Thierry Tanoh lors de la conférence risque-pays Côte d’Ivoire : «on a commis l’erreur de trop vite signer avec les institutions de Bretton woods »

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Intervenant lors d’un panel autour du thème «Comment sauvegarder les acquis économiques et renforcer la résilience vis-à-vis des crises», à l’occasion de la Conférence risque pays sur la Côte d’Ivoire, tenue le 17 septembre à Abidjan, Thierry Tanoh, ancien ministre de l’Energie et des Energies renouvelables, a estimé que la Côte d’Ivoire a la chance d’avoir une  économie diversifiée qui repose autant sur l’agriculture que sur le tissu industriel et les services.

Cette diversification, poursuit M. Tanoh, a joué un rôle important contre les différents chocs exogènes,  grâce  aux investissements faits par Félix Houphouet Boigny  et à la qualité des ressources humaines dont dispose la Côte d’Ivoire. Mais, tempère l’ancien fonctionnaire de la SFI: «le pari à un moment donné, c’est de dire : l’Etat a joué un rôle régulateur, mais une grande partie des sociétés d’Etat n’étaient pas à la hauteur des attentes». Et l’ancien directeur général du groupe Ecobank de regretter : «on a commis l’erreur de vite signer avec les institutions de Bretton Woods et de mal négocier». Des déclarations qui mettent en cause  les accords et conventions engagés avec les institutions internationales. Étayant ses propos, l’ancien fonctionnaire de la Société financière internationale (Sfi), avoue que, alors qu’il était ministre de l’Energie, des propositions d’augmentation du prix du Kwh de l’électricité ou du prix du carburant lui avaient été soumises. Aussi, faire le choix de renflouer les caisses de l’Etat au détriment d’une population qui aspire à un mieux être a été un dilemme pour lui.

Dans la même idée,  Sébastien Kadio-Morokro, Dg de Petro Ivoire, a tenu à clarifier : «le Fonds monétaire international vient aujourd’hui comme un partenaire qui nous aide à franchir un palier supérieur et non pas comme un pompier qui vient nous sortir d’un mauvais pas».

Face à la COVID-19 qui a paralysé l’économie mondiale,  les réponses coulent de source. La décentralisation des exportations s’imposent sur la  délocalisation des  marchés qui se trouvaient par exemple en Asie, où récemment des ruptures de masques, qui approvisionnaient plusieurs  africains ont été constatées.

Au cours de ce panel, le ministre ivoirien du Budget, Moussa Sanogo,  a tenu à rassurer les investisseurs sur la sécurisation des biens et des populations sur le territoire et la célérité dans le traitement des cas d’incidents commis sur le sol ivoirien. « La Côte d’Ivoire a pris plusieurs dispositions pour que la sécurité soit garantie », dit-il.  Selon lui,  les perspectives de la première économie de la zone UEMOA sont intéressantes, comparées à d’autres pays où on observe un creusement important de la croissance.

Issouf Kamagaté

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