Digitalisation : les recettes du Marocain Abdellatif Jouahri aux banques centrales

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Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al-Maghrib

Si la digitalisation offre d’immenses opportunités pour développer l’inclusion financière et accélérer le développement des systèmes de paiement à travers la diversification des acteurs et l’exploitation de nouvelles alternatives plus accessibles et moins coûteuses, cette révolution pose également de nombreux défis selon Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al-Maghrib, la banque centrale du Maroc.

« Appréhender en tant que régulateur les implications de cette transformation pour l’accompagner et développer une réglementation et un dispositif de supervision adéquat », est le premier qu’il a mentionné le 16 novembre 2018 à Tunis lors de la Conférence internationale des Banques centrales méditerranéennes.

« S’adapter elles-mêmes en tant qu’entreprises et réussir leur propre transformation digitale. C’est justement le projet auquel nous nous attelons aujourd’hui à Bank Al-Maghrib dans le cadre de notre nouveau plan stratégique 2019-2023. Nous en avons fait un pilier avec une grande étude lancée pour définir les priorités et tracer une feuille de route », a ajouté le gouverneur de la banque centrale du Maroc.

Par ailleurs, a –t-il poursuivi, cette digitalisation engendre surtout des risques importants. « La cybercriminalité qui génère annuellement autour de 1500 milliards de dollars de revenus illicites. Outre le renforcement de la réglementation, les Banques centrales se doivent de renforcer les normes de sécurité de leurs propres systèmes d’information et de leurs dispositifs d’audit et de contrôle », a-t-il conseillé.

« Le développement des crypto-actifs et les risques que cela implique (financement du terrorisme et blanchiment, volatilité et spéculation). Certaines Banques centrales ont initié des réflexions pour le développement de leur propre monnaie digitale, ce qui remettrait en question, en cas de concrétisation, le modèle classique de conduite de la politique monétaire », a poursuivi le Wali de Bank Al-Maghrib, avant de mentionner « la protection des données personnelles, devenue une obligation consacrée légalement mais de plus en plus difficile à garantir ».

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