Cameroun-Tchad : les dessous du rachat des actions de la SHT par la SNH

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Le pipeline Tchad-Cameroun, un exemple de réussite de la coopération sous- régionale

Selon de fiables informations, la Société nationale des hydrocarbures du Cameroun (SNH) est en passe de racheter pour 275 millions de dollars, les actions détenues par la Société des hydrocarbures du Tchad (SHT) sur l’exploitation du pipeline long d’un millier de kilomètres reliant les deux pays.

La Société nationale des hydrocarbures, bras séculier de l’Etat dans les transactions pétrolières, devrait conforter sa position dans l’exploitation de l’oléoduc Tchad-Cameroun en rachetant 21% d’actions détenues par la Société des hydrocarbures du Tchad. Les négociations entamées depuis 2018 ont connu une avancée significative, un accord ayant été récemment trouvé pour la cession desdites actions à hauteur de 150 milliards de FCFA, environ 275 millions de dollars.

Cette transaction, rapportent des sources proches du cabinet Galileo Négoce & Conseil, chargé de négociations pour la partie tchadienne, concerne précisément les 21% de participation de la SHT dans la joint-venture Cameroon oil transportation company (COTCO), la société chargée la gestion de cet oléoduc et dont l’actionnariat est également composé de la firme américaine ExxonMobil (41%), la multinationale malaisienne Petronas (30%), le Cameroun (5%) et le Tchad (2,7).

Selon des sources proches du dossier, le Tchad, confronté à une tension de trésorerie renforcée par la crise sanitaire liée au Covid-19, a finalement accepté la proposition de la SNH, réduisant de près de moitié, l’offre de départ. En effet, le Tchad doit notamment honorer ses engagements internationaux pour apurer ses créances, en l’occurrence, la dette de Glencore et, de ce fait, a besoin de l’argent frais. Cela d’autant que, le non-règlement de ces échéances pourrait avoir de graves conséquences pour le pays non seulement pour contracter de nouveaux financements mais également pour le rééchelonnement de sa dette envers le Club de Paris et envers le Club de Londres.

Poussé dans ses derniers retranchements et alors que son pays qui dépend de plus de 80% de revenus de pétrole fait face à la dépréciation des cours des matières premières sur le marché international, renforcé par la pandémie du Coronavirus, le président du Tchad, Idriss Déby Itno, aurait personnellement contacté le chef de l’Etat camerounais Paul Biya pour sceller cet accord financier considéré comme une «perfusion» pour le Tchad qui n’arrive plus, selon toute vraisemblance, à supporter la pression de ses créanciers.

Entré en production en 2003, l’oléoduc Tchad-Cameroun long de plus de 1000 km relie les champs pétroliers de Doba (Tchad) au port de Kribi (Cameroun) permettant d’assurer l’exportation de plus de 40 millions de tonnes de barils produits annuellement par China National Petroleum Corp (CNPC), ExxonMobil et Petronas. Pour l’année 2020, ce droit de transit du brut tchadien a rapporté plus de 30 milliards de FCFA (55 millions de dollars) au trésor public camerounais.

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