs refuges comme l’or. Comme lors de chaque catastrophe, c’est sur la relique barbare en usage depuis 5 000 ans que les apôtres du marché rapportèrent leur salut (culte au voeu d’or) tandisque libertariens, anarchistes et geek faisaient feu de tout bitcoin.
Une année plus tard, les marchés semblent avoir vaincu la pandémie aidés par une réaction vigoureuse des grandes banques centrales du monde (FED et BCE notamment) alignées sur des injections massives de liquidités et des Etats interventionnistes à souhait, de quoi faire plaisir à Keynes, envers et contre la rectitude budgétaire et le contrôle de la masse monétaire en circulation si chère aux monétaristes et aux tenants du consensus de Washington.

Bref, le mouvement haussier, réel depuis juin, accéléré depuis septembre, mitigé en début d’année, est désormais confirmé par un détail que nombre d’analyses économiques ne prennent pas suffisamment en compte: la tendance du fret maritime. En effet, puisque 98% du commerce mondial de marchandises passe par les mers, une éventuelle hausse de la location des navires et des conteneurs, expurgée de la spéculation pure, nous renseigne sur la tendance de l’offre et de la demande en marchandises. Or, le fret flambe en ce moment, les bateaux sont introuvables sur les lignes Afrique, nous déclare le capitaine Sow Mamadou dans un entretien rare de précision.
En définitive, la reprise économique est bien amorcée. À Paris, le CAC 40 a pris 63% en un an. Et ce après une année qui a vu 2,6 millions de personnes mourir de Covid-19. La seule Amérique dénombra 530 000 décès, ce qui a contribué à résilier le bail du locataire de la Maison Blanche, ouvrant la voie au plan de relance de 1900 milliards de Joe Biden.

En Afrique, sur cette vieille terre de Lucie, les prophéties auto-réalisatrices sont en but face a une réalité déjà extrême, avec ou sans Covid-19. Les récentes émeutes de Dakar rappellent l’effet Pangolin qui valut à ses auteurs, fonctionnaires du Quai d’Orsay, des réactions panafricaines comme celle de Gaston Kelman. Or, le Sénégal où 50% des jeunes ont moins de 20 ans le montre, la survie des démocraties subsahariennes est conditionnée à la résolution de la demande sociale, à des plans de relance massifs dans un contexte de surveillance accrue des fondamentaux par le FMI et les agences de notation. A ce propos, la dégradation de la note de l’Ethiopie et, simultanément, le rehaussement de celle du Bénin par l’agence Moody’s indique clairement que l’initiative du G20, signée par le pays de Haïlé Sélassié mais récusée par les héritiers de Behanzin, ne fait pas encore consensus au sein de la communauté des investisseurs privés. Dans les jours à venir, il faudra surveiller la cote de crédit de nombre de pays africains signataires des ISSD du G20 (voir l’analyse inoxydable de Nicolas Gide, associé chez Gide ) et, par ricochet, prêter une attention aux spreads liés aux eurobonds correspondants. En clair, les Etats africains sont d’autant sous pression que leurs marges de manoeuvre restent limitées.

Sur les marchés financiers intérieurs, l’on surveille avec beaucoup d’attention, l’emprunt obligataire de 100 milliards de FCFA émis par le Congo sur le marché de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC). Au niveau de la Bourse régionale des valeurs mobilières de l’UEMOA, le BRVM composite a clôturé la séance du 11 mars avec une progression de 0,48% portée par Bank Of Africa Mali (+ 7,2%), Bank Of Africa Sénégal (+ 5,52%) et Bank Of Africa CI (+ 4,35%), qui signent ainsi les plus fortes hausses de la séance. A Casablanca, en dépit du progrès de la campagne de vaccination nationale (4 millions de personnes ont reçu la première dose), le MASI (composite) fait du surplace, terminant la séance sur un – 0,03% sur faibles volumes. En Tunisie, le Tunindex a arraché 0,47% à 6 820,97 points dans un volume d’échanges de 4,4 millions de dinars (1 dollar = 2,75 dinars tunisiens), porté par les valeurs bancaires. A la Nigeria Stock Exchange, place financière où 168 entreprises sont cotées, l’actualité est dominée par l’introduction en bourse de la société gestionnaire du marché, la Nigerian Exchange Group Plc (‘NGX Group’). A la Bourse de Johannesburg (JSE), l’indice composite a progressé de 0,6% porté par les minières, les banques et le géant Nasper lequel a gagné 2,1% soit la plus forte hausse de la séance, et Standard Bank Group, sur le vert avec une progression de 0,7%.


Au niveau monde, voici les tendances du jour: l’euro est remonté hier à 1,19655 USD. L’once d’or recule à 1719 USD. Le pétrole est quasiment inchangé, à 69,60 USD le baril de Brent de mer du Nord et à 65,87 USD le baril de brut léger américain WTI. Le T-Bond offre un rendement de 1,54 % sur 10 ans. Le Bitcoin perd 2 % à 56 621 USD.

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