L’éditorial de Dr Cheikh Kanté, ministre auprès du Président de la République, en Charge du Suivi du Plan Sénégal Emergent

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"La stratégie SN2025 est déclinée à travers 28 réformes et 69 projets pour un budget global de 1361 milliards de FCFA. Ce programme va accroître sans aucun doute la contribution du numérique au PIB à plus 10% d’ici 2025 avec la création de 35 000 emplois."

Numérique et croissance économique, la perspective Africaine

Avec le numérique, nous vivons une nouvelle révolution qui concerne toute la planète et sans aucun doute, le monde passe d’une économie industrielle à une économie immatérielle et aucun pays n’échappe à ce phénomène. Aujourd’hui, il est indispensable de disposer d’un parc informatique adapté et d’un bon système de télécommunication pour assurer une croissance inclusive et durable, dans un monde interconnecté et la crise de la COVID-19 le confirme.

Le numérique est devenu un enjeu majeur d’Est à l’Ouest, du Nord au Sud. Toute entreprise ou territoire qui ne s’arme pas de système numérique fiable, risque de s’auto-exclure de l’activité mondiale. En effet, une absence de participation à la révolution numérique à travers les technologies de l’in- formation et particulièrement l’internet, peut générer une marginalisation sur tous les plans, car ces technologies représentent à la fois un secteur en croissance avec une très forte valeur ajoutée et un élément fondamental pour une compétitivité.

Selon les dernières estimations de l’Union internationale des télécommunications (UIT), l’internet est utilisé par plus de la moitié de la population mondiale. En termes de proportionnalité dans sa progression, le continent Africain avance à pas de géant. En effet, dans notre continent, le pourcentage d’utilisateurs est passé de 2,1% en 2006 à plus de 30% en 2019 et l’objectif le plus important présentement pour la majeure partie des pays d’Afrique est d’accélérer la connectivité à haut débit pour être au diapason de cette économie numérique galopante. La portée de la pénétration de la téléphonie mobile et la dynamique du commerce en ligne favorisée par la démographie africaine est entrain de révolutionner le commerce et selon le cabinet McKinsey & Compagny, les revenus annuels générés par le e- commerce pourraient dépasser 75 milliards d’USD en 2025. La naissance des start-ups et le développement d’applications adaptées aux réalités des économies continentales représentent d’autres indicateurs de cette timide révolution africaine du numérique.

En effet, dans notre continent, le pourcentage d’utilisateurs est passé de 2,1% en 2006 à plus de 30% en 2019 et l’objectif le plus important présentement pour la majeure partie des pays d’Afrique est d’accélérer la connectivité à haut débit pour être au diapason de cette économie numérique galopante.

Dr Cheikh Kanté

Néanmoins, ces performances remarquables ne doivent pas occulter des situations très disparates où dans certaines zones géographiques, les taux de pénétration d’internet sont relativement faibles et peuvent varier entre 20% et plus de 60% selon les pays. Par ailleurs, le continent souffre d’une faible connectivité de haut débit, avec moins de 30% des populations qui y ont accès, contre 80% aux USA. Les technologies numériques ont introduit «une mutation génétique» disait le célèbre Directeur du Medialab de MIT, Nicholas Négroponte. Il avait parfaitement raison et sa prédiction se réalise de nos jours avec les multiples utilisations que l’on peut faire à partir du téléphone mobile. C’est un objet qui sert à téléphoner évidemment, mais grâce à l’amélioration de ses fonctionnalités, de son design, au développement de ses capacités de réseaux, il devient une sorte de couteau suisse qui permet l’envoi de textes, d’images, de données et de sons et favorise ainsi la croissance et le développement de multiples nouveaux services. Si le numérique a progressé dans les économies du nord en particulier grâce à l’internet depuis 1994, dans le sillage des ordinateurs et de l’informatique, dans les pays du Sud, le téléphone mobile relativement moins cher, s’est imposé comme porte d’entrée au monde digital. Il rencontre un succès très particulier auprès de toutes les catégories de populations, en particulier auprès des jeunes. Dans la plupart des pays d’Afrique, le téléphone portable est devenu une mode que l’on retrouve dans les villages les plus reculés. Mêmes les mendiants des rues possèdent des téléphones portables et acheter une carte téléphonique pour communiquer figure parmi leurs priorités au quotidien.

L’élévation à un niveau d’interconnexion sans précèdent des populations africaines fait du numérique un accélérateur évident du développement. Le smartphone est devenu, en quelques années, le premier moyen de diffusion des informations, très loin devant la presse, le nombre d’abonnés devance celui des internautes. L’homme d’affaires Chinois Jack MA, qui est le géant mondial du e- commerce avec Alibaba dont le chiffre d’affaire dépasse les 100 milliards d’USD, a la conviction que l’internet a le pouvoir de transformer l’Afrique et COVID 19 vient de le confirmer si l’on analyse les multiples avantages qu’offre cet instrument.

En effet, la technologie et l’innovation sont des éléments centraux pour libérer le vaste potentiel de croissance inclusive pouvant favoriser l’émergence du continent. L’outil numérique est réellement un accélérateur de croissance inclusive et du développement pour plusieurs raisons. Je me réfère à ce que Lionel Zinzou avait désigné durant notre conférence en mars 2020 à l’OCDE «les avantages de l’arriération». Il a voulu expliquer à travers cette expression que le retard des structures de production pour une transformation structurelle n’est pas un obstacle à la diversification des activités pour peu que les facilités de communication soient employées à satisfaire certaines priorités comme l’agriculture, la pêche, les commerces alimentaires, les transports, les services postaux et financiers, l’éducation et la santé entre autres.

Aussi, le numérique aide à la mobilisation des potentialités des diasporas africaines dans une logique de transfert d’expériences professionnelles dans plusieurs qualifications. Des initiatives de toutes natures se multiplient sur le continent Africain grâce à l’outil informatique et ce phénomène s’accentue avec la crise COVID 19 ayant permis de pointer plusieurs obstacles qu’il faut absolument franchir pour exploiter au mieux certaines potentialités de notre continent. Ces obstacles concernent particulièrement le coût d’accès à l’électricité et les méthodes de gouvernance inadaptées aux impératifs de développement.

Les effets du numérique sont multiples en ce qu’ils ont un impact sur les modes d’apprentissage, sur la productivité et la compétitivité des entreprises. Ils modifient les rapports au monde en offrant l’accès à l’information et à la connaissance, ainsi que d’énormes potentialités comme le e- Banking, e- médecine, e-enseignement, e-marketing, accès aux cours : MOOC (Massive Open On Line Cours). Ainsi, dans tout le continent Africain, on constate l’émergence d’une nouvelle économie, car la lutte contre les inégalités est d’abord un grand défi. Les secteurs du numérique constituent l’un des leviers essentiels de développement pour l’Afrique, en même temps que ce continent représente une formidable opportunité pour la transformation numérique mondiale. Les nouveaux modèles qui émergent, modifient toute la chaîne de valeur des infrastructures d’usage.

En 2025, notre continent abritera prés d’un habitant de la planète sur cinq et selon l’UNICEF, 41% des naissances se produiront en Afrique. En 2050, le PIB africain devrait être multiplié par trois. Cette création de richesses sera portée pour une très large part, grâce à l’intégration des technologies de l’information dans les différents secteurs de l’économie y compris les plus traditionnels tels que l’agriculture, la pêche, l’élevage, le commerce, mais aussi dans des activités facilitant l’accès des africains aux services publics gouvernement) ou financier (m-paiement). Deux domaines sont en train de se développer en Afrique en matière bancaire via le mobile : le m-banking qui porte sur les différentes opérations traditionnelles comme le crédit et le m- paiement encore appelé le paiement sans contact qui simplifie pour le consommateur les transactions puisqu’ il ne faut ni code, ni numéro de compte, tout passe par la puce du téléphone ce qui, par ailleurs, permet un gain de temps et de coût pour les commerçants.

Ces nouveaux services devraient aussi limiter très sérieusement la fraude aux paiements par chèque et par cartes bancaires. C’est très important pour le développement et la croissance car il y a en moyenne qu’une agence bancaire pour 100 000 habitants en Afrique, 100 fois moins qu’en Europe. Cette nouvelle forme de paiement est non seulement un facteur de performance pour les entreprises mais aussi, correspond aux attentes de la nouvelle génération «les milleniums» nés avec le numérique et les adeptes du ATAWADAC : Any Time, Any where, Any Device, Any Content (n’importe quand, n’importe où, avec n’ importe quel terminal, pour n’ importe quel contenu). Cette dématérialisation des activités bancaires et financières est à présent dans une des phases actives. On constate que ce phénomène est mondial et se développe très rapidement dans les pays émergents et en Afrique qui compte déjà plus de 100 millions d’utilisateurs selon le Boston Consulting Group avec un chiffre d’affaires de plus d’un milliard d’USD et qui devrait atteindre prochainement 250 millions d’usagers. Efficacité, souplesse et sécurité sont les maîtres mots du m-banking. Il est clair pour l’usager ou le client que le développement de nouvelles relations avec son banquier et le paiement sans contact va sérieusement améliorer la structure et l’organisation des réseaux bancaires qui ne sont pas encore très développés en Afrique et qui sont essentiels pour favoriser la croissance.

Le domaine de la santé présente aussi des avancées significatives en matière de prévention, de dépistage, de traitement et d’élargissement à l’accès aux soins. Le recours aux technologies numériques permet, tout d’abord, d’abolir les distances, de réduire les coûts et de pallier le manque de personnel ou d’infrastructures sanitaire, notamment en faveur de groupes de personnes isolées et des zones reculées. Ainsi, le développement de kits d’examen portables couplés à des photos de haute qualité avec des téléphones portables et leur transmission à des spécialistes permettent à des médecins de procéder à des diagnostics à distance pour des traitements plus précoces. Par exemple, cela a été le cas pour le dépistage de la fièvre EBOLA au Rwanda et au Nigéria, la surveillance en temps réel a permis de contenir l’épidémie. Des drones sont en outre utilisés pour parachuter des poches de sang dans les zones difficiles d’accès dans la lutte contre les hémorragies. L’impression 3D peut aussi révolutionner la médecine avec la fabrication de prothèses orthopédiques ou le dépistage des maladies. Dans le cas du paludisme, la création de kits de diagnostic offre des services à coûts réduits à des communautés à faibles revenus. La technologie permet enfin de collecter et d’analyser des données (mégadonnées ou Big Data) issues des appels mobiles anonymes, de l’activité des antennes relais de téléphonie mobile ou de la surveillance par les drones pour détecter des épidémies. Cette révolution numérique dans le domaine de la santé est un élément essentiel pour favoriser la croissance. L’éducation représente un secteur majeur d’application des technologies numériques. Notre pays a connu de bonnes expériences dans ce domaine depuis les années 60 à travers la radio et la télédiffusion de programmes éducatifs. L’Université VirL’éducation représente un secteur majeur d’application des technologies numériques. Notre pays a connu de bonnes expériences dans ce domaine depuis les années 60 à travers la radio et la télédiffusion de programmes éduca- tifs. L’Université Virtuelle du Sénégal forme ac- tuellement des milliers d’étudiants qui arrivent à avoir des diplômes dont les curricula sont alignés à la respiration écono- mique de nos entreprises et arrivent à trouver faci- lement du travail. __ des données (mégadonnées ou Big Data) issues des appels mobiles ano- nymes, de l’activité des antennes re- lais de téléphonie mobile ou de la surveillance par les drones pour dé- tecter des épidémies. Cette révolution numérique dans le domaine de la santé est un élément essentiel pour favoriser la croissance. L’éducation représente un secteur majeur d’application des technologies numériques. Notre pays a connu de bonnes expériences dans ce domaine depuis les années 60 à travers la radio et la télédiffusion de pro- grammes éducatifs.

L’Université Virtuelle du Sénégal forme actuellement des milliers d’étudiants qui arrivent à avoir des diplômes dont les curricula sont alignés à la respiration économique de nos entreprises et arrivent à trouver facilement du travail. Le Sénégal a obtenu des résultats très appréciables durant les examens scolaires de cette année, les meilleurs résultats depuis 1968 et cela est dû semble-t-il au système de pédagogie numérique mis en place durant la période de confinement qui a permis à la ma- jeure partie des élèves et étudiants d’assimiler à domicile l’essentiel de leurs cours. Dans le secteur de l’éducation et de la formation, l’approche est aujourd’hui centrée sur les contenus et usage via l’utilisation d’internet et la téléphonie mobile : université en ligne, plate- formes numériques de cours en accès libre. La tendance actuelle se mani- feste actuellement par une hybridation des dispositifs pédagogiques pour l’éducation de base, la formation continue et les apprentissages. Mais l’accès à l’internet est soumis à la pos- sibilité d’obtenir de l’électricité et des compétences numériques qui sont également nécessaires pour bénéfi- cier de leurs contenus. N’oublions pas que l’appropriation des compétences technologiques par les usagers est tout aussi importante que la diffusion des avancées technologiques. Dans un monde où la matière grise se substitue partiellement aux matières premières, 90% de la recherche est assurée par les pays industrialisés et émergents en fonction des priorités de leurs populations. Il faut encore noter que l’enseignement est au cœur des relations entre savoir, pouvoir et avoir et demeure présentement insuffisant quantitativement et qualitativement pour permettre à l’Afrique d’être en phase avec la nouvelle économie de la connaissance. On assiste aussi dans la gestion et l’aménagement urbain de profondes transformations avec la gestion des services urbains et des projets de villes intelligentes grâce au numérique. Des «écosystèmes numériques» fondées sur l’économie collaborative, les données ouvertes (open data) la production participative (crowdsourcing) transcendent les modèles classiques de l’économie basés sur la centralisation. L’impact des TIC est considérable dans la formation et le renforcement de la société civile et plus généralement en matière de liberté d’expression.

En matières d’emploi, on peut dire que l’économie numérique concerne principalement trois catégories d’emplois: la construction d’infrastructures de réseaux (fibres, satellites, appareils téléphoniques entres autres), les matières périphériques (conception de logiciels, applications, plateformes d’échanges, vidéos, services culturels etc.), et évidemment l’ensemble des autres secteurs dont les entreprises et les organisations tirent profit. Ces nouveaux métiers sont au cœur de la croissance de demain. Les investissements consacrés à la production des matériels d’infrastructures déclenchent un double effet multiplicateur d’emplois qui touche de plus en plus les entreprises de la périphérie, puis le reste de l’économie.

Pour que cet effet multiplicateur se produise, il faut absolument que la qualification des entrepreneurs et la formation technique des personnels répondent aux attentes suscitées par l’émergence de nouveaux métiers. Ceci n’exclut pas dans un premier temps, le rôle de la débrouillardise complétée par la suite par la formation professionnelle. Des sociétés comme Google ou Orange voient dans les marchés Africains des relais de croissance très significatifs, et ils y tirent déjà plus de 10% de leur chiffre d’affaires d’Afrique. En 2008, Tidjane Déme a été nommé Directeur de Google pour l’Afrique francophone. Cet ingénieur polytechnicien sénégalais souhaite se consacrer à la création de contenus pertinents pour l’Afrique. Enfin, les start-up Africaines ont connu un développement sans précèdent ces dernières années. Elles ont comme objectif, d’apporter des solutions rapides, peu onéreuses et compréhensibles par le plus grand nombre. On peut citer M-Pesa, le système de paiement mobile développé au Kenya, c’est l’exemple emblématique d’un saut technologique observé sur notre continent. Surnommé «leap- frog» littéralement «saut de grenouille», ce bond est le résultat d’une utilisation ingénieuse des nouvelles technologies, il ne se fait plus selon un schéma dit classique, à savoir des pays du Nord vers ceux du Sud, mais au sein même de l’un des continents plus innovants qui soit.

Aujourd’hui, 80% des kenyans utilisent ainsi leur mobile pour payer leurs factures et ce phénomène est entrain de devenir une mode au Sénégal. L’investissement dans le numérique dans les économies du continent africain est un sujet majeur d’actualité. L’économie numérique est d’abord jugée à l’aune de la croissance et de l’emploi. Cette nouvelle économie offre aussi l’occasion de diversifier les activités au-delà des industries extractives de matières premières et de répondre concrètement aux besoins actuels du continent Africain. S’il a fallu attendre cinquante ans pour que 25% des américains aient accès à l’électricité, trente cinq ans pour que le même pourcentage de la population ait le téléphone, et vingt cinq ans pour la télévision, il n’aura suffi que six ans pour qu’un quart des Américains puisse utiliser l’internet à haut débit. La révolution numérique se déplace à très grande vitesse. Nous avons l’habitude de dire à ce sujet que si nous raisonnons en années ordinaires dans les secteurs traditionnels, dans le monde de l’internet, du numérique, il devient indispensable de raisonner en«années chiens». Un chien dit-on vieillit sept fois plus vite qu’un homme, alors lorsque nous parlons d’une année dans le domaine numérique, celle-ci équivaut à sept dans les autres domaines. Dés lors, parler d’un horizon de trois ans, c’est discuter d’une période représentant prés d’un quart de siècle, c’est pour cette raison qu’il faut se méfier des prévisions dans ce secteur.

Le développement et la croissance dans un pays consistent, comme le dit le célèbre économiste américain Albert Hirschman, à «naviguer par zigzag pour atteindre le cap choisi en utilisant des vents favorables et des vents contraires». C’est ce que le numérique permet; mais comme le précise le philosophe romain Sénèque «il n’y a pas de vents favorables pour celui qui ne sait pas où il va». Les africains construiront leur propre modernité et donc leur croissance en combinant les rythmes des temps historiques propres et le temps de la mondialisation. Tenant compte de cette conjonction de facteurs et de leurs influences positives sur la croissance d’une économie mondialisée, Le Président Macky SALL a fait du numérique une des première priorité du Plan Sénégal Emergent, à travers un programme spécifique : le Sénégal Numérique 2025 (SN2025).

SN2025 est l’expression d’une ambition qui a pour objectif fondamental de hisser notre pays dans une position de leader dans le long terme autour d’un slogan «Le numérique pour tous et pour tous les usagers en 2025 au Sénégal avec un secteur privé dynamique et innovant dans un écosystème performant». Il s’articule autour de trois prérequis : le cadre juridique et institutionnel, le capital humain et la confiance numérique, et quatre axes prioritaires, à savoir : un accès ouvert et abordable aux réseaux et services numériques, une administration connectée au service des usagers et des entreprises, la promotion d’une industrie numérique innovante et créatrice de valeur ajoutée, la diffusion du numérique dans les secteurs économiques prioritaires.

La stratégie SN2025 est déclinée à travers 28 réformes et 69 projets pour un budget global de 1361 milliards de FCFA. Ce programme va accroître sans aucun doute la contribution du numérique au PIB à plus 10% d’ici 2025 avec la création de 35 000 emplois. Le Président Macky Sall a fixé comme objectif unique, la maitrise du numérique qui concerne au premier chef, les enfants et les jeunes, et il veut à tout prix faire d’eux des conquérants prêts à affronter une nouvelle Afrique dans un nouveau monde. Il veut que les jeunes, les femmes et tous les sénégalais sans exclusive soient des maîtres lucides dans ce nouveau monde pour que notre pays soit et reste plus que jamais au firmament du concert des nations qui gagnent leurs croissances, leurs développements, au prix du travail sans relâche, du capital humain valorisé avec un goût de la modernité. C’est pourquoi, il considère que dans cette révolution, tant qu’une seule sénégalaise ou un seul sénégalais reste en dehors de cette révolution à la fois économique, culturelle, sociale et environnementale, il la considérera comme inachevée. Je conclurai mon éditorial en rappelant que la révolution numérique est loin d’épuiser son potentiel d’innovations. Elle donne l’impression d’un éternel recommencement avec les perspectives offertes par la cinquième génération G5 qui est considérée comme une nécessité pour accélérer la croissance et les rythmes d’innovations. Depuis 2018, quelque 31 pays ont déjà commencé sa mise en place et sa promotion commerciale. Compte tenu de l’augmentation du trafic, une véritable foire aux données se prépare qu’on appelle en anglais «exaflood». Dans moins de deux ans, les difficultés pour se connecter risquent de s’accroitre un peu partout dans le monde et en particulier en Afrique ou la qualité du réseau fait souvent défaut. La 5G donne beaucoup d’avantages avec 10 à 100 fois de débit que la 4G : 1 milliseconde de latence essentiel pour les objets connectés et les voitures, 1000 fois plus de bande passante, 100 fois plus d’objets connectés et 90% de consommation énergétique en moins avec une durée de vie de 10 ans pour les batteries. Plus d’une dizaine se sont déjà lancés dans 31 pays avec en tête la Corée du Sud, mais aussi le Japon, la chine et les USA, sans oublier la Finlande et la Grande Bretagne.

Dans le domaine de l’entreprise, les usines du futur s’affichent avec une gestion et une maintenance à dis- tance et bien évidement des véhicules autonomes. Nos modes de vie seront radicalement transformées avec les «Smart Cities», des villes sans embouteillages, la possibilité de travailler chez soi, d’apprendre chez soi, de se faire livrer tout ce que l’on veut chez soi avec des commandes et paiements numérisés, d’obtenir des consultations et soins de santé améliorés avec les multiples préventions qu’offrent les applications de cette nouvelle technologie de rupture. La crise de la COVID 19 a renforcé cette conviction et doit pousser l’Afrique à se préparer à vivre dans un nouveau monde où rien ne sera plus comme avant. La 5G est une grande nécessité de cohérence temporelle pour une croissance inclusive et un développement intégré mais pas un luxe. Il est important pour l’Afrique de ne pas rater ce virage technologique afin d’éviter d’être les colonies numériques des autres continents comme l’Asie et l’Amérique, au même titre que l’Europe et la France qui doivent rattraper leurs retards dans ce domaine.

Source: Magazine Tam Tam, numéro 6, octobre 2020

1 COMMENTAIRE

  1. Le meilleur comique du Sénégal !!!
    Pas de route, pas d’eau, pas d’électricité,
    Pas d’égouts pas d’usine de traitement de
    L’eau, pas d’usine d’incinération digne de ce nom,
    C’est quoi le Sénégal émergent il émerge d’où ???? Quand.
    Vous êtes un bon à rien taisez-vous

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