Alexandra Palt:«Il n’y a que 2,4 % d’africains parmi les chercheurs dans le monde»

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 La Fondation L’Oréal va récompenser, jeudi 21 novembre à Dakar, quinze doctorantes et cinq post doctorantes originaires de quinze pays africains. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la 10ème édition du Prix Jeune talents Afrique subsaharienne L’Oréal-Unesco pour les femmes et la science. À l’occasion, Alexandra Palt, Directrice Générale de la Responsabilité Sociétale et Environnementale – Directrice Générale de la Fondation L’Oréal, s’est livrée à Financial Afrik. Dans cet entretien exclusif, Mme Palt revient sur l’importance et l’impact continental de cette initiative.

Comment se porte actuellement la Fondation L’Oréal ?

Nous nous portons très bien, nous sommes aujourd’hui à Dakar, une ville très accueillante pour la 10ème édition de la cérémonie de notre prix «for Women in Science l», femme et la science, du programme régional Afrique Subsaharienne.

Comme vous venez de le dire, la Fondation L’Oréal parraine un certain nombre de femmes scientifiques. Quelle est la signification d’une telle implication ?

Nous soutenons des femmes scientifiques depuis environ vingt-deux ans partout dans le monde, parce que nous nous sommes rendu compte qu’il y avait trop peu de femmes dans des postes de responsabilité dans la recherche scientifique. Aujourd’hui, nous pensons que les femmes scientifiques africaines ont besoin d’un réel soutien. Donc nous mettons un effort particulier pour faire émerger la recherche scientifique africaine.

Quelle est l’importance pour la Fondation L’Oréal d’apporter un soutien aux femmes scientifiques dans la mesure où L’Oréal est plutôt connu dans le domaine de la beauté ?

L’Oréal est fondé par un chercheur, un chimiste. Donc, la recherche scientifique fait partie des origines de la marque. La recherche scientifique joue un rôle extrêmement important pour l’avenir de cette belle entreprise. Nous avons quatre mille chercheurs chez l’Oréal, c’est pour nous une évidence de soutenir les femmes, mais également la recherche scientifique. Pour l’Afrique, ce soutien répond à beaucoup d’enjeux. Il est important de rappeler qu’il n’y a que 2,4 % de chercheurs scientifiques africains parmi les chercheurs dans le monde. L’Afrique affronte des défis extrêmement importants, notamment, les changements climatiques, la lutte contre l’extrême pauvreté, les maladies infectieuses… C’est un continent qui a besoin de la recherche, des techniques, de l’innovation pour relever tout son potentiel. Si l’on ne fait appel qu’à 50 % de la population, cela n’a aucun sens. C’est pour cela, il est important de faire appel à des compétences, des capacités,des talents pour faire unerecherche par les Africains, pour les Africains et pour l’Afrique.

Quels sont les critères de sélections de ces femmes scientifiques ?

Les critères de sélection sont d’abord l’excellence scientifique et un engagement pour la science. Nous prenons aussi en compte les efforts personnels fournis et les épreuves surmontées par ces femmes afin de poursuivre leur carrière en tant que scientifique. Pour l’édition 2019, nous avions au départ quatre cents dossiers, au final vingt femmes ont été sélectionnées. Chaque dossier est évalué par douzeexperts, ensuite, les meilleurs dossiers sont soumis à un comité de jury avec à sa tête le président de l’African Academy of Sciences et des chercheurs de renoms international, majoritairement constitués d’africains.

Qu’est-ce qui a nourri votre choix pour le Sénégal, pour cette 10ème édition de la cérémonie du prix «for Women in Science » ?

Nous avons choisi Dakar pour plusieurs raisons. C’est d’abord une ville très accueillante, c’est aussi un pays avec des politiques publiques pour soutenir la recherche scientifique, mais aussi l’engagement du Président Macky Sall et l’importance qu’il accorde à la recherche scientifique pour le développement du pays et du continent.

Pour finir, quelles sont les autres initiatives à venir de la Fondation L’Oréal pour l’Afrique ?

Nous nous attelons à poursuivre le prix «for Women in Science», parce que c’est quand même 20 femmes qui sont formées, qui sont des compétences complémentaires pour la recherche scientifique. Elles sont formées en management, au leadership, à la négociation, de manière à influencer les pouvoirs publics par leur savoir. Après leur formation, elles reçoivent un prix, ensuite elles font partie de la grande famille qui leur permet de rester en réseau avec des milliers de femmes chercheuses dans le monde.

Propos recueillis par Dominique Mabika

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