Cameroun : nouvelle tentative pour le redécollage de CAMAIR-CO

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Malgré la valse de nominations des dirigeants, l'envol de CAMAIR-CO reste attendu.

La Compagnie nationale de transport aérien du Cameroun (CAMAIR-CO) qui traverse une interminable zone de turbulences assortie de menace d’un crash s’est dotée d’un nouvel équipage avec pour mission de redresser l’entreprise.

Est-ce un ultime baroud d’honneur avant la liquidation de la CAMAIR-CO empêtrée dans une crise structurelle ? Sur instructions du gouvernement, le conseil d’administration tenu le 7 janvier 2021 a procédé à une redistribution de cartes au sein du top managérial. Un officier supérieur de l’armée en service à la présidence de la République le colonel Jean Christophe Ela Nguema a été nommé au poste de directeur général secondé d’un nouveau directeur général adjoint Alexandre Fochivé, tandis que Moger Ayem assurera la présidence du conseil d’administration.

Un challenge pour ce trio à qui incombe désormais les rênes de la compagnie, engluée dans d’énormes difficultés financières avec un endettement de plus de 30 milliards de FCFA (environ 56 millions de dollars USD). En l’espace de dix ans, « l’Etoile du Cameroun » a connu une valse de nominations, car ce sont déjà sept directeurs généraux qui se sont succédés à la tête de cette entreprise publique dont la privatisation programmée prend du temps pour se matérialiser, notamment après les désistements de Air France, Royal Air Maroc (RAM) et South Africa Airways (AAA) annoncés de temps à autre comme partenaires stratégiques.

Sur le plan technique, la CAMAIR-CO est également en panne car dépourvue d’avions, la flotte étant constituée de six aéronefs dont deux seulement sont en bon état, les quatre autres cloués au sol. Conséquence, toutes les dessertes extérieures ont été supprimées, la CAMAIR-CO n’assurant que bon an mal an les vols intérieurs.

L’arrivée des nouveaux responsables intervient dans un contexte de tensions sociales avec la décision de la direction générale de procéder au licenciement de près de 140 personnels, alors que les employés comptabilisent déjà plusieurs mois d’arriérés de salaire. C’est donc une entreprise au bord du gouffre que vient d’hériter la nouvelle équipe, dont la mission de redresser l’entreprise à leur assignée par le gouvernement est vouée à l’échec tant que des problèmes structurels – diagnostiqués – n’ont pas encore trouvé de solution.

Pour l’instant, tous les plans de restructuration dont celui du cabinet Américain Boeing consulting adopté il y a quelques années par les autorités, prévoyant notamment d’injecter près de 60 milliards de FCFA (112 millions de dollars USD) sur cinq ans se sont avérés infructueux laissant planer le doute sur l’avenir du pavillon national auquel sont viscéralement attachés les Camerounais.

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