La Banque africaine de développement (BAD) sauve in-extrémis son triple A grâce à l’Allemagne, au Luxembourg, à la Suède et au Danemark

0
Le président de la BAD, Akinwumi Adesina aux côtés de Victor Oladokun, ancien directeur de la communication de l’institution.

C’était l’une des questions en suspens à la Banque Africaine de Développement (BAD) depuis plusieurs semaines. Comme le rapportait Financial Afrik dans son article du 31 janvier 2021, la soeur utérine de l’Union Africaine avait besoin de la garantie du dernier carré des Etats membres notés triple A pour préserver sa notation. Le « capital appelable, sorte de garantie de dernier ressort, exercée seulement en cas de défaillance, est fourni par l’Allemagne, le Luxembourg, la Suède et le Danemark, tous notés triple A. La décision a été approuvée le 5 mars 2021 à la suite de l’assemblée extraordinaire du Conseil des gouverneurs de la Banque africaine de développement (BAD).

Concrètement, ces quatre pays se sont engagés en faveur de l’augmentation spéciale et temporaire du capital appelable de la Banque, en vue d’éviter un déclassement de cette institution suite à la perspective de dégradation de certains actionnaires importants, les Etats-Unis et le Canada en l’occurrence. L’on ignore pour le moment les conditions dans lesquelles un tel accord a été trouvé entre les pays. Comme l’écrivions-nous, l’Allemagne exigeait que son engagement soit converti en pouvoir de votes au risque de bousculer encore la règle de répartition du capital détenu à 60% par les membres régionaux (africains) et à 40% par les membres non régionaux. Aussi, convient-il de se demander si le coût de ce colmatage, qui transforme la BAD en une cautère sur une jambe de bois, n’est pas finalement plus cher qu’un diagnostic profond assorti d’une feuille de route pour des réformes indispensables en matière de gouvernance et de transparence dans la gestion et les politiques de recrutement. Le nigérian Akinwumi Adesina, réélu pour un deuxième mandat à la mi-2020, pourrait-il faire l’économie de telles réformes ?

Pour rappel, la BAD avait déjà perdu sa notation AAA en 1995 et n’avait dû la regagner qu’au fruit de coupes drastiques et d’une gestion rigoureuse et transparente conduite sous la présidence du marocain Omar Kabbaj. Aujourd’hui, force est de le reconnaître, cette opération de sauvetage montre bien ce que nous écrivions il y a quelques mois, à savoir que la première institution financière est passée de la BAD à la BIDA.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here