La BEAC enquête sur l’inclusion financière en Zone CEMAC

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La Banque centrale recrute des consultants pour l’élaboration d’une stratégie régionale d’inclusion financière et l’institution d’un dispositif de suivi et de promotion de l’accès aux services financiers dans les pays d’Afrique centrale.  

Par Achille Mbog Pibasso

La Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) se propose de réaliser un diagnostic sur l’inclusion financière dans les pays de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC).

A cet effet, l’Institution d’émission monétaire en Afrique centrale a sollicité un crédit et un don de l’Association de Développement International (IDA) pour financer le Projet de Renforcement des Capacités des Institutions Financières Régionales de la CEMAC a l’intention d’utiliser une partie du crédit pour effectuer des paiements au titre du contrat de Services de consultants « pour l’élaboration d’une stratégie régionale d’inclusion financière et l’institution d’un dispositif de suivi et de promotion de l’accès aux services financiers dans la CEMAC ».

D’une durée de dix-huit mois, la mission de consultants qui commence en décembre prochain consiste notamment à faire le diagnostic des stratégies et initiatives nationales en matière d’inclusion financière sanctionné par un rapport qui retrace pour chaque pays de la CEMAC, les mesures engagées ou envisagées, leur degré de réalisation, les contraintes rencontrées et les acteurs impliqués ; proposer un dispositif institutionnel de supervision et de mise en œuvre de la stratégie régionale d’inclusion financière basé sur une architecture organisationnelle optimale ; élaborer et finaliser le document-cadre de politique et stratégie régionale d’inclusion financière dans la CEMAC ; accompagner à la mise en place d’un dispositif de suivi-évaluation du plan d’actions, à travers le développement d’outils appropriés de mesure des performances vers l’atteinte des objectifs ; assister la BEAC à la conception et la validation du dispositif de collecte, traitement et diffusion des indicateurs d’inclusion financière et l’établissement d’un dispositif d’enquête annuelle sur l’accès et l’utilisation des services financiers auprès des consommateurs des services financiers.

Le contexte et la justification de cette enquête  affirme la BEAC s’explique notamment par le fait que l’évaluation du secteur financier de la CEMAC menée par le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale (BM) en 2016, démontre qu’en dépit des avancées récentes, celui-ci « reste peu profond, faiblement inclusif et essentiellement dominé par les banques ».

Une situation ayant amené les Chefs d’Etats de la CEMAC à adopter un Programme de réformes économiques et financières (PREF-CEMAC) dont l’un des objectifs porte sur le renforcement de l’inclusion financière. Bien que ce programme soit à mi-parcours, la Banque centrale a jugé utile d’élaborer cette stratégie sur l’inclusion financière dont les résultats pourraient permettre de mieux appréhender la situation économique des Etats.

Bien qu’ayant connu d’importants progrès ces dernières années en matière de développement du mobile money, avec un taux de pénétration de la monnaie mobile par le téléphone portable passé de 2,4% à 13,7 % de la population adulte, «  l’inclusion financière demeure un défi majeur pour la CEMAC en raison d’un faible accès et utilisation des services financiers de base, matérialisés notamment par une couverture géographique bancaire qui reste limitée, avec 2,1 agences et guichets de banques et environ 3 distributeurs automatiques de billets pour 100 000 habitants, par comparaison avec la moyenne des pays en développement qui se situe à 19,6 guichets automatiques pour 100 000 habitants », souligne la Banque centrale.

En outre, la BEAC fait état d’un accès au financement bancaire très circonscrit, le nombre d’emprunteurs ne représentant qu’à peine 2,5 % de la population adulte, contre 6 % en moyenne en Afrique subsaharienne, tandis que le taux de bancarisation moyen est encore réduit, soit 14,6 % contre une moyenne de 34,2 % en Afrique subsaharienne.

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